I. Gaubil, pp
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trente personnes. L'tmpcreur des Kin n'en fit aucune justice. Soubôutaï avertit l'empereur son maître de ces attentats, et ne doutant pas qu'il ne reçut de nouveaux ordres pour continuer la guerre, il fit pour cela tous les préparatifs nécessaires.
» L'empereur Ogotaï apprit presque en même temps que les Coréens avaient massacré les officiers mongous. Ce prince envoya une armée pour les punir, et donna ordre à Soubôutaï de continuer la guerre dans le Ho Nan. Le même ordre fut donné à Che T'ien-tseu et aux autres généraux ».
Toutes les troupes kin furent appelées au secours de la capitale menacée : Wou Chan, réfugié à Nan Yang fou, après le désastre de San Foung, (Juanien Celé, gouverneur de Teng Tcheou, Ouanien Khoucakhou, gouverneur de Koung Tch'ang fou (Chen Si) se mirent en route avec leurs troupes, mais ayant rencontré les Mongols, ils se débandèrent tandis que le général Tchiga Katsika, envoyé de Pien King au devant d'eux, apprenant leur retraite, rentra dans la capitale. Le dernier espoir des Kin s'envolait.
L'empereur ayant remis la défense de la ville à Saxiabou, laissant les impératrices et la famille impériale, par une pluie torrentielle, avec sept cavaliers seulement, prit la route de l'est pour tenter un effort désespéré au nord du Fleuve Jaune dans l'espérance de créer une diversion. Le jour même de son départ était arrivé de Koung Tch'ang fou, le général Khoucakhou qui apprit à l'infortuné monarque que toute la région à l'ouest de la capitale était dé\'astée ; en février 1233, Ngai Tsoung passa le fleuve mais ses troupes, arrêtées par le mauvais temps sur la rive méridionale, furent écrasées par deux corps mongols, dépêchés par Soubôutaï.
Un nouveau désastre allait frapper les Kin : Bakssan avait été chargé par Ngai Tsoung de s'emparer de Wei Tcheou, mais le général Che T'ien-tseu avec les troupes du Tche Li et du Chan Toung arriva au secours de la place, écrasa Bakssan près du couvent de Pe Koung mio. L'empereur prévenu de ce nouveau revers et accompagné du général Khorko et d'une demi-douzaine d'officiers, repassa
le Houang Ho et se rendit à Koue Te fou, tandis que ses troupes apprenant sa fuite se dispersaient.
Informé du départ de l'empereur kin, Souboutaï investit Pien King une seconde fois; le blocus est resserré. Pour comble de malheur, la révolution éclate dans la ville : Ts'ouei Li, commandant la partie occidentale de la capitale, s'empare du pouvoir; il fait tuer le gouverneur Ouanien Saniabou et d'autres hauts dignitaires, fait reconnaître comme régent le prince Ouanien Tsoung-ko alors à, l'armée du Nord qui rentre à Pien King. Ts'ouei Li se déclara premier ministre, nomme un de ses frères gouverneur de la ville, un autre commandant du Palais impérial, qu'il occupe, fait sa soumission à Souboutaï, relègue le régent et les membres de la famille impériale dans divers palais, s'empare des femmes et des filles des seigneurs qui avaient quitté la ville, réquisitionne l'or et l'argent, fait périr un grand nombre d'habitants pour avoir caché leurs richesses. En outre il presse l'empereur de se rendre et fait conduire à Ts'ing Tch'eng, à la porte de Pien King où se trouvait Souboutaï, après les avoir dépouillés, les impératrices, les princes, ainsi qu'un descendant de Confucius, Koung Youen-tso, des lettrés et une foule d'autres personnages. L'impito^/able Souboutaï fit massacrer les princes, tandis que les princesses furent conduites àKaraKoroum.Le chef mongol entra alors à Pien King, reçu à la porte par Ts'oueï Li qui le mena au Palais, pendant que les soldats mongols pillaient la résidence du traître et enlevaient ses femmes. Souboutaï avertit Ogotaï de la chute de la capitale des Soung et lui demanda l'autorisation de livrer la ville au pillage, suivant la tradition de Tchinguiz Khan qui faisait saccager toute place qui ne se rendait pas à la première sommation. Grâce aux conseils du sage Ye-liu Tch'ou-ts'ai, qui fit ressortir l'intérêt de conserver la population d'une ville qui renfermait nombre d'artistes et d'habiles artisans, Ogotaï s'opposa à la cruelle mesure proposée par son lieutenant, mais il autorisa le massacre des membres de la famille impériale, portant le nom de Ouanien. Il restait, paraît-il, à Pien King, 1.400.000 familles.
