I. Mailla, VIII, pp
Tsoiing, échappa seul à la capture de la famille impériale par les Kin. Tcliang Pang-tch'ang, proclamé malgré lui par l'ennemi empereur de Ta Tchou, agissant avec la plus entière loyauté, rappela l'impératrice Moung Che et avertit K'ang Wang à Tsi Tcheou, qu'il était attendu pour remplacer sur le trône les souverains Soung emmenés en captivité; Tsoung Tseu et Liu Hao-wen joignirent leurs instances aux siennes; K'ang Wang n'y céda que sur l'ordre de l'impératrice.
Ayant quitté Tsi Tcheou, K'ang Wang se rendit à Ying Tien fou (Nan King), où il fut rejoint par Tchang Pangtch'ang et un grand nombre d'officiers de province; le premier jour de la cinquième lune, il était élu empereur et il proclamait une amnistie générale dont furent exceptés Ts'ai King, T'oung Kouan, Tcliou Mien et Li Yen, qui par leurs duperies avaient conduit Houei Tsoung et la dynastie à la ruine. Tchang Pang-tch'ang fut récompensé de sa conduite en étant créé Prince de Toung Xgan, avec la permission de ne venir au palais que deux fois par mois.
« Lorsque Niyamoho regagna la Tartarie, il laissa Yin Tchou-kou avec dix mille hommes pour la garde de T'ai Youen ; il envoya Chao ho camper à Tcheng Ting, et Leou Che faire le siège de Ho Tchoung; il fit venir Mongko pour s'emparer de Tseu-siang et de Po haï; Tadalouyé faisait alors le siège de Ho Kien; le nouvel empereur qui voulait conserver cette dernière ville, chargea ]\Ia Tchoung et Tchang Houan de la secourir. Ces deux officiers rassemblèrent environ 10.000 hommes; mais en dégarnissant quelques places, ils donnèrent moyen à Leou Che qui commandait un gros corps de Tartares, de prendre Ho Tchoung fou, Hiaï-Tcheou, Kiang Tcheou, Tseu Tcheou et Chi Tcheou.
» Q uand le général Oua Li-pou apprit que les Chinois avaient mis Kao Tsoung sur le trône, il proposa de renvoyer l'ancien empereur Houei Tsoung, et de faire ensuite la paix avec la Chine; mais Niyamoho qui s'était emparé de toute l'autorité, et qui agissait en maître, ne voulut point
y consentir. L'opposition de ce Tartare et la mort qui enleva alors Oua Li-pou firent s'évanouir ce projet 1. »
Kao Tsoung prit comme ministre Li Kang, qui accepta ces hautes fonctions malgré lui et s'occupa immédiatement de la réorganisation de l'armée et de la construction de chariots de guerre ; il est intéressant de noter en quoi consistaient ces engins :
« Les provinces orientales et occidentales de la Cour furent chargées de les construire sur le modèle de ceux que Tchang Hing-tchoung avait inventés sous l'empereur Wou Ti, de la dynastie des Tsin postérieurs. Ils étaient à quatre roues, et avaient sur le devant deux traversiers, auxquels étaient attelés les chevaux, et sur lesquels on plaçait les arcs et les flèches; quatre hommes placés près des traversiers servaient de conducteurs. Le pourtour du char était garni dans la partie supérieure de boucliers, qui mettaient à couvert la tête et la moitié du corps des soldats ; des plaques de fer défendaient les pieds et le reste du corps; enfin sur les côtés étaient des chaînes de fer : chacun de ces chars pouvait contenir vingt-quatre combattants, qui avaient assez d'espace pour manœuvrer sans gêne; les uns étaient armés d'arcs et de flèches, les autres de longues piques ou hallebardes et de demi-lances. Ces chars eu formant un rang dans un combat, soutenaient à merveille la cavalerie et l'infanterie ; ils avaient encore l'avantage dans un campement de mettre à couvert une armée, comme si elle avait été dans une place fortifiée « ^.
Kao Tsoung avertit de son avènement au trône son père, Houei Tsoung, qui s'en montra fort heureux; il eut aussi des nouvelles de sa femme Hing Che. Li Kang, malgré sa valeur, desservi par Houang Tsien-chen et Wang Pe-yen, se retira après soixante-dix-sept jours de ministère. Sur le conseil de ces deux intrigants et malgré l'avis de Tsoung Tseu, qui commandait à K'ai Foung, l'empereur à la 10^ lune de 1127 transféra sa Cour de YingTien à Yang Tcheou.