Ibid., I, i
3. Chacune de ces lettres fait allusion à une captivité do l'apôtre. L't5pîlre aui Philippiens date certainement de la captivité romaine. Il serait possible que les autres (épîtres eussent été écrites par saint l'aul pendant qu'il était on nrisuu à Césarée. Cf. Jacqlieh, Histoire des livres du Nouveau Testament, t. IV, p. aoa.
Ces épîtres de la captivité se distinguent des autres par un accent de tendresse plus émue et par une doctrine mystique plus profonde. Les premières lettres de l'apôtre n'étaient q.u'un écho de sa prédication missionnaire ; l'épître aux Romains condensait sa doctrine dogmatique fondamentale ; dans sa correspondance avec les Eglises d'Asie en général, avec les chrétiens de Colosses et de Philippes, son âme s'épanche en accents plus pathétiques. A la fin de sa lettre aux Philippiens, il trace ces lignes, pleines d'exquise délicatesse : « Je vous envoie Epaphrodite, mon frère, le compagnon de mes travaux et de mes combats... Il a été malade, et malade à mourir ; mais Dieu a eu pitié de lui et aussi de moi *. » Il écrit à Philémon : « Etant ce que je suis, Paul, un vieillard, et maintenant un prisonnier du Christ Jésus, je t'adresse une prière en faveur de mon fds Onésime, que j'ai engendré dans les chaînes 3. » C'est dans ces épîtres de la captivité que se trouvent ces vues si élevées, si lumineuses sur la vie intérieure, sur le Christ considéré comme fondement de toutes choses, sur les abaissements du Fils de Dieu, sur la lutte que nous avons à livrer contre les puissances infernales, sur le vieil homme et sur l'homme nouveau, sur les rapports qui unissent le Christ à son Eglise.
Rien n'égale l'accent pathétique avec lequel l'apôtre supplie à genoux les fidèles de fortifier en eux l'homme intérieur : « Moi, Paul, prisonnier du Christ pour vous, païens, je fléchis le genou devant le Père, afin qu'il vous donne d'être puissamment fortifiés par son Esprit en vue de l'homme intérieur, et que le Christ habite dans vos cœurs par la foi, afin qu'enracinés dans la charité, vous deveniez capables de connaître l'amour du Christ ^. » Car le Christ est le fondement de tout : « Dieu, dans sa bonté, s'est proposé de réunir en Jésus-Christ toutes choses, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre *. » Et c'est ce Christ qui, par amour pour nous, s'est abaissé si profondément 1 u Existant dans la forme de Dieu, il n'a pas regardé comme une usurpation de se faire l'égal de Dieu, mais il s'est dépouillé lui-même, prenant la forme d'un esclave..., s'abaissant plus encore, se faisant obéissant jusqu'à
Les épîtres de la captivilé.
Leur caractère.
Leurs
principaux
enseignements.
L' « homme intérieur ».
Le Christ, fondement de toutes choses.
Les
abaissements du Fils de Dieu.