‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 108 sur 265 · Mailla, VIII, p · texte numérisé non relu

Mailla, VIII, p

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Youen qui frit défait et obligé de se replier sur Jao Foung kouan, tandis que le commandant de la région faisait appel à W'ou Kiai, qui arriva immédiatement, mais ne put empêcher, malgré son intrépidité, les Kin de forcer la passe ; en conséquence, il se retira pour garder Si Hien pendant que Lieou Tseu-yu se retirait à San ts'iouen hien (1133). Les Tartares s'emparèrent de Hing Youen (Yang Hien) et s'avancèrent vers le Se Tch'ouan où Lieou Tseu-yu n'avait que 300 hommes à leur opposer ! Mais Wou Kiai accourut le rejoindre, mit les Tartares en fuite dans une série d'heureux combats et seul Saliho avec quelques cavaliers purent échapper au désastre. Wou Kiai, prévoyant de la part des Kin une nouvelle et formidable attaque, abandonna Ho chang Youen difficile à défendre et construisit, plus près du Se Tch'ouan, une autre forteresse qu'il appela Cha kin ping et en confia la garde à sonfiilsWou Lin (i 133). Ses prévisions se réalisèrent : en effet, à la 3® lune de 1134, Wou Tchou, Saliho et Lieou Koue, favori de Lieou Yu, qui devait apprendre aux Tartares la manière des Chinois de combattre dans les montagnes, avec une armée de cent mille hommes, s'emparèrent de Ho Chang youen et de la forteresse de Hien Jen kouan (forteresse des Immortels, territoire de Foung Hien) et s'ouvrirent un chemin à travers les bois du Tieï Chan. Wou Lin fut attaqué à l'est par Wou Tchou, et à l'ouest par Han Tchang, mais Wou Kiai venu à la rescousse mit les Tartares en fuite.

D'un autre côté, le célèbre Yo Fei, originaire de T'ang yin hien, sous-préfecture de Tchang Te (Ho Nan), ayant rétabli l'ordre troublé par les rebelles dans les provinces de Kiang Si et de Kiang Nan, se prépara à reprendre Siang Yang, qui s'était déclaré pour Lieou Yu. Yo Fei ayant passé le Kiang, prit Ying Tcheou défendu par le présomptueux King Tchao qui, voyant la position désespérée, se jeta du haut des murailles de la ville, et s'avança vers Siang Yang qui se rendit, lorsque dans une bataille rangée sur les bords de la rivière Siang Kiang, Li Tcheng, général des troupes de Lieou Yu eût été écrasé; une nouvelle victoire à Sin Ye compléta la déroute des adversaires de Yo Fei; celui-ci lit

rentrer sous l'obéissance de l'empereur, Soueï Tcheou, Tang Tcheou, Teng Tcheou, Sin Yang Kiun et tout le pays de Siang hani. Ou k'i mai, qui ne désirait pas abandonner Lieou Yu, qui lui était utile, se hâta de lui fournir 50.000 hommes des troupes chinoises du Po Hai, commandées par Olito et Talan, avec une avant-garde dirigée par W'ou Tchou ; l'armée de Lieou Yu avait pour chefs Lieou Lin, son fils, et Lieou Yi, son neveu. La cavalerie alla attaquer Tchou Tcheou (Houai Ngan fou), tandis que l'infanterie devait assiéger Tcheng Tcheou ^.

Ce fut au général Han Che-tchoung que l'empereur con^a le soin d'arrêter l'invasion des Kin; envoyé à Yang Tcheou, il divisa son armée en deux corps : l'un destiné à défendre Tcheng Tcheou contre l'infanterie des Kin; avec le second, composé de cavalerie, il alla camper à Ta Yi. Puis, il fit courir le bruit qu'il se rendait à Ping Kiang : les Kin tombèrent dans le panneau : « Han Che-tchoung avait détaché de son armée vingt pelotons qu'il avait mis en embuscade en vingt endroits différents, avec ordre de donner sur les ennemis lorsqu'ils entendraient battre ses tambours. Tabouyé, un des généraux kin, commandait leurs cuirassiers qu'il avait divisés en cinq brigades. C'était l'élite de leur armée, et Hou Che-tchoung visait principalement à les enlever. Lorsque ces brigades débouchèrent près du lieu où la cavalerie impériale était en embuscade, Han Che-tchoung leva lui-même un étendard, et au bruit effroyable de ses tambours les Chinois sortirent tout à coup, et donnèrent si vivement sur ces cuirassiers, qu'ils y mirent du désordre ; ensuite Han Che-tchoung fit avancer deux corps de troupes, les uns portant de grands crochets pour tirer ces cuirassiers de dessus leurs chevaux, et les autres armés de longs coutelas destinés à couper les pieds des chevaux. Ces instruments meurtriers firent une terrible destruction d'hommes et de chevaux : Tabouyé et environ deux à trois cents hommes furent faits prisonniers » ^.

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