III. - ANE ET MULET
La chair de l'âne et celle du mulet ne sont guère employées pour la nourriture ; ces animaux sont surtout des moteurs vivants utilisés pour les transports.
L'àne est supérieur au cheval dans maintes circonstances : il endure davantage la fatigue, est plus sobre et se contente d'une nourriture moins abondante et plus rustique. Do plus, il jouit d'une sûreté de pied beaucoup plus grande que le cheval dans ,4es passages difficiles. Il en résulte que l'àne est un porteur précieux dans les régions montagneuses et dans les pays chauds, où l'intensité du climat ne convient qu'aux chevaux de races légères, incapables de transporter de lourds fardeaux. Aussi est-il très employé en Espagne, en Italie, en Algérie et dans tous les pays orientaux.
Le mulet, issu du croisement de l'àne et de la jument, réunit les qualités de ces deux animaux ; il est plus fort que le cheval. On peut donc répéter pour le mulet tout ce qui vient d'être dit
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pour l'âne : incomparable pour le transport en pays montagneux, sûreté de pied, grande endurance et acclimatation dans les pays chauds. Le petit mulet est préféré pour les régions accidentées, le gros pour les pays de plaines .
Le Poitou fournit les plus beaux mulets du monde : la sélection s'y pratique d'une façon plus raisonnée que partout ailleurs . La région mulassière comprend les départements des Deux- Sèvres, de la Vendée, une partie de la Vienne et de la Charente- Inférieure ; on y compte dans 150 haras privés plus de 50 000 juments destinées à la reproduction des mulets. Ces juments appartiennent aux races de gros trait, originaires des marais de la Sèvre et de la Vendée ; elles vivent en liberté au milieu de vastes et grasses prairies. Les mulets du Poitou s'exportent dans toute la France, dans le sud de l'Europe, en Afrique et jusque dans l'Amérique du Sud. Les belles mules espagnoles, employées pour les équipages de luxe, viennent du Poitou.
Le midi de la France produit aussi beaucoup de mulets. Cette industrie est malheureusement en décadence depuis 1888, année où la France exporta 22 000 mulets. Les exportations pour l'Espagne ont surtout diminué. L'État, qui possède des haras pour les chevaux, devrait aussi s'occuper de la production des ânes et des mulets, animaux d'une utilité incontestable. Ce serait créer une nouvelle source de richesse dans notre pays.
L'Espagne occupait jadis le premier rang pour la production mulassière. Dépassée par le Poitou, elle tend aujourd'hui à reconquérir son ancienne supériorité ; elle exporte en Italie plus que ne le fait la France. Le mulet espagnol provient des célèbres baudets d'Espagne croisés avec la jument andalouse.
L'Espagne, le Portugal et l'Italie possèdent plus d'ânes et de mulets que de chevaux :
Espaghe 1.000.000 mulets,
I 292.000 ânes, 072.000 chevaux.
Pohtugal 137 .000 ânes,