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XI. — MOSAÏQUES

« La mosaïque, écrivait M. Gourlier dans son Rapport sur r Exposition universelle de Londres de 1851, cet art de tous les temps, de toutes les époques, et en quelque sorte de tous les pays, a pour objet de représenter, d'une manière solide et durable, ou de simples compartimenls ou des ornements plus ou moins riches, plus ou moins compliqués, ou des objets de la nature, tels que paysages, fleurs, fruits, édifices, animaux, figures humaines, à peu près dans leurs couleurs propres, et ce. au moyen de pièces de rapport, soit en pierre, marbre ou autres matières minérales naturelles, soit en émail, eu porcelaine ou autres produits de l'art, de formes et dimensions assez petites.

» Ces pièces sont fixées entre elles et sur leur support commun par un stuc ou un ciment et composent en résumé une surface toujours polie, susceptible de former des pavages ou daflagesplus ou moins riches, des revêtements, des tableaux ou autres parties d'ornementation et de décoration à l'extérieur ou à l'intérieur des édifices et sur des ameublements. »

La mosaïque doit être considérée comme l'a ri monumental par excellence. Son origine se perd dans la nuit des temps. On en trouve dans les plus anciens monuments de l'Inde, où cet art a peut-être pris naissance. Les Grecs et les Romains en ont fait un très grand usage ; leurs productions avaient un éclat incomparable. Au moyen âge, la mosaïque se réfugia dans les églises, pour carrelage, dallage et objets de piété, mais c'est surtout aux artistes byzantins qu'on a dû tant de belles et riches incrus-

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tations sur les autels, les jubés des églises de Constautinople, de Grèce et d'Italie ; les plus belles productions, celles que les artistes prennent pour modèles, se trouvent à Florence, à Venise, à Rome, à Ravenne.

A l'heure actuelle, l'Italie tient sans conteste le premier rang dans le monde pour la fabrication des mosaïques. Les mosaïques de Rome sont constituées par des pièces allongées de marbre, des baguettes d'émaux colorés, d'autres matières colorées, le tout lié en une masse compacte. Les émaux, préparés au moyen de cinquante mille teintes différentes, permettent des nuances admirablement dégradées. Ce genre particulier de mosaïque date seulement du commencement du xvn e siècle. A Florence et à Venise, on fait de préférence usage de marbres et de pierres dures : jaspe, quartz, calcédoine, cornaline, agate, lapis-lazuli, cailloux de l'Arno, qu'on cimente sur une table de marbre. A cause de l'inégale dureté de ces diverses pierres, on ne peut polir la mosaïque quand elle est terminée ; on doit polir chaque pierre en particulier et ajuster les surfaces extérieures avec une grande précision.

La France, l'Angleterre et la Russie occupent les premiers rangs après l'Italie. La France possède fort peu de mosaïques anciennes ; Napoléon, au commencement du xix° siècle, créa une école de mosaïque, dont il confia la direction à M. Belloni, élève des plus habiles artistes de Rome et de Florence. Cet artiste a notamment exécuté, au Musée du Louvre, le magnifique tableau en marbre placé devant la niche de la Melpomètie, d'après les dessins de Gérard. L'État a fait exécuter, dans ces dernières années, de belles mosaïques au Panthéon et dans le musée du Louvre.

L'Angleterre sort à peine de la période des essais. Ses fabriques du Derbyshire et du Devonshire utilisent les marbres du pays et le spath fluor qui abonde dans ces contrées. Le placage s'y fait sur des tables de pierre ou d'ardoises.

La manufacture impériale de Peterhof, en Russie, a également fait appel à des artistes italiens. Un Français, M. Joffriaud, a dirigé à Saint-Pétersbourg une manufacture de mosaïque,

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