‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 170 sur 278 · M*iisi, IX · texte numérisé non relu

M*iisi, IX

30i HisToiuc gL.néiiai.e de l'lglisb

tête ; si ce n'était plus au titre de cité de Ronnilus, c'était au titre, Lien plus vénérable, de ville consacrée par le martyre de saint Pierre.

NVcfi-siié Des périls croissants sur les frontières sucrjréi aient en mémo

d'une fédéra- ^ l u -,• i-,< r • j i i

lion pour la temps aux peuples chrétiens 1 idée d une union de plus en plus

peuple»*thré- étroite et d'une organisation solide et durable, pour la défense tieni. de leur foi et de leur autonomie nationale.

Au nord de l'Europe, les pirates danois, suédois et norvégiens, à qui, au vi" siècle, le fils aîné de Clovis, Tbeudéric, avait infligé une sanglante défaite ', étaient reparus tout à

Incuminns de* coup au viu* siècle sur le littoral de la Gaule et dans les îles côtières de la Grande-Bretagne, pillards, terribles, insaisissables. Leurs cris, leurs chants sauvages, le seul aspect des clîrayanls animaux héraldiques qui surmontaient la poupe de leurs navires de guerre, épouvantaient les populations riveraines '.

Invasion des Au midi le péril n'était pas moindre. Les Sarrasins, maîtres ^ ^ 'de l'Espagne, s'étaient heurtés déjà, dans un choc formidable, en 732, à l'armée franque de Charles Martel. Leurs pirates multipliaient les razzias en Sicile, en Italie, en Provence. Dès les temps les plus reculés, « le pillage, dit un savant arabisant, J. de Haminer, passait, chez les Arabes, pour un mo^-en léirilime de s'enrichir ; c'était le lot réservé aux braves ' ». L'œuTre de Mais, au ^^I' siècle, une révolution religieuse, dont le but pri- « orne . jj^jjjf semblait n'avoir été que l'épuration des vieilles croyances populaires, avait, en donnant h ce peuple une cohésion et un mol d'ordre, rendu sa puissance plus redoutable. En moins de cent ans l'irrésistible enlhousiasme suscité par Mahomet avait créé un empire qui s'étendait de la Chine aux Pyrénées, double lie l'empire romain, six fois plus grand quant It l'espace que celui de Charlemagne, décuple de celui que devait

t. CKio. Di Toc», in. 8.

2. Voir une ilescriptiun de la nolt« danolM da roi Cannt dans Cnutonù rtgit g*"a, I. 0 ■' ; )I. 0. it.

3. I. PI U>a»ia, iiitiet de VOritnt. Vienne. 1809, t I, p. 372 et t.

fonder Napoléon '. La grandeur de cet empire, la force r*- (

doutée de ses armes, le prosélytisme firouche de sa religion,

le prestige captieux de sa philosophie, devaient constituer le \

plus grand péril extérieur de l'Église pendant tout le Moyen

Age.

Une nareille institution politico-religieuse était l'œuvre d'un homme u^.it la psychologie obscure et complexe ne semble pas encore avoir été complètement pénétrée.

Mohammed ou Mahomet naquit à la Mecque le 20 avril 571. Ses origlnt*. L'Arabie était alors en proie à un polythéisme grossier. Vers l'âge de quarante .ins, en 611, à la suite d'une prétendue apparition de l'ange Gabriel, Mahomet rêve de rendre son pays à la pureté du monothéisme primitif. Tel semble avoir été d'abord son but. Il recueille dans l'Ancien et le Nouveau Tes- Formation da tament des maximes élevées, qu'il mêle aux traditions de son '* ducif'"»pays et à ses rêves personnels. 11 en fait une doctrine, dont l'application morale se résume dans l'Islam, c'est-à-dire dans l'abandon, dans la soumission à un Dieu tout puissant, très haut placé au-dessus du monde. Au début, le caractère du nouveau prophète paraît doux et calme. Cependant des phénomènes étranges, des crises de convulsions se manifestent souvent chez lui. Son exaltation augmente. Sa doctrine perd de sa simplicité primitive. Dans ses sourates, ou maximes, dont l'ensemble formera ce livre inégal et disparate qu'on appellera le Coran (la lecture), il enseigne l'unité et la toute- ^e Cena. puissance de Dieu, permet la pluralité des femmes et offre pour récompense aux fidèles de l'Islam les joies éternelles du paradis, où, loin de tout péché, sous l'ombre rafreiîchissante des arbres, ils boiront dans des coupes d'argent des boissons savoureuses et se nourriront de fruits exquis. Il prescrit des prières, des jeûnes, des ablutions, des pèlerinages à la Mecque, avec tournées processionnelles autour de la Kaaba. 11 recommande l'union et la solidarité entre les croyants de l'Islam.

