Ilial , 1. III, c. xii»iii
B. Le rcc'it de coite invasion forme le Uvro II de 1 ouvrage de Paul Duoh (Paal Witt^iFRiD /'^ Qf<tis lAtmjthariirum. Micti, P. L., l. XCV. 6 Paul DiiC . Il, 2:-32. P. L ,'XCV. 49S 5o2.
l'éguse r:iiE7, les peuples barbares 228
naslère de Bobbio, où saint Colomban vint finir ses jours, et peut-èlre la conversion de son second mari, le roi Agidialfe ' L'avènement de son neveu Aripert, en 653, détermina l'arrivée au pouvoir d'une branche catholique, qui mit fin à l'arianisme et rétablit l'unité de la foi dans l'Italie '. Le royaume Cames de U lombard était cependant destiné à disparaître. L'aversion que royaume lans ce peuple, par son aspect extérieur, inspirait aux habitants de ^" l'Italie, les défauts de sa constitution politique, trop favorable à la formation de duchés indépendants, et par là trop réfractaire à l'unité nationale, par-dessus tout l'ambition de ses princes qui, désireux de s'emparer de la ville de Rome, s'aliénèrent la Papauté et la forcèrent de chercher un appui auprès des princes francs; telles furent les causes multiple, qui mirent fin à la domination lombarde. Elle avait duré deux siècles (368-774).
Mais celle-ci, de même que la domination des Ostrogothsa laissait une trace profonde dans l'histoire. Des institutions monastiques telles cpje l'érection du monastère de Bobbio et la restauration de l'abbaye du Mont-Cassin, des monuments juridiques comme l'Edit royal de Rotharis, une évolution politique et sociale comme celle que le séjour des Lombards en Italie venait de déterminer, méritent d'arrêter notre attention'.
C'est en 612 que saint Colomban, exilé de son abbaye de Fondailon •)» Luxeuil à cause de la Gère liberté de sa parole, puis des bords Bobbio par du lac de Constance par suite d'un excès de zèle d'im de ses *^*°j,^n '"'" moines, arrivait en Italie et recevait de la grande reine Théodelinde l'accueil le plus empressé. Dans la vallée de la
1. Los docninents contemporains sont contradictoires. VEpistula Coliimbani, n" 5 IP. L., t. LXXX, col. 259 et s.) suppose que lo roi est catliolique. Une lettre de Sisebut, roi des Yisigoths, semble indiquer qu'il était arien, (Epist. Visigoth., n» 9,.
2. En dehors de l 'arianisme, cette unité de foi avait été rompue on Italie par le schism: d'A'/uiWe. Après les troubles Ibéologiques où s'était corn promis le pape Vigile, le métropolitain d'Aquilée avait rompu la communion avec Rome. Théodelinle, mal informée, avait été un moment séduite par le schisme Saint Grégoire n'eut pas de peine à l'en détacher. Cf. M G. Il , Keg Grego.-.^ IV, 4, 38. Le schisme d'Aquilée ne prit fin qu'en 628, sous le papo Hoaorius. Cf. JippI, n» 2016, Lib. Poiu't-- L 325. 381.
3. Vie de saint Colomban. par Jonas de Sczb, qui fut moine à Bobbio en 618. P. L.. t LXXXVll, col. 1011-1046. Edition critique par Krusch dans les II. G. n.. Script, rerum meowingicarum, IV, 108 et s Cf. Saint Colomban, par l'abbé £. tUiaij, Paris, Lecoffre.
