D'OhSSON, I, p. 2^Q
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appris le sac de Kayi, il s'enfuit au Ohilan, puis au Mazenderân, et enfin, toujours poursuivi, il se réfugia dans l'île d'Abeskoun,, dans la mer Caspienne; mais atteint d'une pleurésie, il mourut après avoir rédigé lui-même des décrets qui furent tous approuvés par Djelal ed-Din, plus tard; le malheureux prince fut inhumé dans l'île (1220).
Avant sa mort, Mohammed avait réuni dans l'île ses trois fils Djelal ed-Din, Azlagh Chah, proclamé héritier pour complaire à la Tour kan Khâtoun et Aq Chah, et désigné le premier pour son successeur, comme le seul capable de raffermir son empire. Azlàgh Chah complota de se saisir de son frère, mais Djelal ed-Din prévenu, partit avec trois cents cavaliers, commandés par Damar Malik, traversa le désert qui sépare le Khwarezm du Khorasân et gagna la \ille de Nesa (février 122 1). Les frères ennemis Azlâgh Cliâh et Aq Chah périrent peu après dans une bataille contre les Mongols, près du château Kharendez, à Nesa. Cependant Djelal ed-Din ayant défait les Tartares atteignit Nichapour. Mais l'armée mongole avançait vers Ourghandj, en arabe Djordjanieh, la principale ville du Khwarezm appelée par d'Ohsson Keurcandje, sur les deux rives de l'ancien cours de l'Oxus, dans le pays connu aujourd'hui sous le nom de Khi va : la désunion entre Djoutchi et Djagataï retarda pendant un siège de plusieurs mois la prise de cette ville qui fut signalée par une série d'atrocités : les artisans ayant été expédiés en Tartarie par Djoutchi, le reste de la population fut massacré à l'exception des femmes et des enfants. De son côté Tchinguiz Khan emporte d'assaut au bout de dix jours, Termed sur la rive nord de l'Oxus et détruit tous les habitants, puis il soumet le Badakhchan. Touloui ravage le Khorasân, achevant l'œuvTc de dévastation de Tchebe et de Souboutaï. La grande et belle ville de Balkh est anéantie. Le commandant mongol ayant été tué à Thous, la majeure partie des habitants est mise à mort et les remparts démolis. La ville de Nesa est prise et mise à sac par Togatchar (Tildjar-Nouyen), gendre de Tchinguiz Khan, qui échoue et est tué devant Nichapour (nov. 1220). En février 122 1,
Merv est pillée et sa citadelle et ses remparts sont rasés par Touloui. On aura une idée des scènes d'horreur de cette barbare campagne lorsque les historiens comptent près de 700,000 victimes autour de Merv, transformée en désert. Satisfait de son œuvre, Touloui marche sur Nichapour pour venger son beau-frère Togatchar ; il refuse toute capitulation, force la ville de Sapor dans laquelle il pénètre avec la veuve de Togathar qui présida à la vengeance : <i Le carnage dura quatre jours; on tua jusqu'aux chiens et aux chats. Touloui avait entendu dire que dans le sac de Merv, beaucoup d'habitants avaient sauvé leur vie en se couchant parmi les morts; il ordonna que l'on coupât la tête à toutes les victimes de sa fureur. On en construisit des pyramides, où furent séparément entassées les têtes des hommes, celles des femmes, celles des enfants. La destruction de la ville dura quinze jours; elle disparut; on sema de l'orge sur son emplacement. Il ne resta de sa population que quatre cents artisans, qui furent transportés dans le nord; mais quelques malheureux pouvaient s'être soustraits au carnage en se cachant sous la terre; le prince mongol laissa des soldats pour égorger les habitants qui, après le départ de l'armée, sortiraient de leurs retraites. Il en périt un grand nombre dans les caveaux où ils s'étaient réfugiés. » ^
Dans leur conduite les Mongols combinaient le pillage, la cruauté, la destruction sans but; tout indique la barbarie, aucun mobile noble; c'est le plaisir de tuer, l'amour du massacre. Sans raison, on les voit en se rendant pour saccager Thous, détruire le tombeau du fameux khahfe Haroun er-Raschid et celui d'ALi er-Razi, descendant d'ALi, vénéré des Chiites. Hérat était la seule ville importante du Khorasân qui n'eut pas encore été conquise par les Barbares qui ravagèrent le Kouhistan en s'y rendant. Touloui s'attendait à la reddition de la ville, mais le gouverneur se défendit énergiquement, fut tué en faisant bravement son devoir; le conquérant, furieux, occupa la ville où il ût mettre à mort 12,000 partisans de Djelal ed-Din, installa