I. Mailla, VI I, p
Ming Tsoung (Li Se-youen)^ en réalité un Chinois du nom de Wang, comme Che Kixg-t'ang, gouverneur de T'ai Youen, qui avait épousé Tsin Kouei-tchang, fille de Ming Tsoung, restèrent à l'écart. Les favoris firent retirer le commandement de la garde de l'empereur au prince Li Tchoung-ki, fils de Li Ts'oung-k'o; la fille de ce dernier, bonzesse dans un couvent, en fut enlevée et conduite au palais; par simple avis, on voulut transférer Che Kingt'ang à Tcheng Te et Li Ts'oung-k'o au Ho Toung, tandis que le prince de Yang, Li Ts'oung-chang, devait prendre le commandement à Foung Siang, vallée de la Wei.
Naturellement le prince de Lou se révolte ; Wang Setoung, gouverneur de Tch'ang Ngan, refuse de se joindre à lui et on le désigne pour commander les troupes chargées d'opérer contre Foung Siang. Les troupes impériales désertent en masse; leurs chefs, Wang Se-toung en tête, n'ont qu'à prendre la fuite; ce dernier veut se réfugier dans son gouvernement à Tch'ang Ngan, mais il en trouve les portes fermées, — Lieou Souei-young s'en étant emparé au nom du prince de Lou, — et il n'a plus que la ressource de se retirer à T'oung Kouan, mais fait prisonnier, il est exécuté avec sa famille, lorsque Li Ts'oung-k'o entre à Tch'ang Ngan.
La Cour est épouvantée des succès des rebelles ; Kan Yitcheng est placé à la tête des troupes impériales bientôt affaiblies par de continuelles défections et leur chef n'a plus qu'à faire sa soumission au prince de Lou lorsque celui-ci arrive à Chen Tcheou ; il fut mis à mort ultérieurement. Les deu.x favoris, cause de tout le mal, Tchou Houngtchao et Foung Pin, furent tués par ordre deNGAxTs'ouNG- TSix qui porta leur tête au vainqueur. L'empereur s'enfuit à Wei Tcheou (Tai Ming fou, du Tche Li), abandonné par l'eunuque Mouxg Hax-kiouxg, chargé de préparer le voyage, qui se rendit au prince de Lou et fut mis en pièces par son ordre. Après la défection de Kan Yi-tcheng, Che King-t'ang proposa à Cha Cheou-young et à Pou Houng- TSIN de faire abdiquer l'empereur, mais ces deux fidèles fonctionnaires voulurent le tuer. Tchex Houei accourut
(Lou Wan
au secours de Che King-t'ang ; Cha Cheou-young fut massacré et Pou Houng-tsin se suicida.
Li Ts'oung-k'o, ayant fait son entrée à Lo Yang, y est proclamé empereur (934) ; Min Ti, déposé par l'impératrice, est fait prince de Wou; mais peu de jours après, ayant refusé de boire le poison que lui envoyait Li Ts'oung-k'o, le malheureux prince fut étranglé par Wang Louan; en même temps que ce prince, victime de ses mauvais conseillers, périrent sa femme et ses enfants. ^f^Jl ^ « Le nouvel empereur et Che King-t'ang étaient les deux plus grands capitaines de leur temps : ils méritaient la réputation qu'ils s'étaient acquise par leurs services et par leurs belles actions sous Ming Tsoung, qu'ils avaient constamment suivi depuis leur plus tendre jeunesse. Cependant, soit jalousie, soit effet de leur caractère, ils avaient toujours paru avoir de l'antipathie l'un pour l'autre » ^. On allait en voir les conséquences.
Che King-t'ang cependant fut envo^'é comme gouverneur au Ho Toung; Li Ts'oung-yen fut nommé à Foung Siang; pour rétablir l'ordre dans l'administration, l'empereur fit choix de Lou Wen-ki et de Yao Yi. Non sans raison, Lou Wang se méfiait de Che King-t'ang; prenant pour prétexte que les K'i Tan faisaient constamment des incursions dans son gouvernement, on envoj^a dans le Ho Toung, Tchang King-ta, nommé lieutenant-général de la province, qui devait résider à T'ai Tcheou, commander une partie des troupes, en fait contrarier les projets de révolte que pouvaient comploter Che King-t'ang, trop fin pour ne pas s'apercevoir de la suspicion dont il était l'objet. Prétextant la vieillesse et les fatigues, en réalité pour connaître les véritables sentiments de l'empereur à son égard, Che King-t'ang demanda à échanger son gouvernement du Ho Toung pour un autre moins difficile. Pris à son propre piège, Che King-t'ang fut nommé au gouvernement de Yun Tcheou où Tchang King-ta devait s'assurer qu'il se rendrait, tandis qu'on donnait l'adminis- .tration du Ho Toung à Soung Chen-kien (935). Che King-