Cod., lib I, lit. .\, 1. Ep. l.\, 36, tU9 ; IV
l'église dans son C7:ntre 101
L'Étc'ise du Moyen Ap^e suivra ces saj^es traditions. Bravant l'impopularilé des formules, elle n'hésitera jamais à proclamer hautement que la vérité seule a des droits et que l'Eglise catholicjue seule possède l'intégrale vérité. Mais en présence des consciences et des réalités contingentes, l'Eglise, âans son ensemble, montrera, même en faveur de ses pires ennemis, un respect de la personne humaine, que pratiqueront bien rarement à son égard ceux qui se seront détachés d'elle en se faisant im drapeau des mots de tolérance et de liberté.
Cependant, la santé du grand pontife déclinait de plus en plus. Depuis l'année 31)8, il gardait le lit presque continuellement'. En jan ier GOi, surmontant une douloureuse fatigue, il dicta une dernière lettre à Théodclinde, reine des Lombards, pour la féliciter de la paix que venait d'accorder le roi Agidulfe à l'Italie et du baptême d'un jeune prince lombard.
Deux mois après, croyant peut-être que l'empire elle monde M irt de suial allaient disparaître bientôt après lui, mais conscient d'avoir ^'^l""' accompli son devoir jusqu'au bout, il rendit son âme à Dieu le 12 mars 604. « Ce grand Pape, selon les expressions de Bossuet, avait instruit les empereurs, consolé l'Afrique, confirmé en Espagne les Visigoths convertis de l'arianisme, converti l'Angleterre, réformé la discipline en France, fléchi les Lombards, sauvé Rome et l'Italie, réprimé l'orgueil naissant des patriarches, éclairé toute l'Eglise par sa doctrine, gouverné l'Orient et l'Occident avec autant de \'igueur que d'humiiité '. » Il avait fait plus ; il avait accompli toutes ces choses ss-oiGréaoira avec un zèle tout apostolique, au nom d'ime justice sociale JefeusHur de dont il se sentait le défenseur responsable ; il avait fait reten- i^ liberté. tir les mots de justice, de droit, de liberté aux oreilles des empereurs, des exarques, des rois lombards, des évêques, des abbés et des peuples, comme personne ne l'avait fait avant lui. « Mon ministère, écrivait-il, m'oblige à courir partout où l'exige la justice '. » « Ce que je veux, disait-il à l'exarque Gennadius, c'est faire fleurir ensemble la justice et la liberté, ttpossit florerecum libertate justitia *. » II ordonne de réu-