1 An miliea da nu* siècle, l'empire arabe avait atteint les limites da sa rapide expansion. " Au nord, il atteignait le Caucase, qu'il débordait même ; il le^t, il on^lobVit le rajyon indus «l la meilleure partie de la plaine toivranicriiie ; à l'ouest, il eatmirait l'Asie Mineure, se développait sur touLs la l')u-,!ueur lie rv(rii[rte du nord, jusqu'au Saliaia et jusqu à l'Oc/iin cl ocrupiùl la tol:ili « le la pWiiusulo ibérique ». M.. W^hl, Histoire générait d»

luTISUt IT P^USAOD, 1, 478.

iJlti. t,éii. de l'E^li^a. 2»

306 HISTOinE GÉNÉRALE DE t'^OLtSE

« 0 croyants, s'écrie-t-il, faites l'aumûne des meilleures choses que vous avezacquises, des fruits que vous iive». lait sortir pour vous de la terre... vous n "atteindrez à la pidtt^ parfaite que lorsque vous aurez fait l'au.nône de ce que vous chérissez le plus. » Quant aux non croyants, sa doctrine varie. Il conseille parfois la tolérance. « N'écoule ni les infidèles, ni les hypocrites, dit-il ; ne leur fais cependant pas de mal. » Mais le plus souvent il prescrit la guîrre à outrance. « Faites la guerre à ceux qui ne croient pas en Dieu ni au jour dernier, dit-il... Lorsque vous rencontrez des infidèles, tuez-les, au point d'en faire un grand carnage, et serrez fort les entraves. » 11 est prolwble que les sourates qui recommandent la tolérance et la douceur datent des premiers temps de la prédication de Mahomet. Mais son caractère a changé. Oldigc, par suite des oppositions violentes de ses compatriotes, de fuir de la Mecque, il se relire Ji Yatreb, qui devient Médine, la ville par excellence. Il y L'b-5gire. arrive le 24 seplemhre 622. Cette date marque le commencement de l'ère musulmane, qui a pour point de départ l'hégire, c'est-à-dire la fuite de Mahomet.

La (fiierre Exaspéré, le prophète oublie alors tout à fait ses leçons de

'*""" patience et de résignation. Il n'aura plus désormais que des paroles de guerre. Terrible, sanguinaire, impitoj-able, il s'écrie : « Tuez les infidèles partout où vous les trouverez, mettez-vous en embuscade contre eux ! » De ses fidèles il forme une armée. Il promet le paradis à tous ceux de ses soldats qui succomberont sur le champ de bataille frappés d'une U c-vnquê'.e blessure reçue en face. De gré ou de force, l'Arabie tout en-

• UîUm. Hère se rallie au fougueux prophète. La force elle-même devient pour beaucoup un argument de vérité. L'Islam est fort, disent-ils : c'est que l'Islam tient sa force du Tout-Puissant. Tout, d'ailleurs, dans cette doctrine de l'Islam, ses erreurs comme ses vérités, semble favoriser sa propagation. Par son dogme fondamental de l'unité de Dieu, par le respect qu'il inspire envers la Divinité, l'Islam répond aux aspirations religieuses profondément enracinées dans la race arabe. Par l'absence de tout mystère et de tout élément proprenient surnaturel dans son dogme, par sa morale facile et admirablement adaptée aux mœurs du pays et de l'époque, il ménage l'orgueil, la sensualité, les instincts guerriers et

