I. — POTERIES COMMUNES
Les premières poteries, à l'origine de la civilisation, furent fabriquées avec le limon des fleuves et simplement desséchées au soleil. Les briques, obtenues par ce procédé primitif, abondent dans les ruines de Babylone ; la plupart ont été réduites en poussière par l'effet destructeur du temps. Plus tard, on reconnut que les poteries, soumises à l'action du feu, devenaient très dures et perdaient la propriété de se délayer dans l'eau. Mais le limon, même cuit au four, reste encore poreux et perméable aux liquides. Un autre progrès, beaucoup plus considérable, consista à les recouvrir d'un vernis les rendant imperméables. Ce vernis, appelé aussi glaçwe, émail ou couverte, était d'abord silico-alcalin; le vernis plombifère ne fut découvert que longtemps après, par un potier de Scblcstadt, vers 1283.
POTERIES
Les poteries communes comprennent la fabrication d'un grand nombre d'objets d'un usage courant : briques ordinaires et réfractaires, tuiles, tuyaux, carreaux, pots de fleurs, ustensiles de ménage, vases d'ornementation, statuettes, etc., etc.
La fabrication des poteries communes est fort simple. On mélange intimement de l'argile avec du sable, du silex pyromaque ou de la craie, le tout finement pulvérisé ; on obtient ainsi une pâte plastique, qu'on moule sur le tour à potier, à la main ou avec lamacbine. Les anses, les manches, etc., se font à la main et s'ajoutent ensuite. On laisse sécher lentement, soit au soleil, soit dans une partie peu chauffée du four, puis on imprègne de vernis, s'il y a lieu. Le vernis le plus employé consiste en un mélange d'argile, de sable et de minium, de couleur jaune ; on ajoute de l'oxydule de cuivre pour colorer en vert et du bioxyde de manganèse pour colorer en brun. Ces matières sont finement pulvérisées et mises en suspension dans l'eau. On arrose la poterie avec cette bouillie, ou bien on l'étend avec un pinceau, puis on porte au four en ayant soin de chauffer progressivement pour ne pas produire de fissures. On se sert aujourd'hui des fours annulaires de Frédéric Hoffmann (de Berlin), donnant une cuisson rapide et économique, qui dure une quinzaine d'heures. On laisse refroidir lentement, pendant vingt-quatre heures environ.
Le vernis plombifère a l'inconvénient, dans le cas où on l'applique aux ustensiles de cuisine, d'être attaquable par le vinaigre. Constantin, en 1874, a imaginé des vernis ne possédant plus cet inconvénient : il se sert d'un mélange de silicate de soude, de minium, de quartz ou encore de silicate de soude, de craie, de quartz, de borax et d'acide borique.
Briques. — C'est la poterie la plus simple. Comme matières premières, on emploie le limon, l'argile plastique ou liguline, auxquels on ajoute des schistes argileux finement pulvérisés, de la poussière de charbon (surtout aux Etats-Unis), de l'argile ferrugineuse (Staffordshire, en Angleterre, ce qui donne un produit de qualité spéciale), des cendres de houille, des laitiers de hauts-fourneaux, etc. Le mélange se moule mécaniquement avec