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I. — CONFECTIONS

L'industrie du tailleur s'est complètement tranformée depuis le milieu de ce siècle. Des maisons d'une très grande importance se livrent aujourd'hui en grand à la fabrication des costumes complets pour hommes, femmes et enfants. Pour montrer le développement rapide pris par cette nouvelle branche d'industrie, en quelque années, il suflira de citer deux chiffres. En 1846, à Paris, les maisons de confection faisaient pour 30 millions d'affaires; en 1866, ce chiffre montait à plus de 100 millions. Les habillements militaires, à partir de 1854, furent fabriqués par des Compagnies civiles. Avant cette date, ils étaient exclusivement faits par des ouvriers militaires.

L'Angleterre tient le premier rang pour la confection des habillements, et surtout la ville de Londres. M. Tait fut, le fondateur d'immenses usines, à Londres, et à Limerick, en Irlande, pour l'habillement des troupes militaires.

La France imita bientôt l'Angleterre et l'on vit se fonder à Paris de vastes magasins d'habillement. Les premiers fondateurs furent Bouillet, en 1843, puis Mack, Enout, Opigez-Gagelin (la Belle Jardinière), Chauchart, Ilériot etC ie (le Louvre), Chevreux et Aubertot, Godchaux, etc. Les établissements Godillot, poulies fournitures militaires, datent de 1833. Il y avait des usines à Paris, Bordeaux, Toulouse, Nantes et Alger. Les tanneries et la carrosserie se faisaient à Saint-Ouen, près Paris. On y fabriquait

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tout ce qui concernait les effets d'habillement, de coiffure d'équipement et de chaussure pour l'armée, les municipalités,' les Compagnies des chemins de fer et les sapeurs-pompiers On y fabriquait encore les effets et les objets de harnachement, le matériel de campement pour les hôpitaux et les ambulances, les bidons, les marmites, les gamelles, les ustensiles de ferblanterie, ainsi que tout ce qui concerne le matériel spécial à l'artillerie.

A Vienne et à Prague, en Autriche, l'industrie de l'habillement est très développée. On confectionne et on vend à Agram des costumes, aux couleurs vives et pittoresques, pour les paysans de la Slavonie. La Belgique, le Portugal, etc., se font aussi remarquer dans cette industrie.

L'invention des machines à coudre a singulièrement facilité l'extension de la confection du vêtement. Cette invention est très récente. En 1830, un tailleur de L'Arbresle, dans le Rhône, du nom de Barthélémy Thimonnier, prit un brevet d'invention pour une machine à coudre. La maison Germain Petit, de Paris, installa quatre-vingts de ces machines dans ses ateliers de là rue de Sèvres, mais les ouvriers les brisèrent aussitôt, sous le prétexte qu'on voulait ainsi supprimer la main-d'œuvre.

Six ans après le pauvre inventeur, complètement ruiné, était obligé de retourner à pied dans sa ville natale, sa machine sur le dos, la montrant comme une curiosité sur son passage pour gagner quelque sous. Il mourut dans la misère en 1837 après de malheureuses tentatives pour fabriquer industriellement la machine qu'il avait inventée.

Pendant que Thimonnier s'épuisait en vaines tentatives en France, Elias Howe, aux Etats-Unis, perfectionnait la machine du premier inventeur. En 1846, il prit un brevet. Quelques années après, le nombre des usines affectées à la fabrication des machines à coudre se multipliait et l'usage de ces appareils se généralisait dans le monde entier. Parmi les constructeurs qui ont apporté les plus grands perfectionnements, il faut citer les noms de Singer, Wheeler et Wilson, Willcox et Gibbs, etc , presque tous de New-York. Le prix d'une machine, très élevé

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