LE SAINT EriiriRE UOIIAIS 307

conquérants du peuple auquel il s'adresse. Les progrès de

l'Islam sont rapides. Le prophète meurt au mois de mars .,^?'^ ■*• .,,',.., . Mali mat

de l'an 632. Mais il a dit à ses disciples : « Après moi, (632).

vous ferez la conquête de la Syrie et de la Perse ». Son successeur Abou-Bekr réalise sa prédiction. Il attaque à la fois les deux voisins de l'empire arabe : l'empire perse et l'empire byzantin. Mahomet, en qui les calcids du fin politique s'unissaient à l'entliousiasme religieux, connaissait la faiblesse de ces deux empires et n'avait pas eu besoin d'une révélation pour présager leur ruine prochaine. La Perse, depuis Chosroës, était livrée! l'anarchie politique. L'anarchie religieuse, résultat des nombreuses sectes issues de l'hérésie monophysite, avait allaibli les rouages de l'empire d'Orient. La Syrie, l'Egypte, la Perse, tombent successivement sous les^^^^ ^,^(^3 ^^ coups de l'armée arabe, qu'une forte discipline dirige et que '^ 7"^'t''ri le souvenir du prophète anime aux combats. La dynastie des Ta Perse. Omméiades, ou Ommiades, qui succède en G80 à la dynastie des Ommiades Alides, poursuit les conquêtes de l'Islam. Elle envahit q^^^^^Ii^ ^g

l'Africrue et l'Espagne, où le peuple visi;;oLh n'a plus de vi-1'Afpique et de , ,. 1 D ' 1 i o i l'Kspagae.

taillé.

Après la chute des Ommiades, supplantés au milieu du Les Ab«Mitl*i,

vm° siècle par les Abassides, l'empire arabe subit, il est vrai,

en Afrique et en Asie, une crise politique et religieuse qu'on a

pu comparer à la crise de l'empire carolingien après la mort

de Charlemagne ; mais les fanatiques musulmans essayent de

se dédommager en pillant les côtes européennes ; et, malgré

tout, les califats de Bagdad et de Cordoue jettent un grand Les califste.

éclat '. Une civilisation brillante, qui s'est enricliie au contact

de l'hellénisme et de la Perse, va bientôt fasciner l'Europe. Il

est temps que les nations chrétiennes, affaiblies par la crise de

formation qu'elles traversent en ce moment, s'unissent et

trouvent un chef.

1. Le calitat de Bagdad fut fondé par Abou lîekr en 632, et le califat de Cordoue établi par Abdérain en 730. Le califat du Caire tut établi plus tard par les Fatimites en 909. — Sur la vie do iMabouiet, voir H. LAiias:\3, S. J., Fàlitna et les filles de Mahomet, notes critiijues pour l'élude de la Sira. 1 vol. in-S, Rome, 191 i.

308 HISTOIRE GE.NEnALE DE U EGLISE

Ce chef, la Providence vient de le révéler au monde. C tty le fils et successeur de Pépin le Bref, Charlemagne. '' '^* La poésie et l'art, qui aiment à transporter aux qualités ' physiques des grands hommes le caractère de leurs œuvrea, ont représenté Charlemagne comme un géant à la barbe splendide, à la voix de tonnerre et au regard terrible que les mécréants ne peuvent allronter. Tout autre est le portrait que nous donne Eginhard. « Charles, dit-il, était gros, robuste et d'une taille élevée, mais qui ne dépassait pas sept fois la longueur de son pied. Il avait le cou gros et court, le ventre proéminent ; mais la juste proportion du reste de ses membres cachait ces défauts. Sa voix, quoique perçante, paraissait trop grêle pour son corps. Il marchait d'un pas ferme et tous ses mouvements avaient quelque chose de mâle '. » De son œuvre elle-même, l'art et la poésie ne nous ont guère montré que le côté extérieur et brillant : ils ont vu surtout en lui le guerrier

Jteactèn de et le conquérant. L'étude impartiale des documents historiques

CkwitBUoe . , , , . ^, , . •

amène a une conclusion tout autre. Charlemagne est avant

tout un civilisateur et un pacificateur '. Quand il prend les

armes, c'est presque toujours pour réprimer des éléments de

perturbation sociale ou pour ouvrir la voie à la prédication de

l'Evangile. Si l'on met de côté l'exécution terrible de Verden,

qui est la tache de sa vie publique, on le voit constamment se

*"* •T*"' préoccuper de rendre les batailles moins sanglantes '. Sa tac-

•( ofg»- tique ordinaire est de terrifier ses adversaires par un énorme

déploiement de forces militaires. La plupart du temps, cette

1. ÊouiAU, Vita Karoli, e. mi. Bit. du OauUt, ▼. B8. P. L , ZCVII. 46 et 8.

