S. Jérôme, Cntat., 34 ; Ep. xxxvi, Ad Paulam
4. Voir Pierre Lhanub, Jeunesse, petit code d'éducation au fo^er d'après Cléoient d'Alexandrie, i vol. in-i6, Paris, 191a.
LA LUTTE
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La vraie Gnose d'après Clément
rures. Mélanges, et dont le défaut de méthode est voulu par l'auteur, car il veut, dit-il, éliminer l'artificiel, ne point sortir de la nature, promener son disciple dans une montagne aux perspectives variées, et non dans un jardin aux symétriques ordonnances S on ne remarque pas d'autre unité que celle d'un esprit chrétien toujours identique, d'une élévation constante et d'un inébranlable souci de perfection.
Ainsi cet ouvrage, qui débute par un enseignement didactique, et en quelque sorte terre à terre, se termine par les plus hautes élévations mystiques.
Car ce mot de Gnose, ou de Science, qui revient à chaque instant sous la plume du philosophe d'Alexandrie, ne doit pas nous égarer par son étymologie. Pour Clément, la Gnose, c'est l'état de d'Alexandrie perfection ; le gnostique, c'est le chrétien parfait -. Ce qui constitue donc l'essence de la Gnose, ce n'est point la science, c'est la vertu, c'est l'amour. « Par l'amour, dit-il, le gnostique est investi des biens qu'il possédera un jour. Le désir de ressembler à ce qui est beau ne le tourmente plus : par l'amour il possède la beauté même. Emporté vers Dieu sur les ailes de l'amour, le gnostique vit libre sur la ruine de toutes ses convoitises. Absent d'ici-bas, il est tout entier avec Celui qu'il aime ^... Et, comme la pierre a la pesanteur, le gnostique a la science, c'est-à-dire la connaissance, le bon conseil, qui lui font discerner ce qui peut l'aider à se maintenir dans la vertu *, » Clément se complaît à multiplier et à varier les traits de ce tableau ; on voit que, pour lui, il constitue une partie essentielle de son apologétique, de sa prédication. Tout ce qui a pu jadis séduire son âme dans les philosophies antiques, tout ce qui pourrait encore troubler l'âme de ses frères, sous la forme d'un appel ou d'un regret : l'impassibilité bienheureuse du stoïcien, l'ardent amour qui soulève l'âme d'un platonicien vers l'idéale beauté, la plénitude de science que le gnosticisme promet à ses adeptes, tout cela l'auteur des Stromates le trouve, le montre dans l'âme du chrétien complet.