‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 149 sur 284 · UouufiAcuBB, Uiat. universelle de l'Eglue · texte numérisé non relu

UouufiAcuBB, Uiat. universelle de l'Eglue

l'église chez les peuples BArxBARES 255

N'y auroit-il, en tout cela, qu'une question d'organisation sociale, la race teutonique ayant triomphé uniquement parce qu'elle avait acquis, par un long- séjour sur les côtes de Norvège, cette forme pariiculariste qui fait les nations pidssantes et prospères? Ainsi le voudraient, en invoquant le Play, Henri de Tourville et Edmond Demolins '. M. Kurth est-il plus proche de la vérité en ajoutant à l'influence de l'arianisme celle d'un contact prématuré avec la civilisation raffinée de l'empire '? Faut-il faire appel, en se souvenant de l'hégémonie des Assyriens sur les Babyloniens, des Macédoniens sur la Grèce méridionale, des Castillans en Espagne, des Piémontais en Italie et des Prussiens en Allemagne, à cette loi de rhistoire qui amènerait infailliblement dans tout conflit de peuple le triomphe de celui qui a vécu sous le climat le plus rude et de la vie la plus dure^ ?Tout se réduirait-il enfin à une question d'idéal national, plus ou moins fort, plus ou moins cohérent, qui est l'idée-force d'un peuple *? 11 est vraisemblable que chacune des causes invoquées a exercé quelque influence sur le phénomène historique qui nous occupe. Il semblerait pourtant que la cause primordiale doit être recherchée dans le contact pacifique des Goths avec la civilisation romaine. S'il est vrai que, sur un champ de bataille, au milieu des fatigues d'un siège ou d'une campagne, c'est le peuple le plus endurant, et donc ordinairement le plus endurci par le climat, qui a toutes les chances de triomphe, il n'en va pas de même dans le contact pacifique d'un peuple barbare avec un peuple civilisé, je veux dire avec un peuple qui a une littérature, une philosophie et une administration quelconque. Le premier perd très rapidemment ce qui fait sa force, et ne gagne que très lentement ce qui constitue la puissance du peuple civilisé, lequel, sxiivant que sa civilisation est bienfaisante ou délétère, l'élève dans son ascension ou l'entraîne dans sa chute. Ce dernier cas fut celui des peuples gothiques, trop tôt mêlés à l'administration et à l'armée romaine et contaminés ainsi par

1. La science sociale (1900), t. XXIX, p. 124, t. XXX, p. 511-5(6.

2. G. Koinu, Les origines de la citilUaiion moderne, t. I, ch. tir.n. 4.5.

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