‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 279 sur 332 · MARTIN V · texte numérisé non relu

MARTIN V

de Pierre, et y placer un Pontife autour duquel viendrait se réunir le troupeau tout entier du souverain Pasteur. Mais les Pères qui se souvenaient des maux qu'avait entraînés l'élection précipitée de Pise, ne voulurent procéder, cette fois, qu'avec une sage lenteur, et renvoyèrent indéfiniment la question du conclave. Bien que l'accession des royaumes espagnols fût consommée, elle ne leur paraissait point complètement sûre. Ils craignaient toujours que Pierre de Lune ne retrouvât des sympathies, parmi des peuples qui avaient si longtemps défendu sa cause. Cependant, vers le commencement de novembre 1417, Les témoignages répétés de soumission, donnés par le monde catholique, ayant pleinement rassuré les esprits, le concile songea à faire cesser le veuvage de l'Eglise. Cependant, avant de procéder à l'élection , on publia un décret qui fixait les points principaux de réformation générale (1), sur lesquels le Pape futur aurait à prendre ultérieurement des mesures définitives. On statua ensuite I que , pour cette fois seulement et sans conséquence pour l'avenir, outre les cardinaux, au nombre de vingttrois, l'élection pontificale serait confiée à trente députés, nommés par les nations, six pour chacune d'elles; que les suffrages ne pourraient être donnés à aucun des trois Pontifes déchus; et que le candidat élu devrait réunir les deux tiers des suffrages dans le double collège des cardinaux et des députés du concile. Ces préliminaires ainsi réglés, les cinquante-trois électeurs entrèrent en conclave, et après quatre jours de délibération, ils proclamèrent, à l'unanimité, le cardinal Othon Colonna qui prit le nom de Martin V (1 1 novembre 1417). Un concert unanime d'acclamations accueillit un choix que le désintéressement et le zèle de l'union avaient seuls déterminé. Le nouveau Pape fut salué par les noms touchants àyAnge de la paix , et de Félicité publique. Le grand schisme d'Occident était fini. Deux ans après, Balthazar Cossa, sorti de sa captivité, vint se jeter aux

(1) Ces articles étaient au nombre de dix-huit, et concernaient, presque toiu, il «dation des bénéfices, les annates , les revenus pontificaux, les commendes, les dîmes, etc. Il faut pourtant remarquer ici, avec Msr Palma, qu'on fit, à ca *ujet, au sein même du concile, cette observation : « Quod Papa elecius mm mtest ligari. •

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