Ep. iX
fi. P. L , LXXVTT, 710.
7. Ep. V, 8. Celle lettre coalieat une phrase qui, dans la pensée de eaint Grégoire, n'avait vraisemblablement pas la poitce que lui donnèrent le Cardinal Ximénès en Espagne et M"'^ de .Maintenon en France, s'en autorisant pour recommander des procédés peu évangéliques de conversion. « S'il arrive que des juifs viennent ù, nous avec une foi douieuse, du moins leurs enfanta seront baptisés dans la vraie foi ». Etsi ipsi minus fideliUr veniunt, hi tamen qui de eis nati fuerint jam fidelius baptizantur. 8. Cod., lib. I, Ut. X. 1. Ep. IX, 36, 109 ; iV, 21.
l/i:GLlSE DANS SON CÎINTRE 101
LTj^Use du Moyen Age suivra ces sa^cs Iradilions. Brav;int l'impopularité des formules, elle n'hésilera jamais à proclamer hautement que la vérité seule a des droits et que l'Kg^lise catholique seule possède l'intégrale vérité. Mais en présence des consciences et des réalités contingentes, l'Eglise, dans son ensemble, montrera, même en faveur de ses pires ennemis, un respect de la personne humaine, que pratiqueront Lien rarement à son égard ceux qui se seront détacljés d'elle en se faisant un drapeau des mots de tolérance et de liberté.
Cependant, la santé du grand pontife déclinait de plus en plus. Depuis l'année 598, il gardait le lit presque continuellement'. En jan /ier 601, surmontant une douloureuse fatigue, il dicta une dernière lettre à Théodelinde, reine des Loml^ards, pour la féliciter de la paix que venait d'accordeur le roi Agiduîfe à l'Italie et du baptême d'un jeune prince lombard.
Deux mois après, croyant peut-être que l'empire elle monde Mort de saiol allaient disparaître bientôt après lui, mnis conscient d'avoir '(604\ ' accompli son devoir jusqu'au bout, il rendit son âme à Dieu le 12 marsGOi. « Ce grand Pape, selon les expressions de Bossuet, avait instruit les empereurs, consolé l'Afrique, confirmé en Espagne les Visigoths convertis de l'arianisme, converti l'Angleterre, réformé la discipline en France, lléchi les Lombards, sauvé Rome et l'Italie, réprimé l'orgueil naissant des patriarches, éclairé toute l'Eglise par sa doctrine, gouverné l'Orient et l'Occident avec autant de vigueur que d'humilité '. » Il avait fait plus ; il avait accompli toutes ces choses g^j^^ Gréjroira avec un zèle tout apostolique, au nom d'une iustije sociale déf;!n8eur de dont u se scn'rtit le dotenseur responsable ; il avait lait relen- i.i liberté. tir les motà de justice, de droit, de liberté aux oreilles des empereurs, des exarques, des rois lombards, des évoques, des abbés et des peuples, comme personne ne lavait lait avant lui. « Mon ministère, écrivait-il, m'oblige à courir partout où l'exige la justice \ » « Ce que je veux, disait-il à l'exarque Gennadius, c'est faire fleurir ensemble la justice et la lii)erté, ut possil florere cum llberlate Justitia *, » Il ordonne de réu-