BitozB, Capitulai-ia regum ffanoorum, t. I, p. 150, et l
2. Cjlte asseirtioa, que saiat Boaiface as doano quo oomme aa écho de la vraditioQ populaire, est exagérée. Quelques coocileâ oat été tenus ea Gaula peadaut la secouJe partie da vu* siècle C(. VACUDiao, Vie de Sjiint Ouen, p. 2i2, ea note.
■i. f . :,., t. L'C.XXIK. col. 741. M. G H., Epist., I, 300.
4. Dans leurs capitulairss ils prennent le titre de dux et prtf^ips Francorum.
5. D'après Willibald, c'est Boniface ' lu'-m&oie qui aurait suggéré cetta demande â Carloman, c. VII, p. 478.
Uist. ^én, de l'Ë^lue. 13
104 IIISTOICE GÉNÉILILE DE l'ÉGUSC
au couvent du Mont-C.issin ; Pépin était un politique avisé, comprenant riniportance d'une église bien ordonnée dans un Etat qu'il aspirait déj > peut-être à gouverner un jour à titre de roi. Boniface, dans la lettre que nous venons de citer, réclamait au Pape Zacliarie les pouvoirs nécessaires pour répondre à l'appel des princes francs. Ces pouvoirs, accompagnés de paternels encouragements, ne se firent point attendre '. Mais {"."llr.îi' Î.Mï) la lutte fut rude. Deux intrigants, le Scot Oément et le Franc
Li-mi.oco pour
la réforme df Aldcbcrt, fanatisaient les foules en s'autorisant des pouvoirs que. les plus extraordmaires. Alaebert invoquait en sa faveur une lettre de Jésus-Christ, tombée du ciel à Jérusalem. Il trouva un évéque ignorant pour le sacrer. Des multitudes, délaissant les églises, se rassemblaient autour des croix plantées par Aldeberl sur le bord des fontaines et criaient : •< Que les mérites d'Aldcbert nous soient en aide ! » On se disputait les reliques de ses ongles et de ses cheveux '. Boniface poursuivit les deux aventuriers avec \ine ardeur infatigable jusqu'à ce qu'il les eût lUBaioD ae fgj^ mettre en prison ' ; puis dans plusieurs conciles, les uns provinciaux, les autres pléniers ou nationaux, il fit décréter la stabilité du clergé des campagnes, sa subordination à l'évêque, la déjjendance de celui-ci à l'égard du métropolitain et de ce dernier à l'égard de l'évêque de Rome. Comme insigne de cette organisation et du rattachement de toute la hiérarcliie au Saint-Siège, le palliu/n,qni était simplement en Orient la marque des pouvoirs archiépiscopaux, prit une signification symbolique, celle d'une juridiction reçue de Rome avec l'insigne '. Deux autres mesures dune grande portée doivent être remarquées parmi les décisions de ces conciles. Ce fut d'abord une sorte de consolidation des paroisses rurales, au profit desquelles on établit ou on généralisa les dîmes foncières'. C'était les affranchir de la dépendance dans laquelle elles se trouvaient jusqu'alors à l'égard des seigneurs et des
1. DOiai:uiiiK, IIabs et Kcin aimcltcnt en effrt que la réponse dn Pap* i*'. Ikuliveiaeat dntce du 1" avril 743 et qu'elle est eu réalité de 742. Kent* Saint lUnifO'-e. p. 23. OûaiiLiiÀjia, Forschungcn sur dtuttc'ien Getchichu t. XIII, p. 8. lUin, viime reoueil. t. XVI, p 52
2. ;'. /. , t L\.\XIX, col 751-753. M G. H., Episl., I, 314-318. 8. p. L., Ibid , col. 753 7r.4. M. G H., Ei.isl.. I. 314
