‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 191 sur 265 · ÏITSINGH, p · texte numérisé non relu

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et écrasés par les Japonais, 30.000 Mongols lurent massacrés et 70.000 Coréens et Chinois furent réduits en esclavage. On peut lire dans Marco Polo le récit de ce désastre. Malgré ses insuccès constants, le Grand Khan, en 1283, prépara une nouvelle expédition, qui devait être dirigée par A ta hai contre le Japon, mais il fut obligé d'y renoncer devant le mécontentement général.

LeTchampavenaitde terminer une lutte d'un siècle contre les Khmcrs qui avaient maintenant à se défendre contre le Siam, mais il allait se trouver d'une manière inattendue en présence d'un nouvel ennemi, les Mongols. Sur ce pays, séparé des provinces méridionales de la Chine par l'Annam, régnait Jaya Sinhavarman qui, en 1277, P^it le nom d' Indra varman VI ; il est désigné par Marco Polo sous le nom d'AccAMBALE ; princc pacifique, il avait de bonne heure renoué de bonnes relations avec ses voisins du Dai Viêt (An-nam). Dès 1278, le général mongol Sagatou (Sou Tou), après la prise de Canton, avertissait K'oublaï qu'Indravarman était disposé à reconnaître la suzeraineté du Grand Khan; en conséquence K'oublaï conféra au roi de Tchampa le titre de Kiun wang (prince du second ordre) et reçut bien ses ambassadeurs. En 1280, une ambassade comprenant Sagatou lut envoyée au Tchampa pour inviter le roi ;'i venir en personne à la Cour mongole. Le roi de Tchampa, peu désireux d'entreprendre un lointain voyage, se contenta d'envoyer plusieurs ambassades qui ne suffirent pas à satisfaire la vanité enfantine mais tenace de l'Empereur. K'oublaï chargea Sagatou, accompagné de Lieou Cheng, de se rendre au Tchampa qu'ils devaient diviser en circonscriptions; c'était en réalité la main mise sur le royaume; devant le mécontentement des habitants, les commissaires chinois durent se retirer. Irrité, K'oublaï leva une armée de 5.000 hommes qui, sous le commandement de Sagatou (12 juillet 1282), s'embarqua à Canton et débarqua au Tchampa : l'armée tchamc occupait la forteresse de Mou Tcheng fortement défendue et protégée par l'armée du prince Harijit, fils d'Indravarman. Après une tentative de concihation, Sagatou attaqua les Tchames (i^'" mois,

15® jour 1283); le général mongol pénétra dans la citadelle; Indravarman prit la fuite, et cherchant à gagner du temps, se réfugia dans les montagnes où il restait inaccessible; malgré des renforts, les victoires mongoles restaient stériles 1.

K'oublaï voulant en finir se décida à envoyer une armée par terre, qui devait traverser le Dai Viet; la question tchame allait donc se doubler d'une question annamite.

La lutte contre les Soung dans les provinces limitrophes de l'Empire devait attirer l'attention du Grand Khan sur le royaume voisin de Ngan Nan où se réfugiaient d'ailleurs un certain nombre de vaincus. L'empereur de Ngan Nan (An nam) était Tran Th'anh-tông (Khoan), deuxième souverain de la quatrième dynastie qui régnait sur ce pays, celle des Trân ; il avait abdiqué en 1274 en faveur de son fils Tran Nho'n-tông. K'oublaï somma ce prince de se rendre à sa Cour pour se reconnaître son vassal; l'empereur d'An nam se contenta d'envoyer une ambassade à la capitale mongole. Furieux, K'oublaï déclara « Trân Nho'n-tông, déchu de la dignité royale, et désigna pour le remplacer le chef de l'ambassade annamite, Tran-di-aï, propre parent du roi qu'il renvoie en Annam escorté d'un ambassadeur militaire spécial et de 1000 soldats pour l'installer sur le trône. Toutefois Trân Nho'n-tông résista au délégué impérial et refusa de se rendre aux volontés de celui qui l'envoyait, il était sur le trône, il ne voulut pas en descendre ^w.

En 1280, le général Sou Tou (Sagatou) (Toa do) pénétra au Ngan Nan, à la 6^ lune, et s'avança sans résistance jusqu'à TchenTchen qu'il ruina. Tran, Nho'n-tông lui coupa la retraite et Sou Tou ne s'échappa qu'après avoir perdu une grande partie de ses troupes décimées par la chaleur et les armes. A la suite du rapport de Sou Tou, en 1284, K'oublai désigna son fils T'o Houan, appelé par les Annamites Thoac hoang, pour commander, avec Li Heng sous ses ordres, la principale armée d'invasion, tandis que Sou Tou et Omanhi dirigeaient un autre corps. Le 26 de la douzième lune de 1285, l'armée impériale passait la frontière,

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