CHAPITRE X
Les Soung (suite).
DÈS son avènement, le nouvel empereur s'empressa d'envoyer Li Ye au roi des Kin pour lui offrir son amitié; à King Youen fou, Li Ye rencontra Oua Li-pou qui, lorsqu'il eut connu l'objet de sa mission, se préparait à retourner sur ses pas, lorsque le traître Kouo Yo-se, connaissant le triste état des affaires de la Chine, détermina le général Kin à poursuivre sa campagne vers Siang Tcheou et Siouen Tcheou (district de Tai Ming, TcheLi) qui furent pris. Les troupes chinoises qui défendaient le Houang Ho se débandèrent ; les Kin traversèrent le fleuve Jaune sans difficulté et capturèrent Houa Tcheou (1126).
Dans ce danger extrême, l'emipereur Houei Tsoung, sur le conseil de son fils, quitta K'ai Foung et se retira au Kiang Nan, d'abord à Po Tcheou, puis à Tchen Kiang. Li Kang, à la tête des troupes de K'ai Foung, repoussa l'attaque des Kin qui furent obligés de se retirer. Néanmoins l'empereur trop faible résolut d'accorder à l'ennemi ce qu'il demanderait et, au lieu de l'énergique Li Kang, il dépêcha le pusillanime Li Tchu à Oua Li-pou pour traiter des conditions de la paix. Le général Kin répondit : « Si votre maître veut avoir la paix avec nous, il faut qu'il nous donne 500.000 taëls d'or, 50.000.000 de taels d'argent, 10.000 bœufs ou chevaux, et un million de pièces de soie; il faut encore qu'il ait pour notre empereur le même respect qu'un frère doit avoir pour son aîné, et qu'il lui donne cette qualité; les Chinois nous renverront tous ceux des pays de Yen et de Yun, qui sont dans leurs états, et ils nous céderont les pays de Tchoung Chan, de T'ai Youen, de Ho Kien; nous exigeons encore que votre maître nous donne un de ses ministres et un des princes du premier ordre, pour nous
conduire au delà du Houang Ho; s'il accepte la paix à ces conditions, aussitôt je m'en retourne » ^
Malgré les efforts de Li Kang, Li Pang-yen et quelques autres firent accepter ces honteuses conditions par l'empereur qui envoya en otages Tchang Pang-tch'ang et K'ang Wang, neuvième fils de Houei Tsoung. Entre-temps, un officier, nommé Tchoung Se-tao, apprenant le danger que courait K'ai Foung, rassembla des troupes et s'avança au-devant des Kin qui, effrayés, levèrent leur camp pendant la nuit. Des troupes fraîches arrivaient continuellement au secours de la ville, ce qui n'empêchait pas les Kin, connaissant la couardise de leur adversaire, d'augmenter leurs prétentions. Yao Ping-tch'oung, qui avait amené des troupes de renfort, attaqua sans ordre et se fit battre par 1 les Kin. Quoique furieux d'avoir été attaqué pendant que se poursuivaient les négociations de paix, Oua Li-pou comprit qu'il lui serait difficile de prendre K'ai Foung de vive force, et se contentant des avantages qu'il avait arrachés à la faiblesse de l'empereur, il se retira vers le nord (1126).
Pendant ce temps, Niyamoho, abandonnant le siège de T'ai Youen trop bien défendu par Tchang Hiao-chun, descendit vers le midi et s'empara du Loung Te fou (Lou Ngan fou, Chan Si). Irritation contre Li Pang-yen, auteur de toute cette honte; il est disgracié et, inconsidérément, K'in Tsoung révoque les clauses du traité qu'il avait juré, les Kin poursuivant la guerre malgré leur parole, en particulier ce qui concernait T'ai Youen, Tchoung Chan et Ho Kien. Il envoie Tchoung Se-tchang pour défendre ces deux dernières villes et Yao kou au secours de T'ai Youen. Yao kou passe le Houang Ho et reprend Loung Te-fou, tandis que Oua Li-pou accueilli à coups de flèches du côté de Tchoung Chan et de Ho Kien regagne la Tartane.
« K'in Tsoung attribuant le mauvais état du gouvernement aux changements que Wang Xgan-che y avait introduits sous le règne de Chen Tsoung, les abolit entièrement et ordonna qu'on s'en tint aux anciens règlements. Il voulut de plus qu'on retirât du Miao de Confucius le portrait de