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5 septembre 1638.
M. le marquis de Praslin, ayant plu à Dieu d'ajouster à une infinité de grâces et de bénédictions qu'il a répandues depuis mon avènement à la couronne sur ma personne et sur mon estât, celle de la naissance d'un fils que sa divine bonté a accordé à mes vœux et ceux de tous mes subjects et alliez et je puis dire de tous les autres qui ayment le repos et la tranquillité publique de l'Europe, je me recognois si estroitement obligé de luy e)i rendre mes actions de grâces et de convier mon peuple à en tesraoigner la i-ecognoissance envers la Providence et les ressentimens de joye que je scay qu'il en aura avec moy, qu'au mesme temps que cette grâce m'arrive et que je commence à m'acquitter moy mesme de mon debvoir, j'ay bien voulu vous envoyer en diligence cette depesche que je vous fais exprès pour vous donner part d'une si grande et heureuse nouvelle et par vostre moyen à tous mes subjects de l'estendue de vostre cliarge, afin que vous et eulx apportiez en ceste occasion toutes les solennités et marques de debvoir envers Dieu et de réjouissance générale que je crois me pouvoir asseurément promettre de tous en particulier assistans au Te I)eum que j'entends estre solennellement chanté en toutes les Eglizes de mon royaume et lieux de mon obéissance, faisans des feux de joye et toutes autres démonstrations d'une satisfaction publique. A quoy vous aurez principalement à tenir la main ainsy qu'il est de vostre charge. Cependant je prie Dieu qu'il vous ait, M. le marquis de
SUPPLÉMENT A L'APPENDICE DU TOME 11, o81
Praslin, en sa sainte garde. Escrit à S'-Germain-en-Laye le cinquième jour de septembre 1638.
Signé : LOUIS.
Contresigné : BOUTHILLIER.
29 oct. 1638.
Monsieur le marquis de Praslain, le mécontentement que j'ay du mauvais ordre que vous avez laissé s'introduire dans ma cavalerie pendant cette campagne me donne sujet de vous faire cette lettre pour vous dire que voulant que vous répariez la faute que vous avez commise en chose si importante avant que de me voir, j'entendz que vous vous retiriez chez vous à la campagne au partir de l'armée où vous estes jusqu'à ce que vous jugiez qu'il soit nécessaire que vous alliez es quartiers de ma cavalerie en Champagne et aux provinces voisines pour obliger tous les chefs et officiers à rendre les compagnies complettes et en bon estât de servir, à les discipliner et faire vivre en bon ordre et police suivant mes règlements et ordonnances concernant la subsistance de mes troupes, et la cavalerie en particulier, et à me donner autant de satisfaction de leur conduite à l'adveuir que j'en ay eu peu en ceste année, voulant que vous visitiez incessamment lesd. quartiers et que vous aporticz tout ce qui dépend de l'autorité de votre charge et de vos soins powr l'efïect de mon intention. C'est ce que vous aurez à faire pour me donner occasion d'oublier votre procédé passé. Et m'assurant que vous y satisferez, je prie Dieu ((u'il vous ayt, M. le marquis de Praslain, en sa sainte garde.
Escrit à Saint-Germain-en-Laye, le xxix'' octobre 1638.
Signé : LOUIS.
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3 juin 1G3<).
A])bcville,
Moiisicnir, le Roy désirant esiro eschiircy pirfuiliMiu'iit de tout oc (jui s'est passé au coiub;!! de Thioavillc. m'a foiiiuiaïulé de vous escrire à ce (pie vous me mandiez ceux de la cavalerie (pii n"<)nt |tas fait leur devoir
im SUPPLEMENT A L'AJ'PI^NDICK \)V TOMK II.
(lislinguaiit noiiiiiiriiinit 1rs ofliricrs ([tii aiiroiif rcfiisi'; de combattre, et ceux qui s'en scr(3nt enfuis lasclicinonl. Je m'assure que vous n'y manquerez pas, ])uis(iu'il y va du s(;rvice de Sa Majesté et de votre luumeur dojil je désire la conservation, comme estant, Monsieur, votre très alTectioiuié à vous rendre service.
Le Card. de lUCliKLIliU.
5 septembre 1639.
Monsieur, je a'Ous fais celle lettre pour vous dire que les diverses plaintes que le Roy a eues des grands désordres qui ont esté jusques icy dans ses armées l'ayant fait résoudre à tascher par tous moyens d'y apporter la règle qui est nécessaire, j'ay estimé vous devoir prier, connue je fais, de faire fout ce qui est en vous à ce que la cavalerie vive à l'avenir avec plus de police et d'obéissance qu'elle n'a fait par le passé. Vous recevrez cette pièce et cet avis comme d'une personne qui vous ayme et qui en use de la sorte avec vous sur la cognoissance qu'elle a que vous n'estes pas si dévot et si sainct que vous ne le puissiez estre davantage pour donner si bon exemple à ceux qui sont sous vôstre charge que votre conduite leur soit une exhortation perpétuelle à faire leur devoir. Quand vous suivrez le conseil de vos amis en ce point, j'ose vous assurer que vous vous en trouverez bien, et sans cela je craindrais en vérité que n'ayant pas la bénédiction du Ciel, vous n'eussiez pas celle de la ferre.
