Ip. I, 75. P. L., LXXVII
ï. Ep. VU. 122, P. L., LXXVII, 1052.
t. Ep. VI, 49; XI, 13 ; P. L., LXXVII, 834, 1128.
4. L'histoire détaillée des égllsea d'Espagae. de Gaule •! d'ÂBgleterre aara sa place plus lois, 2* partie.
b. Au milieu des épèfs et de* haines. Db Robsi, Imscriptiones, t. II, p. 157, iiusaici, fosc. 3. 4. Cette inscription se Ut encore près de la basilique de Baiot-Laurenl hors les murs.
84 HISTOIKE QLiNÉilALË DE l'ÉGLISK
lui fait défaut, devant les fidèles assemblés, ses célèbres homclies sur le prophète Ezéchiel.
Lm homélies Lgg vin^t-deux homélies sur Ezéchiel forment, avec les cnia- •ur Ezéchiel. ° 11, • 1 .0
rante homélies sur 1 Evangile, 1 œuvre oratoire de saint Grégoire. Aucune œuvre des Pères n'a été plus promptement et plus universellement populaire. C'est aux Homélies sur les évangiles qu'on a emprunté un grand nombre des leçons de Saint Grégoire l'ofRce liturgique. La parole de saint Grégoire le Grand n'a pourtant ni l'ampleur sonore de celle de saint Jean Chrysostome, ni le tour primesautier de celle de saint Augustin, ni ce sens critique qui était la marque personnelle de saint Jérôme ; elle n'atteint pas cette clarté familière qui faisait le succès des sermons de saint Césaire ; elle dédaigne souverainement ces ornements littéraires où se plaisait le goût affiné de ssûnt Grégoire de Nazianze * ; mais elle est si éminemment communicative, si vivante, si pastorale, elle s'adapte si bien aux dispositions des hommes de son temps, qu'on s'explique sa popularité rapide. « Très souvent, s'écrie-t-il, quand je suis seul, je lis l'Ecriture sainte, et je ne la comprends pas. J'arrive au milieu de vous, mes frères, et tout à coup je comprends. Cette intelligence soudaine m'en fait désirer une autre. Je voudrais savoir quels sont ceux par les mérites de qui l'intelUgence me vient tout à coup. Elle m'est donnée pour ceux en présence de qui elle m'est donnée. Aussi, par la grâce de Dieu, pendant que l'intelligence grandit en moi, l'orgueil baisse. Car c'est au milieu de vous que j'apprends ce que je vous enseigne. Je vais vous l'avouer, mes enfants, la plupart du temps j'entends à mon oreille ce que je vous dis dans le moment où je vous le dis *. Je ne fais que répéter. Quand je ne com-
1. « Je n'évite point la confusion du barbarisme, je dédaigne les constructions, l'ordre des mots, les cas des prépositions, car je trouve souverainement indigne de faire plier les paroles de l'oracle céleste sous les règles de Donat » {Moral. Prœf., cap. V, P A., LXXV, 516). Il ne faudrait pas prendre ces paroles trop à la lettre. Tout en affectant de dédaigner les ornements de la lillf^rature profane, saint Grégoire n'a point, pour cela, fait une œuvre dépourvue de tout mérite littéraire ; si sa composition n'est pas travaillée, elle est facile, d'un jet naturel et spontané ; le style de ce patricien, initié dans sa jennesso aux études classiques, mêlé plus tard, par ses fonctions, à la plus biiule société de Rome et de Constantinople, n'est jamais banal : il a parfois des trouvailles heureuses et vibre souvent d'une émotion communicative.
