‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 100 sur 374 · I. Maynard, op. cit., p · texte numérisé non relu

I. Maynard, op. cit., p

a. Crétinbàu-Jolt, V Eglise romaine en face de la Révolution, t. II, p. 356.

L'éGLISE E?f PORTUr.AT., ESPAGNE, RUSSIE, SUISSE ET ITALIE 2I7

l'instilut des Adoratrices perpétuelles du Saint-Sacrement, fondé en 1807 par la Sœur Marie-Madeleine de l'Incarnation, dans le monde Catherine Sordini, en vue de réparer par une adoration ininterrompue les injures faites à l'Eucharistie. Parmi les congrégations moins connues qui furent l'objet de décrets d'approbation de Grégoire XVI, on peut citer encore : à Turin, la société des Fidèles suivantes de Jésus, celle des Sœurs de Sainte-Anne, et les Pénitentes de Sainte- Marie Madeleine ; à Gênes, les Filles de Marie; plusieurs autres a Vérone et à Venise K

Parmi les œuvres que Grégoire XVI bénit et approuva, il en est deux qui, par l'intérêt particulier que leur témoigna le pontife, par le bien qu'elles réalisèrent et par la valeur personnelle du prêtre qui les fonda, méritent une mention spéciale : ce sont l'institut des Pères de la Charité et celui des Sœurs de la Providence, fondés par Antonio Rosniini-Serbati, de Rovereto.

C'est en 1828 que le futur pape Grégoire XVI, alors procureur Antonio général de l'Ordre des Camaldules à Rome, rencontra Antonio Hos- ^1^07-1855). mini ^, jeune piètre de 26 ans, rêvant de combattre les erreurs et les misères de son siècle par la science et par la charité. Né au château de Rovereto, dans le Tyiol, d'une famille de vieille noblesse, il était entré à 17 ans au séminaire, malgré une vive opposition de ses parents, qui comptaient sur lui pour perpétuer l'illustre maison des comtes Rosmini. Ordonné prêtre en 182 1, il avait refusé d'entrer dans la carrière diplomatique, où sa famille et ses amis le poussaient. Il s'était retiré dans le domaine paternel, dont il venait d'être fait l'héritier par la mort de son père, pour y mener une vie de prière, d'étude et de bonnes œuvres. Il avait pris pour devise ces trois mots : Adorare, tacere, gaudere, et n'avait pas voulu que les populations des environs, au milieu desquelles il prodiguait ses charités, le connussent par un autre nom que celui de don Antonio. Une pieuse chrétienne, la marquise Madeleine Canossa, fondatrice d'une association charitable dont faisait partie la sœur du jeune prêtre, Marguerite Rosmini, l'aidait dans ses œuvres de bienfaisance. Deux Affectueux

sentiments profonds unissaient l'abbé dom Maur Cappellari et Don iniéréi A .f' n ' c" que lui porte

Antonio: c étaient un grand dévouement au Saint-Sicge et un grand Grégaire XVI

1 IlRuoENncETHBR-KiRSCH, Kirchengeschiclite, t. III, 1. III, ch. 17; Civlllà catto* lica. 1871, Ml, 3. 81 et s.

a. LogilHart, Vie de Rosmini, Irad. Second, un vol. in-S», Paris, 188g, p 80-81,

amour de la vie religieuse K Une intimité cordiale ne tarda pas à s'établir entre eux. En 1826, dans une lettre où il félicite le vénéré moine camaldule de son élévation à la pourpre, Rosmini lui expose le plan d'un Ordre religieux qu'il projette de fonder pour s'occuper de toutes les œuvres de charité que nécessiteront les temps présents 2. Deux ans plus tard, le cardinal Cappellari l'encourage vivement à publier son traité sur VOrigine des idées et à entreprendre l'exposé de sa philosophie, « persuadé qu'elle est destinée à ranimer l'étude de saint Thomas, d'Aristote et de Platon, au centre du monde chrétien, près de la chaire infaillible de la doctrine catholique ^ ». Le 2 juillet i83o, le cardinal Cappellari écrit à Rosmini, qui venait de lui envoyer un mémoire détaillé sur l'Institut qu'il projetait : « J'ai lu votre description de l'Institut. Elle est courte, claire et précise. Je vais en faire une copie pour le Saint-Père » *. Cinq mois plus tard, le (.8 pape Saint-Père était iMaur Cappellari lui-même, intronisé sous le nom de la fondation Grégoire XVI. D'abord par une oraculum vivœ l'om, puis par des par Rosmini Lettrés apostoliques du 20 novembre 1889, le souverain pontife

de V Institut 1 ^-n • ^ y ^ • i ■ • r ,

de la Charité, approuva, sans une seule modilication, les règles qui lui avaient ete

soumises ^.

La philosophie J^a philosophie de Rosmini, inspirée par le zèle le plus noble et le

de Hosmini. , . , . /r 1 t i

Ses erreurs, pl^s pur, mais S Orientant, pour reiuter plus directement les erreurs modernes, dans des voies non encore frayées, ne devait pas échapper aux condamnations de l'Eglise. Un décret du Saint- Office, du i4 décembre 1887, censura quarante propositions extraites de ses ouvrages philosophiques; mais, quelques jours avant la promulgation de la condamnation, Léon XIII avait écrit aux archevêques de Turin, de •Verceil et de Milan : « Nous ne voudrions pas qu'aucun dommage fût causé à la Société dite de la Charité, qui s'est dévouée si utilement jusiju'ici au service du prochain selon l'esprit de son inslitu-

I. LocKHA-RT, Vie de Rosminiy trad. Second, p. 90 et s. 3. Ibid., p. 108.

Page 1