4. DccHU.li, /.M Origine, d'i culic c'fttien. p 370 378. 6 lAffi, n" i288, P. t., LXXXiX, col. »«1.
l'église CHK/. L...S PELPLES BARBARES 195
^ands propriétaires qui les avaient établies ; ce fut ensuite le Répicmeni de
^glement de la contribution du clergé aux charges de l'Élat dèg p»r"o1s °e° à
va. cas de snierre ou de besoin urgent. L'État aurait le ''^K"'-! «^e» " . " seipneur* al
troit, en de telles circonstances, de retenir une portion des Je l'Êgiiee fc «venus des églises, mais seulement à titre de précaires, c'est- i^Eiat. t-dire à charge de restitution à la mort du bénéficiaire et avec «ûligation de payer, pendant cette jouissance, une rente récognitive d'un sol d'argent par ménage servile '. C'était «rendre des mesures préventives contre l'envahissement des iiens ecclésiastiques, dont Charles Martel avait tant abusé, ta prétextant des nécessités financières. On a pu dire de cette décision, prise dans une assemblée mixte d'évêques et de seigneurs laïcs, que c'était le premier des concordats *. Celte Le premier sage libération des biens d'Église et par suite de l'Église elle- '^'dau"'*'^' même, par rapport aux grands propriétaires et à l'Etat, était d'une importance capitale. De telles règles bien observées eussent épargné bien des abus au Moyen Age. Quand saint Grégoire VII voudra remédier aux plaies de rincontin?ncr des clercs et de la simonie, il ne procédera pas autrement que saint Boniface : il secouera le joug de l'ingérence abusive du pouvoir civil dans l'Église. D'ailleurs, l'indépendance que réclamait Boniface n'avait rien qui ressemblât à l'insoumission ou à l'hostilité. Dans la création de nouveaux diocèses et la désigi.dtion des tituJaires des. nouveaux évêchés, il rechercha toujours l'entente préalable avec les puissances séculières, et le pape Zacharie l'approuva d'agir ainsi \
La guerre aux superstitions populaires fut un autre objet des décisions conciliaires. Les actes du concile de Leptines, tenu en 743, sont à peu près entièrement consacrés à combattre ces vaines croyances ; ils en donnent le détail fort curieux. Le péril de ces extravagances rendit Boniface très ^dgilant à ré-
1. Conoilium Oermanioum I, P. L., t. LXXXIX, col. 807, 808. Conoilium Lfptinense, Mabsi, t. XII, col. 371. Leptines était un domaine royal, près d» Binche. dans la circonscription du diocèse actuel de Cambrai
2. MoBLLiR, Bist. du Moyen Age, p. 427. Ce concordat lut approuvé par It pape Zacharie.
3. Par exemple dans la fondation des évêchés do Strasbourg, Frisingne, Ratisl)onne et Passau. Gum consensu Odilonis ducis eorumdem Bajoiorum, seu opUmaium provincice illius, lui écrit Zaoliarie, très alias ordinasseï tpiscopos... bene et prudenter egisti. M. G. H., Epist., I, 293 (THOUiSiU, Ant tt nouv dise, I, 305, 306).
U priirp Vir- primer toutes les opinions singulières. 11 apprit qu'un prêtre ^« eiinqu**- j'origine irlandaise, nommé Virgile, troublait les imaginations paie». en précliant l'existence, sous la terre, d'un autre monde avant un autre soleil et une autre lune. Il en écrivit au pape Zacharie qui lui répondit : « S'il est bien établi que Virgile a ainsi parlé, il faut réunir un concile et l'expulser de l'IÎ^ se... Nous adressons à ce môme Virgile des lettres évocatoires, afin que, s'étant présenté devant nous et soumis à une enquête minutieuse, s'il est trouvé coupable d'erreur, il soit condamné aux peines canoniques ' ». On ne voit pas qu'il ait été doimé suite à ce procès, soit qu'on ait abandonné l'accusation, soit que Virgile se soit disculpé. Nous savons seulement que Virgile fut élevé plus tard à la dignité d'évêque de Salzbourg et que le pape Grégoire IX le canonisa. Sa fête est fixée aa 27 novembre'.
FruiU de la L'action de Boniface sur l'église franque porta ses fruits. •»mi*BoB*ifa*e. On vit bientôt arriver aux grandes charges de l'Eglise et de l'Etat des prélats et des abbés ne ressemblant en rien à ceux qui avaient fréquenté la cour de Charles Martel. Nous devons mentionner parmi eux l'abbé de Saint-Denis, Fulrad, qui joua un rôle politique important dans la substitution de la dynastie carolingienne à celle des Mérovingiens, et l'évêque de Metz, Chrodegang, dont la Règle célèbre, publiée en 753, devaii influer si profondément sur l'avenir du clergé de France '.