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grillé, gomme adragante, chlorhydrate d'aniline, chlorhydrate d'ammoniaque et chlorate de potasse. Cette couleur a le grand avantage d'être complètement indélébile. Elle sert à produire une encre excellente.
Le toluène subit des transformations chimiques absolument analogues à celles de la benzine. Le nitrotoluène correspond à la nitrobenzine et la toluidine à l'aniline. Les couleurs, dites d'aniline, sont le plus souvent des mélanges complexes de combinaisons de toluidine et d'aniline.
2° Couleurs dérivées du phénol. — Le phénol, découvert vers 1834 par Runge dans les produits de la distillation du goudron, a été étudié par Laurent ; en 1840 Galvert, de Manchester, perfectionna sa fabrication industrielle et parvint à l'obtenir cristallisé.
Traité par un mélange d'acide azotique et d'acide sulfurique, le phénol donne naissance à un produit solide, cristallisé en fines aiguilles d'une belle couleur jaune citron, l'acide picrique, qui sert à teindre les étoffes de soie et de laine en jaune.
L'acide picrique donne lui-même naissance à des couleurs importantes : X'acide rosolique, découvert par Kolbe, la coralline ou péonine, de couleur analogue à la pivoine, l'azuline, d'une belle couleur bleue.
3" Couleurs dérivées de la naphtaline. — La naphtaline se retire des huiles lourdes qui distillent entre 180 et 230 degrés. Abandonnées à elles-mêmes, ces huiles abandonnent des cristaux, qu'on soumet à plusieurs traitements successifs dans le but de les purifier. La naphtaline sert à chasser les insectes des fourrures, grâce à l'odeur très forte qu'elle dégage.
On a pu, par des réactions chimiques analogues à celles de la benzine et du toluène, préparer aussi un grand nombre de couleurs au moyen de la naphtaline. Ces couleurs, dont les principales sont la tropéoline, la rocelline, le rouge d'anisol, etc., sont beaucoup moins employées quccelles delà benzine. Signalons cependant d'une façon particulière le jaune de Manchester, découvert par Martins. C'est un jaune d'or magnifique. On transforme d'abord la naphtaline en nitronaphtaline,
I1M12 COLORATION DES TISSUS
puis ennaphtylamine et enfin en chlorhydrate de naphtylamine On fait bouillir ce dernier corps avec de l'azotate de soude et de acide azotique. La couleur vient cristalliser à la surface du liquide.
J° Couleurs dérivées de l'anthracène. - L'anthracène a été découvert en 1832 par Dumas et Laurent. L'huile anthracéniqne est abandonnée à elle-même ; elle se prend en cristaux que l'on purifie par la turbine et par sublimation. En 1868, on parvint a fabriquer Valizarine artificielle en partant de l'anthracène On le transforme d'abord en anthraquinone par un mélange d'acide sulfunque et de bichromate de potasse. L'anthraquinone est ensuite traité successivement par l'acide sulfurique, le carbonate de chaux, le carbonate de potasse, la soude caustique. Suivant le mode opératoire, on obtient l'alizarine à reflet jaune, employée Pour rouge d'Andrinople,ou l'alizarine à reflet bleuâtre, qui donne des violets et des lilas de toute beauté. L'orange d'aHzanne, le bleu et le brun d'alizarine sont des couleurs dérivées de l'alizarine. L'alizarine artificielle a ruiné presque complètement la culture jadis si rémunératrice de la garance.