‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 72 sur 336 · ic/., n. 4i · texte numérisé non relu

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5. Les données sur l'importance de cette somme varient entre 1000, i.ooo et 3,000 livres. Voir Mur\tori, Scripiores rerum itaUca'-am, t III, p 345 ; Watterich, Vitse Rom. Pontif., Leipzig, t8(5a, t, I, p. 70 , Lib. poiUj., t, I. p. 270 ; Mon, Germ., SS., t. XX, p. a44.

ii6

Mort

de Benoît IX

constances de sa mort sont mystérieuses. Les uns prétendent que, touché de repentir, il prit le froc dans l'abbaye de Grotla-Ferrata, où il ne tarda pas à mourir ; d'autres pensent qu'il mourut impénitent et que sa fm prématurée fut la suite de ses désordres K

Le monde

chrétien

applaudit

à l'élection

de Grégoire VI,

Lettre de

saint Pierre

Damien.

Biographie de saint Pierre

Damien (1007-1072).

Le modie par lequel Grégoire Yl avait été élevé au souverain pontificat devait être exploité contre lui, dans la suite, par ses ennemis; mais les personnages les plus éminents de l'Église applaudirent à son élection. De sa solitude de Fonte- Avellana, où il était venu cacher sa gloire naissante sous la robe blanche du Camaldule, Pierre Damien lui écrivit : a Je rends grâce au Christ, roi des rois. Dieu seul peut ainsi changer les temps et transférer les royaumes. Que les cieux se réjouissent et que la terre tressaille. La tête du serpent venimeux est écrasée. Le faussaire Simon ne bat plus de fausse monnaie dans l'Eglise. Revienne maintenant l'âge d'or des apôtres, et puisse, sous votre prudence, refleurir la discipline de l'Eglise. L'heure est venue de réprimer l'avarice de ceux qui aspirent à la dignité épiscopale, de renverser les chaires des vendeurs du Temple 2. » Celui qui parlait ainsi était né à Ravenne, en 1007, de parents fort pauvres ; ce futur cardinal de l'Eglise romaine avait été réduit, dans son enfance, à garder les pourceaux. Le dévouement d'un de ses frères, qui remarqua en lui des dispositions pour l'étude, lui permit de s'instruire dans les écoles. Pierre en avait à peine quitté les bancs, qu'on l'appelait à y professer à son tour, et que sa réputation se répandait dans toute l'Italie. Mais la vertu, dans le jeune professeur, égalait au moins le talent. La vie austère des moines camaldules l'attira, et, au miliau du bruit que faisait sa renommée grandissante, il se retira, suivant l'expression poétique de Dante, « sur ces rochers qui, entre les deux rivages

I. Bonizo, évêque de Sutri, ajoute au récit de ces faits une histoire étrange. L'effronterie de Benoît IX serait allée jusqu'à vouloir se marier quoique pape et épouser la fille de son cousin le comte Gerhard de Saxe. Mais, le comte ayant exigé la résignation de sa charge, Benoît avait vendu la papauté à Grégoire V'I. Le comte Gerhard ayant ensuite refusé de lui donner sa fille, le parti de Tusculum avait de nouveau établi Benoît sur le siège pontifical (Bonizo ou Bonitho. Ad amicum ; Jaffé, Monum. Gregoriana, p. 628). Ce récit de Bonizo est très conteslable (Hefelk- Leclercq, t. IV, pp. 983 98^).

a. P. L , t. GXLIV, col. 2o5.

LE PROTECTORAT IMPERIAL

de l'Italie, s'élèvent si haut, que souvent la foudre gronde au-dessous d'eux * ».

Les paroles du moine de Fonte-Avellana traduisaient les sentiments de ce qu'il y avait de plus noble dans la chréticQté ; mais les abus accumulés sous le précédent régime avaient multiplié les causes de trouble, a Quand le pape Grégoire, homme de grande religion et de grande austérité, prit le gouvernement de l'Eglise, dit le chroniqueur Guillaume de Malmesbury, il se trouva, par suite de l'incurie de ses prédécesseurs, presque sans ressources. Les villes et les biens appartenant à l'Eglise avaient été la proie des ravisseurs. Dans toute l'Italie, les chemins étaient infestés de brigands. Dans Rome même, sur le Forum, se promenaient les sicaires. Les glaives étaient dégainés jusque sur les corps des saints apôtres ; et les offrandes, à peine déposée», étaient enlevées des autels sacrés *. »