22* HISTOIRE GÉNÉnAI.E DE L'Er.I.ISR
Trt^bie, le domaine de BoLhio lui fut concéda pour qu'il y bâtit un monaslôrc. La renommée de sainteté qui s'attachait aux pas du célèbre moine irlandais, le bruit de l'ascendant qu'il avait exercé sur la vieille reine Brunehaut et des invectives courageuses qu'il avait lancées contre le roi Thierry, la forte discipline de sa colonie monastique, qui l'avait suivi d'Irlande en Burgondie, de Burgondie en Austrasie, d'Austrasie en Italie, et au milieu de laquelle il apparaissait plutôt comme un chef de clan que comme un père de famille, tout cela donnait à Colomban comme une physionomie de prophète, à la manière des voyants d'Israi'l. Chez les Lombards, qui furent de tous les peuples goths les plus pénétrés d'esprit germanique, l'apparition de l'apôtre anglo-saxon, qui semblait incarner tout ce qu'il y avait de fierté nationale et d'audace un peu sauvage dans les races du Nord, ne tarda pas ù porter des fruits. Le couvent de Bobbio fut bientôt un foyer d'ardent prosélytisme au milieu des païens, un centre de lutte éner- L» Relie .)r gique contre les derniers tenants de l'arianisme. Colomban y Uo^èn 'iu'iip. ^l^tilit, et jusqu'à sa mort, arrivée en 61o. y maintint dans toute sa rigueur cette fameuse Règle, empruntée en grande partie aux moines de Bangor, qui semblait ne tenir aucun compte de la faiblesse humaine, qui punissait les infractions par des jeûnes, des emprisonnements et des coups de verge, qui donnait aux supérieurs des pouvoirs sans ap;;el, qui supposait chez tous, abbés, prieurs et moines, une abnégation, et un dcvouement sans mesure, des corps de fer et des ùmcs de héros '. Mais Colomban mort, sa Règle parut dure, et quand au début du ix* siècle, les Lombards se furent mêlés aux [)npu- T.'e »« bien lations d Italie, elle devint inapplicable. Tous les monastères \M remplît^- (,^{ ge fondaient sous l'influence de Luxeuil et de Bobbio prc- »iir lu Règle » ■ i i o i i i- • i-. ôi-
brui'diciiDe. naieiit la plus grande partie de la Règle bénédictine. En 81/,
e Concile d'Aix-la-Cliapelle prescri\ it dans tous les couvents
de l'empire carolingien l'adoption de la Règle de saint Benoit.
•^ j • . Luxeuil et Bobbio finirent par l'embrasser La Récrie de ,6. I de saint ...
Cuiooibiin et saint Colomban avait rempli sa mission providentielle. Comme l'avait fait l'étonnante vie des Pères du désert au milieu du
t. Voir la Rftgle de saint Colimhan dan» Miom. P L., LXX.X, col. 209- ÏXi C.î la lh<:Ke >la iloctoiat Je <l Milhout. Quid luxovitn>€t monachi ad rfgula'n nwnoitei i'ii um ooituli-ri.-'
monde gréco-romain, comme le ferait un jour la sublime folio de la pauvret(5 de saint François d'Assise en pleine féodalitéf l'austère Règle de saint Colomban avait montré, au sein d%. monde barbare, égoïste et jaloux de ses droits personnels, jv ([u'où pouvait aller l'enthousiasme de l'héroïsme dans l'obéissance et dans l'oubU de soi. Ceux-là mêmes qui ne purent supporter cette forte discipline conservèrent avec un soin jaloux les reliques sacrées du grand moine, son calice et son bâton de palmier épineux. On les vénère encore à l'église de San Colombano de Bobbio. Comblée des faveurs des rois de France et des empereurs d'Allemagne, l'abbaye de Bobbio devint au Moyen Age un des plus importants foyers de la vie mtellectuelle. C'est sur les manuscrits de Bobbio que se sont appuyées beaucoup de découvertes littéraires et historiques des temps modernes '.
On a attribué à saint Colomban et à sa Règle une înHuen'io plus importante encore sur les institutions ecclésiastiques. On a prétendu que l'Eglise lui doit l'introduction de la pénitence et de la confession privées.