Le Roy a tant de desplaisir de scavoir que foute sa cavalerie n'est pas armée comme elle le doit estre qu'il a résolu de ne recevoir l'année qui vient aucune personne à estre enroollée qui n'ayt des armes, et pour cette année de faire chasfier ceux qui en auront reçue dans celte campagne et qui ne les auront pas à leur montre, n'ayant fait aucun voiage auquel ils ayent pu les perdre par autre voye que par pure négligence. Je vous prie de tenir la main à l'exécution de la volonté du Roy, et afin que je lui puisse rendre un compte fidèle de votre diligence, vous m'envoyerez, s'il vous plaist, un controollc de toute la cavalerie qui est sous votre charge, la force de chaque compagnie. Testât auquel elle est, c'est à dire si elle est armée ou non, et comme les cavaliers sont montés. Ce qu'en attendant, je vous asseureray que je suis véritablement,
Monsieur, votre très affectionné à vous rendre service.
Le Card. de RICHELIEU.
De Saint-Quentin, 5 septembre.
SUPPLEMENT A L'APPENDICE DU TOME II. o83
14 décembre 1639.
Le Roy voulant être asseuré de la force des troupes de cavalerie de son armée de Champagne commandée par le S"" M*' de Chastillon, et pourvoir de bonne heure à les faire remettre en estât de servir pour la campagne prochaine, Sa Majesté a jugé à propos d'envoyer en lad. province de Champagne le sieur marquis de Praslin, maréchal de ses camps et armées, l'un de ses lieutenants généraux en lad. province et maréchal de camp général de la cavalerie légère pour travailler à cette fin soubz les ordres dud. s"" M^' comme ayant auttorité dans la cavallerie, et Sa Majesté se confiant particulièrement en luy, et pour l'informer de ses intentions, lui a fait donner la présente instruction.
Led. sieur marquis de Praslain saura que Sa Majesté a mandé aud. s'' M^^ de faire venir vefs luy tous les maréchaux de cavallerie et d'infanterie de lad. armée pour résoudre avec eux ce qui sera à faire pour le restablissement de leurs troupes, et que, comme led. s' M"' ne terminera peut-être pas cette affaire avant que de partir de la province, et que Sa Majesté désire qu'il y travaille soubz luy et en prenne tout le soin en son absence. Elle lui ordonne de faire d'exactes revues de toutes les compagnies de cavalerie de lad. armée de Champagne en quelque lieu qu'elles soyent logées, de voir comment les hommes de chacune sont montez, armez et en estât de servir, et d'en faire dresser un roollc dont il gardera coppie par devers luy pour y avoir recours quand besoin sera. Par ce moyen il sçaura certainement ce (jui manquera en chaque compagnie pour la rendre complette de quatre vingts maistres, les chefs et officiers compris, qui est le nombre auquel S. Majesté entend qu'elles soyent, et ensuitte fera un estât de ce qu'il faudra payer à chaqjie cappitaine pour lui doiuier moyen de lever les honunes ([u'il faudra qu'il fasse do recrues pour avoir led. nom])re à raison île cent cinciuanle livres i»ar chevau léger, et sur l'advis (|u'il on doiuiora à S. M'"' . Elle fera aussy tost pourvoir au fonds desd. recrues par le soin du sieur de Grèmonville, intendant de la justice et finances en lad. armée, avec lequel il tiendra particulière correspondance sur toute cette affaire, S. M'<5 l'ayant au mesme temps chargé de s'employer pour le restablissement de l'infanterie de lad . armée.
Cependant led. sieur marquis de Praslain tirera promesse de chacun maréoliul de canq) do cavallerie de lad. armée do roudro les conq^agnios de son réginicnl couq)lelles dud. nombre do quatre vingts maistres dans le dernier du mois de mars priichain, et de les mener dans le scr-
o84 SUPPLKMRNT A 1/ APPENDICE DU TOME II
vico à la campagne à ce iHiuilirc, si; .soiihiiM'droiil fii cas (|iril y iiiaïKHie (|iicli|ii('S cavalliers à la |irciiii»"T(' iiioiisfre (|iii sera payée aux troupes de rarniéc où ils serviront de rendre le double de ce qui leiu- aura esté payé pour les gens qui leur défaudront.
Sa Majesté fera payer pendant le quartier d'hiver les compagnies pour le nond)re effectif auquel elles seront, <;t lurscjue les recrues entreront es quartiers des troupes, ce qui sera au plus tard aud. jour dernier mars, Elle fera aussy payer la subsistance des lionunes dont losd. compagnies seront effectivement fortifiées.
Sa Majesté recommande aud . S"" niar([uis de Prasluin (rciiipesclier tous abus aux reveues desd. troupes, et de ])rcndr(î un soin tout particulier de tout ce qu'il verra estre à faire poiu' les faire rendre conq)Iettes, I)icn armées, et en bon estât de servir, et pour les bien discipliner et policer, en al tendant qu'elles ayent ordre de marcher à la campagne, à quoy il fault préparer pour l'année prochaine plus tost encore qu'il n'a esté fait es autres années .
Fait à Saint-Germain-en-Laye, le 14* décembre 1639.