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L'empereur kin en arrivant à Koue Te fou fit mettre à mort 1ê malheureux Bakssan à cause de ses revers. Un autre général, Koutcha Kouan nou, après avoir fait tuer le premier irjnistre Li Tsi, le gouverneur de la ville et environ trois cents mandarins, s'empare du pouvoir. Kouan nou réussit à faire lever le siège de P'o Tcheou au général mongol dont il incendia le camp. En rentrant à Koue Te fou, il s'empara des rênes du gouvernement, ne laissant aucun pouvoir à l'empereur qui le fait assassiner et transfère sa capitale à Tsai Tcheou au sud du Ho Nan, pour être à proximité de l'armée de 70.000 hommes, commandée parWou Chan. Toutefois ce dernier ne tarda pas à être attaqué par l'empereur Soung Li Tsoung auquel l'année précédente, Ogotaï avait envové une ambassade pour lui proposer une alliance contre les Kin : Li Tsoung avait accepté cette offre à la condition que le Ho Nan lui serait donné après la chute des Ivin (janvier 1233). Le général Meng Koung qui commandait l'armée Soung, bat Wou Chan près des monts Ma teng, s'empare de neuf forts dans les montagnes, de la ville frontière de Teng Tcheou et rentre à Siang Yang fou dans le Hou Kouang.
Ngai Tsoung arrivé à Tsai Tcheou, mit à la tête des affaires Ouanien Houchahou qui réorganisa une armé,e tandis que l'empereur se livrait aux plaisirs. Le général TATCHARquivenaitde prendre Lo Yang vaillamment défendu par TsiANG Chen, se présenta devant Tsai Tcheou où il fut rejoint par 20.000 Chinois, commandés par Meng Koung et Kiang Hai; le blocus fut immédiatement établi. Au bout de deux mois, la famine se mit dans la place où l'on était réduit à se nourrir de chair humaine. Un assaut donné par les Mongols les rendit maîtres d'une partie de la ville défendue par un second rempart intérieur. En vain l'empereur essaya-t-il de quitter Tsai Tcheou. Au mois de février, la détresse était à son comble; l'empereur remit le pouvoir au prince Ouanien Tcheng-Un, frère de Bakssan ; Meng Koung pénètre avec Kiang Hai et Tatchar par la porte de l'ouest. Ngaï Tsoung se pend et son corps est brûlé suivant ses ordres ; Houcha hou qui a vigoureusement com-
battu à la tête d'une poignée de braves, se noie. Tche^ig Lin réfugié dans la citadelle est massacré par ses soldats. A l'exception de Koung Tch'ang fou dans le Chen ?i, toutes les villes dépendant des Kin se rendent aux Mongols.
Ainsi finit la dynastie des Kin qui avait duré 418 ans et compté dix princes; sa chute fut l'objet de grandes réjouissances de la part des Soung qui, en aidant au triomphe des Mongols, préparaient eux-mêmes leur propre ruine.
Après cette victorieuse campagne (mai 1232), Ogotaï et Tou Loui partirent du Ho Nan, à la 4^ lune, et rentrèrent en Mongohe par Tcheng Tirig fou et Yen King (Pe King), passant la Grande Muraille à Kou Pe K'eou. Le Grand Khan tomba gravement malade ; le dévouement de son frère Tou Loui ne contribua pas peu à sa guérison ; après le rétablissement d'Ogotaï, les deux frères se rendirent aux sources de rOnon où Tou Loui mourut prématurément, âgé de quarante ans à la neuvième lune de 1232. Le T'oung kien kang mou place la mort de ce chef à la lo^ lune de 1232. Fils préféré de Tchinguiz Khan, qu'il n'avait jamais quitté, il avait témoigné la plus grande affection à son frère Ogotaï, qu'il n'avait pas peu aidé à faire monter sur le trône. Remarquable par sa modestie, son respect fiUal, il s'était montré grand capitaine dans sa marche contre les Kin de Foung Siang au Chen Si, au Ho Nan, en passant par Han Tchoung. Gaubil nous dit qu'il épousa la princesse Solouhoutieyni (Sarkutna), fille de A kia pou, chef de horde, et frère de Toli (Oungkhan) , prince des Kéraïtes, qui lui donna onze enfants mâles : Mengko (Mangou), Tchourko, Houtoutou, Houpilaï (K'oublai), un cinquième dont on ne connaît pas le nom, Hiuliehou (Houlagou), Alipouko, Potcho, Moko, Souitouko et Suepietay; d'Ohsson appelle cette princesse Siourkoucténi, fille de Dja gam pou, frère d'Oung Khan, et lui donne quatre enfants : Mangou, K'oublai, Houlagou et Arik Bougha; il attribue six fils à ses autres femmes et ses concubines. Dja gam pou avait trois autres filles : Abica, l'une des femmes de Tchinguiz Khan, une autre mariée à Djoutchi et la dernière mariée au roi des
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OngoUes. Ton Li ou Tou Loui signifie miroir en mongol. A partir de sa mort on désigna un miroir par le mot turk queuzugti.