Celles-ci ne seraient que l'extension d'un usage monacal, la n n'introdolt coulpe faite par les moines à leur abbé. L'influence du célèbre P|* ^ 'prfvéîf' U moine irlandais l'aurait introduite dans le monde laïc, puis ^'^ propos* transiormee en une institution ecclésiastique universelle ^ pratique. « Cette thèse, dit Mgr Duchesne, échoue devant les deux considérations que voici : d'abord elle ne rend pas compte de la pénitence privée chez les Grecs et les Orientaux, qui n'ont point été atteints par les influences irlandaise et anglosaxonne ; on peut en dire autant de Rome, de la basse Italie et de l'Espagne ; en second lieu, il est impossible d'admettre que le clergé épiscopal des pays francs, généralement peu favorable à saint Colomban et à ses moines, se soit laissé imposer par eux un changement disciplinaire aussi grave '. » Ce qui paraît plus vraisemblable, c'est que saint Colomban et ses moines se firent les apôtres de la confession privée, peu pratiquée autour d'eux, et que, pour en facUiter l'exercice, ils rem-
1. TIRAB03CBI, Sloria délia Utteratura italiana, t. 01, p. 376.
2. Edgard Loeni.io. Geichichte des deulschen Kirehenrechts, Strasbonr*. 187?, tome II. ^
.3 Bulletin critique, 1SS3, p. 366-367.
Uibl. géa. de l'Ejjlise. £(
226 HISTOIRE GÉKÉRALE DE L'ËQLIm:
plactrent la pc'njtence par l'imposition des niaiDs et la récotk cilialion publique par la pénitence privée, usitée dans lec monastères '.
Reitaoration Tandis que la Règle bén«>dictine s'étendait sur tous les Moni-cJsla. P^ï^ d'iîurope, le berceau de la famille bénédictine, le Mont- Cassin, miné par les invasions, restait désert. Les restes vénérés de saint Benoît et de sainte Scholastique en avaient été enlevés en G79 *. En 71G, un riche habitant de Brescia, Pétrooace, aidé de quelques moines de Rome, entreprit, avec les encouragements du pape Grégoire II et l'appui du duc lombard Gisulph de Bénévent, de relever l'abbaye du Mont-Cassin de ses mines. Dieu bénit l'œuvre pieuse. Pétronace mouiut abbé du monastère. En 748, le pape saint Zacharie consacra la nouvelle église, exempta le couvent de toute juridiction épiscopale, et y déposa l'exemplaire original de la Rèçle de saint Benoît. On sait les grandes destinées de l'illustre abbaye. Le roi lombard Ratchis et le frère de Pépin, Carloman, vinrent chercher un asile dans son cloître. C'est là aussi que le moine Paul Warnefrid, plus connu sous le nom de Paul Diacre, écrivit vers la fin du vm* siècle son Historia Longobardorum qui, dit M. Molinier, « jouit au Moyen Age d'une faveur extraordinaire et, à tout prendre, méritée ' ». « Nul autre peuple, dit Kurth, n'a trouvé dans son historien national ua si ûdèle écho de sa vie, un interprète si ému de ses sentiments '. »
Ces traces de la domination lombarde se rencontrèrent aussi dans le style original des églises de cette époque. « Dérivé alourdi du style byzantin, le style lombard, dit Moeller, a sa place dans l'histoire de 1 art '. »
1. B. Himi, Saint Cvlomban. Dict. di Thiol., «a mot Colomian, t. lU, Ml. 374.
2. C'est Paul Diacre qui raconte le fait, Ilisl. Long , VI, 2. L« corps d« •aiot Denoit (ut il transporté au monaiitftre do Kleary (Saiot-Benott-sur-Loire)! Eal-il aclnelleineot à Suint benoît ou au Mont-Cassin t C'est un sujet de controverse entre les Bénédictins d Italie et les Uénéilictins de France. V. H;i' ■iiLO!i, DUiertatio in tran»!atione S. Uenedicli. Aal., SS. 0. S. B., t. II, p. 337. Don Cdahiiid, Les relh/ucs d< S. Benoît, Taris, 1881. CaiMin, D« r«liijuiii S. B<nedicli, dans les Btnedicl. Studien, 1884.
3. A. MoLiifiu, Lm touicet de l'Uittoire de Franoe, t. I, p. 8S.