I. Bergeron, col
MANGKOU 263
Plus tard, s'étant rendu à Kara Koroum, en août 1252, Mangkou instruisit le procès des chefs de la conspiration : l'impératrice Oglioul Cramicli et la mère de Chiramon furent noyées; leurs deux principaux conseillers Kadac et Tchin Kaï furent exécutés. Tchin Kaï, qui était keraïte et chrétien, jouait un rôle important dans le gouvernement et « nul édit ne put être promulgué dans la Chine du Nord sans que Tchin Kaï l'eût accompagné d'une ligne en éciiture ouighoure; c'est là l'explication d'une mention jusqu'ici embarrassante qui concerne un édit d'Ogotaï rendu en 1235 ». Ce fut lui qui servit d'intermédiaire entre Plan Carpin qui l'appelle « protonotaire » et Kouyouk. Sa faveur remontait à Tchinguiz Khan qui le chargea d'accompagner en 122 1- 1224 le taoïste K'ieou Tch'ou-ki, envoyé par le conquérant de la Chine orientale dans le bassin de l'Oxus. Tchin Kaï laissait trois fils : Yao-sou-mou (Joseph) , Po-kou-seu (Bacchus) et K'ouoU-ki-seu (Georges) i. Kadac était également chrétien. Mangkou fît grâce aux trois princes. Khodja Oghoul fut relégué à SouUgaï à l'ouest de Kara Koroum, Nagou et Chiramon furent envoyés à l'armée; cependant quelque temps après, ce dernier fut noyé par ordre du Khan; les descendants d'Ogotaï furent privés de leurs troupes et leurs partisans traqués dans tout l'empire furent mis à mort.
Mangkou procéda également à la nomination des grands fonctionnaires de l'Etat : le noyan Mangousar fut nommé Grand Juge; un chrétien nestorien, Bolgaï, fut placé à la tête de la Chancellerie du département des Finances et des Affaires intérieures; au prince CouiïcouR, fils de Djoutchi Cassar, échut le gouvernement de Kara Koroum avec Aldar comme adjoint; K'oublai, frère du Grand Khan, fut Heutenant général dans les pays au sud du Grand Désert; à Tchagan, fut confié le commandement des troupes sur la frontière du Houai, le fleuve qui séparait au sud-est l'empire mongol de l'empire Soung; à Dandar, celui des troupes dans le Se Tch'ouan et Khortaï, dans le Tibet. Tandis que K'ai Youen était placé à la tête du clergé bouddhiste, Taoca-U-tcheng l'était à la tête des Taoïstes ; « mais ce fut