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Histoire générale de l'industrie. 3, Industries du règne minéral

Le diamant et la plombagine ou graphite sont des variétés de charbon pur et cristallisé, très difficilement combustibles. Le diamant sera étudié dans le chapitre que nous réservons à la joaillerie.

La plombagine se présente sous la forme de paillettes ou de masses feuilletées et cristallisées. De couleur gris d'acier, elle est opaque, douce au toucher. Elle laisse une tache grise quand on la frotte sur un corps dur, semblable en cela au plomb, d'où son nom de plombagine. On la nomme aussi graphite, parce qu'elle sert à écrire sur le papier. La plombagine est un des corps bons conducteurs de la chaleur et de l'électricité, d'où son emploi pour la fabrication des creusets et dans la galvanoplastie.

Le graphite est une substance assez rare, qui se rencontre toutefois dans un certain nombre de localités, mais généralement en faible quantité. Le principal gisement actuellement connu se trouve en Sibérie, dans les mines Alibert, au mont Batougnol, près Irkoutsk ; ce graphite, d'une pureté remarquable, se présente en blocs volumineux, au milieu de schistes anciens. On en exploite aussi près de Krasnoïarsk, mais plus impur. La Sibérie en fournit environ 1600 tonnes par an.

On trouve aussi du graphite en Angleterre, dans le Cumber-

COMBUSTIBLES

land, à Keswick, surtout, où il sert à la fabrication de crayons d'une qualité renommée ; en Bohême, en Bavière, dans les localités de Mugrau et de Schwarzbach ; en Serbie, en Moravie ; dans la Basse-Autriche, près de Baabs ; en Silésie, en Prusse, en Finlande ; citons aussi les gisements de Huelma et de Bunda, en Espagne ; de Vizeu, en Portugal. En France, on n'exploite que les seuls gisements du canton de Monêtier, dans les Hautes- Alpes, mais ils n'en fournissent guère que 16 tonnes par an. On a cependant signalé la présence de la plombagine au milieu de filons de quartz dans plusieurs localités des Côtesdu-Nord (Plancoët, Plouézec), de l'Ille-et- Vilaine (Saint-Servan, Châteauneuf près Saint-Malo), à Eguzon (Indre), dans la vallée de Suc (Ariège), à Saint-Jean-d'Arves (Isère), à Trémouilles (Aveyron). Les gisements de l'Indre et de l'Aveyron ont même donné lieu à des concessions inexploitées.

L'Asie, outre les mines si importantes de la Sibérie, contient encore des gisements activement exploités au Japon et dans l'île de Ceylan. Signalons enfin le graphite pur de la province de Wellington (Nouvelle-Zélande), des Etats de New-York, de New-Jersey et de New-Hampshirc (Etats-Unis), des cantons de Buckingham et deLochaber (Canada), d'Itabira et de la province de Minas (Brésil).

La plombagine sert principalement à fabriquer des crayons ; par mélange avec de l'argile, on en fait des creusets réfractaires. Le cambouis est un mélange de graisse et de plombagine employé pour lubrifier les rouages en bois. La plombagine est enfin utilisée pour métalliser en galvanoplastie les objets qui conduisent mal l'électricité et pour noircir les ustensiles en fonte et en fer, les poêles par exemple.

Crayons. — L'Angleterre eut pendant longtemps le monopole de la fabrication des crayons mous pour dessin. Ses mines du Cumberland fournissaient la plombagine nécessaire et l'exportation en était prohibée. L'Allemagne lui fit concurrence; elle réussit à produire artificiellement la plombagine, en laissant refroidir lentement de la fonte saturée de charbon, puis dissolvant le fer au moyen de l'acide chlorhydrique : la plom-

îWi.*

HOUILLE

bagine restait comme résidu. Les crayons se fabriquent maintenant un peu partout, depuis qu'on a découvert des gisements de grapliite dans toutes les parties du monde. Quand on emploie le graphite pur, on se contente de tailler des prismes de cette matière et d'en remplir l'axe creux d'un cylindre de bois, taillé à la machine. Mais lorsqu'on se sert de graphite impur, on en fait une pâte avec de l'argile moulée ensuite sous forme des prismes par compression dans un cylindre de fer; la pâte sort par un orifice rond ou carré, produisant ainsi des baguettes rondes ou carrées. On dessèche ces baguettes, on les calcine et on les introduit dans le cylindre de bois. Cette fabrication, due à Conté, a été perfectionnée par MM. Gilbert et C i0 , de Givet.

On fabrique plus de deux cent millions de crayons par an.

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