2. . Exaininei le règne de ChurlemoRne roos m>% divers aspecU ; 'om rerrei que «on idée dominante a été le dessein de civiliser -es people» Pre- ■ons ses guerres. Il est coalinuellemenl en campagne <lu ii.idi bu nord e«t, de ITlire h lEIbe ou au Wéser. Croyex vous que ce soient là des expédition» •rbilmires, un pur désir de conquêtes I Nullement.. C'est h une grande nécessité, au désir de réprimer la barbarie qaU obéit . Ooiior, Uùt. dé la •iriJ en Europe, p Ul.

3. tginhard et le moine do Sainl-Gall reviennent souvent aor cetU idée. Cl. Eai»»*»». Vita Karoli, o. 8. 9, 11, 13. Mm. Suait., Il, 17.

LE SAINT EnPIRE ROMAÎN 309

tactique lui réussit : Charles n'a qu'à se montrer pour tout faire fléchir devant lui. 11 n'est donc pas téméraire d'attribuer à ce grand homme, que les études de son école palatine entretenaient dans le souvenir des empereurs romains et qui avait même songé, vers la fin du \'ni<' siècle, à épouser l'impératrice d'Orient, l'idée de devenir un jour, dans un but de pacification européenne bien plus encore que dans un esprit d'ambition personnelle, l'héritier des Césars. Il venait de grouper sous sa domination des peuples de races diverses, d'intérêts souvent opposés. Imposer à leurs querelles son arbitrage souverain, pouvait être chose difficile tant qu'il ne leur parlerait que comme roi des Francs. Mais s'il pouvait invoquer devant eux le titre auguste et redouté d'empereur, de successeur des Césars de Rome, sacré par l'Eglise à la manière des souverains d'Orient, quel prestige pour lui, dans la mission civiLsa* trice qu'il voulait accomplir !

L'idée vague d'une restauration de l'empire ne hantait-elle La mofkl^M pas en même temps l'esprit des Papes à la fin du viii* siècle, njéa da J'amquand saint Léon III faisait orner la grande salle du palais du P**** Lalran d'une mosaïque représentant d'un côté le Pape saint Sylvestre à côté de l'empereur Constantin et de l'autre Léon III lui-même à côté de Charlemagne ' ?

Il faut bien le reconnaître, on ne trouve la trace précise d'aucune de ces conceptions dans la suite des événements qui amenèrent la restauration de l'empire. En apparence, et pour qui ne considérerait que les faits bruts, sans tenir compte des courants d'opinion qui leur donnent leur signification et leur portée, ce fut une simple querelle de palais, accompagnée d'une émeute sanglante et d'un procès retentissant, qui détermina m grand événement historique.

t. Lib. Ponlif., n, 35.

810 HISTOIRE GÉNEliAIE DE L EC; I E

L'acte de donation de Pëpin avait assuré à la « République de saint Pierre » la sécurité contre les ennemis du dehors. Le Mint Pdii! ;•' successeur d'Etienne, son frère, Paul I", dont on avait déjà (75.-7ii7). p^ apprécier les qualités d'énergie et de prudence dans les diverses missions diplomatiques qu'il avait eues à remplir, pri.fita de la situation pour développer les institutions religieuses Offranisaiion et politiques de la ville de Rome. Autour du Pape, les vingt- Borne. ^ cinq prêtres cardinaux, attachés à autant d'églises prcsbytérales, formaient son grand conseil officiel. L'influence des sept diacres, préposés à l'administration des sept régions ecclésiastiques, était peut-être plus eflicace. Leur chef, l'archidiacre, tenait en main tout le personnel ecclésiastique. Parmi les autres fonctionnaires importants, que nous verrons bientôt jouer Le» prinri- leur rôle dans l'histoire, étaient le vidante ou gouverneur du niiTes^Tu pa- palais pontifical, le vestiaire ou garcîien du trésor, le saccllairc lai* poniifical. gy payeur général, et les notaires, dont le principal, appelé primicier, figurait, avec l'archidiacre et l'archiprélre, dans le triumvirat chargé de gouverner l'Église à la mort du Pape, en attendant l'élection de son successeur. Le clergé se recrutait