Grégoire essaya d'abord de remédier à ces maux par des procédés f!e douceur, par des admonestations. Ces moyens furent inutiles. Il prit alors des mesures plus sévères : il excommunia les plus f^rands malfaiteurs, et ceux qui auraient désormais quelque rapport de société avec eux. Ceux ci s'emportèrent, organisèrent des émeutes, levèrent des troupes. Grégoire fut obligé de repousser la force par la force. Aidé d'un jeune moine. Hildebrand, il acheta des armes, et des chevaux, équipa une véritable armée, avec laquelle il occupa la basilique de Saint-Pierre, débusqua les révoltés des positions qu'ils occupaient dans Rome, et, encouragé par ces premiers succès, poussa son expédition en dehors de la ville, et s'empara de plusieurs châteaux- forts ravis naguère au domaine de l'Eglise 3.

Le moine qu'on voit ici apparaître pour la première fois, et qui devait, avec Pierre Damien, être un des premiers ouvriers de la réforme de l'Eglise, appartenait à un monastère fondé par saint

Triste état de l'Eglise

à ravèiiement du

nouveau pape.

Grégoire

est obligé

de prendre

les armes

contre

les ravisseurs

des biens d'Eglise.

I, Tra due lili d'Ilalia surgon sassi...

Tanto, cfie i tuoni assai siionan pin bassi,

{Div Com Paradiso, c. XXI.) C'est en parlant de saint Pierre Damien lui-même que Daote s'exprime ainsi. a. P L., t. GLXXÏX, col. ii83.

3 G. DE Malmesburt, p. L., t. CLXXIX, 11 83. La participation du moine Hildebrand à cette expédition guerrière, en compagnie de Grégoire \ I, devait lui être amèrement reprochée dans la suite par ses ennemis. Voir Guido de Ferrari, De scismate Hildebrandi, M. G., SS., t. Xll, p. 169.

Il8 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE

Naissance Odoii sur rAventln '. Il était né, vers 1020 2, dans la petite ville de ^1020?) Sovana, au sud de la Toscane, à peu de distance de la ville et du lac de Bolsène. Son père, au rapport de Benzo, évêque d'Albe, était un pauvre chevrier marié à une femme de la campagne romaine ^. Confié à un oncle, abbé du monastère de Sainte-Marie sur l'Aventin, lequel se chargea de l'élever et de l'instruire, il eut pour condisciples plusieurs jeunes gens de l'aristocratie romaine, et connut de bonne heure, au moins par quelques lointains contre-coups, cet

Son éducation, esprit d'intrigue qui agitait la haute société romaine au temps de

Benoît ÏX. Mais, à Sainte-Marie de l'Aventin, il apprit surtout à

connaître et à aimer la vie monastique, que des relations suivies du

monastère romain avec l'ordre de Gluny y maintenaient daas toute

•sa pureté. S'il faut en croire le cardinal Benno, le jeune Hildebrand

y suivit les leçons du savant archevêque d'Amalfi, Laurent, dont

Pierre Damien vante la haute culture *, et de l'archiprêtre Jean

Gratien, devenu pape sous le nom de Grégoire VI. Ces deux

hommes étaient eux-mêmes des élèves de Sylvestre II, et par eux

le jeune étudiant s'initiait à tout le mouvement intellectuel de son

Son voyage époque. « Devenu adolescent, dit Paul Bernried 5, Hildebrand

en rance partit pour la France », et il se peut qu'il ait alors séjourné à

en Allenaagne. Cluny. Il visita ensuite l'Allemagne, et eut même l'occasion de prêcher devant la cour de Germanie, où le roi fut, dit-on, frappe de son éloquence. De retour à Rome, il ne songea plus qu'à travailler à sa perfection. Ce fut peut-être à cette époque qu'il embrassa la vie monastique ^. Mais bientôt, dit un de ses plus Il embrasse anciens biographes, a il constata qu'il avait à Rome des ennemis

la vie

1. Aujourd'hui, Sanla Maria del Priorato. Sur la fondation de ce monastère, voir M. G,, SS., t. XI, p. 536.

2. Sur la date de la naissance d'Hildebrand, sa famille, sa patrie, son nom, voir 0. Dela.rg, Saint Grégoire VU, 3 vol. in- 8°, Paris, 1889, t. I, pp. 393-897.

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