2. Saint Grégoire parait bien faire allusion, par ces paroles, à une grAœ euniaturelle. C'est c« qui a donné lieu sixiis doute à la légende de la colombe, symbole du Saint Esprit, parlant à son uioille. On a quelquefois in-
l'église dans son centre 85
prends pas Ezéchiel, alors je me reconnais ; c'est bien moi. c'est l'aveugle. Quand je comprends, voilà le don de Dieu qui me vient à cause de vous. Quelquefois aussi je comprends l'Ecriture dans le secret. Dans ces moments-là, c'est que je pleure mes fautes ; les larmes seules me plaisent. Alors je suis ^a^^ sur les ailes de la contemplation *. »
Les homélies sur le prophète Ezéchiel ne furent pas achevées. Le siège de Rome par Agidulfe obligea saint Grégoire à les interrompre. D'ailleurs tant de calamités, tant de troubles, portèrent les Romains à se demander alors si la fin du monde n'était pas imminente. Grégoire partagea ces appréhensions Qréfçoir? parpopulaires et il s'en fit le pathétique interprète : « Où est le préhnisioû* Sénat? où est le peuple? s'écriait-il. Je ne vois que des édi- ^^'iH"ft","pr(>-'*'^ fices détruits et des murailles qui tombent... Ah ! méprisons ce c'«*i'»« »!•» siècle comme un flambeau désormais éteint et ensevelissons nos désirs mondains dans la mort du monde lui-même *. »
Comme la plupart des orateurs populaires, Grégoire avait le don, précieux et périlleux à la fois, de ressentir vivement en son cœur les passions qui agitaient la foule de ses auditeurs. Cette crainte de la fin du monde et de la venue du Juge terrible, remplirent ses dernières homélies sur Ezéchiel. Toutefois cette épouvante venait moins d'une conviction que d'une appréhension '. Elle ne parvint jamais à le décourager. Jamais elle ne l'empêcha de travailler au salut de son peuple et à l'avenir de l'Eglise. En même temps qu'il exhortait les fidèles
Toqné, ponr soutenir le caractère historique de ce teit, le témoignage de
Pierre le Diacre, familier de saint Grégoire iGlacbiib, S. Grégoire U Grand, Paris, 1886, p. 284). Voici comment ce témoignajçe noua est rapporté. Jeaa Diacre, écrivant près de trois siècles après l'époque où se placerait l'événtiment, raconte ( Vita Gregorii, IV, 60, P. L., LXXV, 221, 222j que suivant une tradition des anciens («t'eut a majoribus traditur), des ennemis de saint Grégoire voulurent après sa mort brûler ses manuscrits. Mais on croit icreditur) que Pierre le iJiacre, son familier, protesta, disant que ce serait un sacrilège, car, dit il, » j'ai vu très souvent le Saint-Esprit se tenir sur sa tête sous la forme d'une colombe ». Et, ayant dit qu'il voulait mourir pour confirmer son dire, Pierre monta sur lambon avec les saints évangiles et il expira Cette histoire a paru d'autant plus douteuse à Baronius {Annales, an. 604) et aux Bénédictins de ^aint-Maur (P. L., LXXV, 221, note f) que, disent-ils, « on n'apporte le témoignage d'aucun auteur nommément désigné et que ni saint Ildefonse, ni saint Isidore, ni Patère, disciple de saint Grégoire.ne font allusion à on pareil événement.
1. Homil. in Ezeeh., lib. II. Homil. 2, P. L., t. LXXVI, col. 949.
2. Ilomil in Ezech., lib. II. Homil. 6, P. L., t. LXXVI, col. 1010. 8. Ep. V, 36, P. L., LXXVU, 760.
à se préparer à la fin des temps, il négociait avec les Lombards *, il intervenait auprès de l'empereur '. Comme Ta dit un grand apologiste de la Papauté, « Grégoire voyait le monde crouler, il croyait que les derniers jours étaient venus. Néanmoins il ne refusait pas le labeur. D'une main, il empêchait Rome de disparaître ; de l'autre, il jetait, par delà les mers, la semence d'où naîtrait bientôt un nouveau peuple catholique. Il luttait contre la peste, contre les tremblements dt terre, contre les barbares hérétiques et les barbares idolâtres, contre le paganisme mort et infect, mais qui restait à ensevelir : il luttait contre son propre corps accablé de maladies : et l'on peut dire que l'âme de Grégoire était la seule chose entièrement saine qui fut dans tout le genre humain * ». Rien n'est plus remarquable dans la vie de ce grand homme. Ne croyant travailler que pour la conservation du monde antique, il devient, par cela seul qu'il fait son devoir d'état et qu'il obéit à la Providence, l'initiateur des temps nouveaux.
WbI Oréffoîre Chef de l'Église universelle, patriarche d'Occident, métro- •dministrn- politain de la préfecture romaine, évêque de Rome, « Grégoire, dit Bossuet, donna au monde un parfait modèle du gouvernement ecclésiastique * ».
Le chef de Chef de l'Église universelle, nous l'avons vu réprimer l'orl'EgUae uni- gueil naissant des patriarches de Constantinople, Patriarche Le patriarche ^^ l'Occident, il a SOUS sa dépendance les métropolitains de 4'Occidenu Milan, de Ravenne, d'Aquilée en Italie, tous ceux de l'Afrique, de la Grèce, des Gaules et de l'Espagne *. Partout il fait prévaloir, avec fermeté et discrétion, les droits de son au-