‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 13 sur 265 · I. Maill.^, VII, p · texte numérisé non relu

I. Maill.^, VII, p

une flotte, qu'il confia à Wang Houan qui remporta la victoire après une bataille de trois jours et força l'adversaire à demander une paix qui lui fut accordée; Wang Houan faisant remarquer à Ma Yin qu'il était bon de ménager Kao Ki-hing qui, par la situation de ses possessions, pouvait servir d'état tampon entre Tchou d'une part, Wou, Chou et l'empire d'une autre. Ma Yin approuva la conduite de son général. Cependant le prince de Wou envoyait sa flotte sous le commandement de MiAO Lin et de Wang Yen-tchang pour s'emparer de Yo Tcheou appartenant à Ma Yin ; ce dernier fait marcher contre eux Hiun Té-hiun qui se poste près du lac Kio Tseu et envoie de nuit Wang Houan à Yang Lin pour couper la route aux ennemis. Miao Lin et Wang Yen-tchang battus sont faits prisonniers et leurs barques sont coulées ; Ma Yin généreusement remet en liberté sans rançon les généraux ennemis et accorde la paix à Tchou.

La paix était à peine assurée dans le sud, que la guerre recommençait dans le nord. Wang Tou qui, depuis plus de dix ans, commandait à Yi Wou et se considérait comme indépendant, vit son autorité amoindrie par Ngan Tchounghouei lorsqu'il prit la direction des affaires. Craignant peut-être d'être déplacé, voyant une menace dans l'envoi que faisait l'empereur de troupes contre les K'i Tan qui pillaient les provinces frontières, il songea à se révolter et, dans ce but, il chercha à mettre dans ses intérêts Wang Yen-kieou, sans succès d'ailleurs; au contraire, celui-ci dévoila à la cour la conduite de Wang Tou qui avait voulu le faire assassiner après sa maladroite démarche et reçut l'ordre de marcher contre le rebelle qui appela les K'i Tan à son secours; ces derniers envoyèrent to,ooo cavaliers avec leur chef Tou Lei qui obligea Wang Yen-kieou à. lever le siège de Ting Tcheou et à se retirer dans Ku Yang. A son tour Wang Tou se fait battre par Wang Yen-kieou qui reprend le siège de Ting Tcheou. Attaqué à la fois par Tou Lei et Wang Tou, Wang Yen-kieou les écrase et les met en fuite, tandis que leur déroute est achevée par Tchao Te-kiun, gouverneur de Lou Loung. Toutefois Wang

Yen-kieou échoue dans son attaque contre Ting Tcheou dont la garnison avait été renforcée par une partie des troupes dispersées de Wang Tou.

Une troisième fois, les K'i Tan, sous les ordres de Ti Yin attaquent Wang Yen-kieou devant Ting Tcheou ; une fois encore ils sont battus et poursuivis jusqu'à Yi Tcheou où un officier de Tchao Te-kiun achève leur défaite (928). Wang Yen-kieou établissait le blocus de Ting Tcheou oiî étaient enfermés Wang Tou et Tou Lei; ceux-ci échouent dans une sortie ; considérant la situation comme désespérée, un des assiégés ouvre les portes aux troupes impériales; Wang Tou met le feu à la maison dans laquelle il s'était enfermé et périt dans les flammes, tandis que Tou Lei, fait prisonnier, est envoyé à Ta Leang où il est mis à mort. Wang Yen-kieou n'avait pas perdu un seul de ses soldats (929).

Kao Ki-hing étant mort en 928, fut remplacé par son fils aîné, Kao Ts'oung-houei qui, après s'être placé sous la protection du prince de \\'ou, crut plus prudent de se soumettre à l'empereur, par l'intermédiaire de Ma Yin, prince de Tchou ; celui-ci obtint pour lui les provisions de gouverneur de King Nan avec les privilèges dont avait joui son père.

« Ming Tsoung, nous dit le T'oung Kien Kang Mou ^ était un très bon prince; quoiqu'il eût fait toute sa vie la guerre, il aimait cependant la paix: et si Ngan Tch'ounghouei, son ministre, lui avait ressemblé, son règne aurait été très pacifique; mais ce ministre, qui s'était emparé de toute l'autorité, était sévère, hautain et soupçonneux. Un homme de ce caractère ne pouvait manquer de faire des mécontents. »

Jaloux de toute supériorité, Ngan Tch'oung-houei, redoutant l'influence que pouvait exercer sur l'empereur, par sa connaissance de la langue des Tartares, Kang Fou, ancien gouverneur de Tseu Tcheou, le fit éloigner en le faisant nommer gouverneur de Sou Fang (Ning Hia), c'està-dire à la frontière des Barbares. Kang Fou attaqué à

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