, , , soit par la srhola can/orum, sorte de séminaire ou d'orphelinat,

La tchola ean- «^ , . , , .

torum. comme on l'appellait quelquefois, où étaient élevés les enfants

La chancelle- du peuple ; soit parle cuAfcu/um sacrum, où se concentraientles rie pontificale, services de la chancellerie et de l'administration et où se ren- Le clergé contraient surtout les fils de l'aristocratie romaine. Autour de ce • non ordon- clergé ordonné, composé de prêtres, de diacres, de sous-diacres et de minorés, qui observaient la continence dès leur entrée dans les ordres supérieurs, se trouvait tout un monde, parfois remuant et intrigant, de clercs non ordonnés, que la simple tonsure distinguait des laïques. Ils étaient généralement engagés dans les liens du mariage et remplissaient des fonctions administratives. C'est de ces clercs que devaient venir à l'Eglise ses plus dures épreuves.

Des tribulations pénililes lui étaient réservées encore de la part de l'aristocratie laïque et militaire. Comme chef de la Respublica liomanoruin, le Pape avait sous ses o'dres l'armée,

LE SAINT EMPIlîi: l;ijllAlN ...1

répartie en douze scholx ou groupes régionaux. Les paysans des Le» milic»« colonies agricoles ou dornus cullx de lEtat de l'Eglise avaient ' coie». ' à laur tour formé des milices, qui reconnaissaient pour chef suprême le Pontife romain. 11 n'était désormais plus question de duc en chef de l'ai'mée ', pas plus que d'exarque, ou de tout autre fonctionnaire relevant d'une autorité étrangère. Mais le péril renaissait sous ime autre forme. Ainsi que le remarque justement le P. Lapôtre, « il y avait dans la Rome de cette époque des éléments de discorde que le développement du pouvoir temporel n'avait point calmés, qu'il avait même àceitains égards

avivés. De l'extérieur, le péril passait à l'intérieur. Du moment Les compéi!-

. • ■ . 1 1 1- -1 . 1 lions inlé-

où le Pape tenait entre ses mams toutes les grandes dignités de rieures.

l'État conmie celles de l'Église, qu'il était devenu en quelque sorte l'unique distributeur de la fortune et de la puissance, l'aristocratie laïque sentait le besoin de se mêler plus activement à l'élection pontiiicale ' ». Nous avons vu déjà cette aristocratie Puissance de maîtresse de l'urmée, dont elle détenait les plus hauts grades, lai^ua. s'organiser en vuie sorte de caste priviligiée, en rivalité avec l'ordre clcrical. Désormais le conflit sera plus aigu. « Malheur au Pape, continue l'historien que nous venons de citer, s'il ose choisir en dehors de ce milieu aristocratique les principaux collaborateurs de son gouvernement ! Malheur surtout, si, né lui-même dans une condition plus humble, il entre au patriarchium escorté de parents pauvres et avides de se foxu-nir à leur toxxr... Le pouvoir politique du Saint-Siège était à peine fondé que déjà commence le triste rôle de certaines familles pontificales, de ce népotisme dont la Papauté a parfois tant souffert '. »

Il était nécessaire de décrire avec quelques détails cet état du personnel de l'entourage du Saint-Siège. Cet exposé nous fera mieux comprendre à quelles diflicultés devait se heurter le gouvernement des Papes dans les tristes événements que nous aurons bientôt à raconter.

Sans doute Etienne II avait prévu ces douloureux conflits

1. On rencontre encore des ducs dans l'état pontifical. Mais c'est an titii tont nouveau que pr.'uneot les seigneurs.

2. R. I*. Lapùire, s. J. L'Europe et le Sàint-Siége à l'époque carclin' ffienne, p 2l.'9-ïlO.

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