Dès soi\ retour de Chine, le Grand Khan tint en 1234 une assemblée générale à Talan-tépé en Mongolie ; en 1235, il convoqua un kouriltaî dans sa nouvelle ville de Kara Koroum, dont il est uti^e de dire quelques mots.
La ville de Kara Koroum occupait l'emplacement actuel j'^ara du monastère d'Erdeni Tchao ou Erdeni Tso, entre la rivière Orkhon et le Koktchin (vieux) Orkhon ; on fait remonter sa fondation par BouKOU Khan des Ouighours au viii^ siècle; ce fut la résidence de Pikia Kakhan des Ouighours sous les T'ang, de Togrul Wang Khan, le Prêtre Jean de Marco Polo. Tchinguiz Khan en fit en 1206 sa capitale que les Chinois appelèrent Hala Holin, transcription de Kara Koroum, le « camp noir », ou simplement Ho lin dont le nom fut modifié en celui de Ho Ning après la mort de K'oublaï. Au printemps de 1235, Ogotaï fit élever un rempart de cinq Hs de circuit autour de Ho Lin, qu'il appela Ordou Bahq (Ville Royale), et construire par d'habiles artisans amenés de Chine, un vaste palais appelé Wang an dans l'intérieur de la ville dont il fit sa résidence et qu'il inaugura en 1236 par un grand banquet, dont il fit les honneurs à Ye liu Tch'ou-ts'ai. Plan Carpin est le premier voyageur européen qui ait mentionné cette ville et il nous apprend qu'elle était située à une demi-journée de la Sira Ordo où il s'était rendu. Guillaume de Rubrouck nous a laissé la description de Kara Koroum qu'il a visitée.
« Pour ce qui est de la ville de Caracarum, Votre Majesté saura, qu'excepté le Palais du Cham, elle ne vaut pas la ville de Saint-Denis en France, dont le Monastère est dix fois plus considérable que tout le palais même de ]\Iangu. Il y a deux grandes rues, l'une dite des Sarasins, où se tiennent les marchez et la foire: plusieurs marchands étrangers y vont traffiquer à cause de la Cour, qui y est souvent, & du grand nombre d'Ambassadeurs qui y arrivent de toutes parts. L'autre rue s'apelle de Cathayens, où se tiennent tous les artisans. Outre ces deux rues il y a d'autres
grands lieux ou Palais, où est la demeure des Sécreta-'res du Prince. Là sont douze temples d'Idolâtres de diverses Nations, et deux Mosquées de Sarasins, où ils fort profession de la secte de Mahomet, puis une Église de Chrétiens au bout de la ville, qui est ceinte de murailles faite? de terre, où il y a quatre portes. A celle d'Orient l'on vend le millet, et autres sortes de grains, dont il y en a peu. A la porte d'Occident se vendent les Brebis et les Chèvres. A celle du Midi les Boeufs et les Chariots, et à celle du Nord les Chevaux. ». ^
Au kouriltaï tenu à Kara Koroum, en 1235, il avait été décidé d'une part, qu'on attaquerait l'empire des Soung, d'une autre, que l'on réduirait la Corée, tandis que Batou, le deuxième fils de Djoutchi était placé à la tête de l'armée chargée de conduire les opérations en Euiope, et qu'un corps de troupes était envoyé sous les ordres du général Hou Katou, sur la frontière de Perse et de Cachemire. La Perse avait été conquise par Tcharmaghan et Djelal ed-Din avait péri en 1231 : l'Iran était donc gouverné alors par des fonctionnaires mongols. Enfin Ye liu Tch'ou-ts'aï fut chargé de l'administration générale des possessions mongoles en Chine.
« En mars 1236, furent créées en Chine, pour la première fois sous la domination mongole, des assignations munies du sceau du trésor, appelées Kiao tchao. Sur la proposition de Ye liu Tch'ou-ts'aï, il en fut émis pour la somme de dix mille petits lingots, ou cinquante mille onces d'argent. « - Le ministre demanda que la perception de l'impôt en Chine, qui se faisait par feu et par famille et non par individu mâle, fut opérée dans les fiefs par des employés spéciaux qui en remettraientlemontant aux titulaires qui ne devaient demander rien de plus aux contribuables.
Grâce à Ye liu Tch'ou-ts'ai, les Mongols avaient recruté d'habiles artisans; il voulut doter son pays d'employés capables et institua des concours entre les lettrés captifs des Mongols; en outre il créa (1236) deux grands collèges, l'un