Pelliot, T'oung Pao, déc. 1914, p
une distance de la Chine de 100.000 li (probablement pour 10.000) au nord-ouest. C'est un pays où domine la religion de Ye-li k'o wen. Le fondateur de cette religion était nommé Ma-rh Ye-li- ya (Mar Elisée). Il vécut et opéra des miracles il y a quinze cents ans. Ma Sie-li-ki-se (Mar Sergius) est un de ces sectateurs 1. »
Ce Mar Sergius a fondé sept monastères ou humra (houmoH-la) dans le bassin du bas Yang Tseu 2. Odoric de Pordenone nous dit qu'à Yang Tcheou il y a « une maison et couvent de nos frères meneurs; et si y a pluseurs autres Eglises de religieux, mais ceulz sont nestorins ^. » M. Pelliot a découvert un texte de 13 17 dans le Youen tien tchang, qui mentionne un certain Ngao-la-han (Abraham) vivant à cette époque à Yang Tcheou, qui aurait été, suivant ce texte, le fils du fondateur de « l'Eglise de la Croix des àrkàgiin ( Ye-li-ko-wen che-tse-se) de Yang Tcheou *. Ce nom de àrkàgûn, transcrit en chinois Ye-li-ko-wen, dont Marco Polo fait argon, s'appliquait aux Chrétiens à l'époque mongole. En réalité il désignait ou désigne des métis ; d'après Ramusio les argons étaient des métis de bouddhistes du Ten duc et de colons musulmans; de nos jours, le capitaine Wellby (Unknown Tibet, p. 32) en fait des métis de marchands du Turkestan et de femmes du Ladakh ^.
Marco Polo ne signale à Hang Tcheou qu'une église, et elle est nestorienne : « Il hi a une gliese à cristienz nestorin solement ^. »
L'ouvrage chinois Neng kai tchai man loii (vers 1125) cite un passage du Chou kiim kou cJie (seconde moitié du xie siècle) dans lequel il est fait mention d'un <( temple de Ta Ts'iiD) ( TaTs' in Se) , très probablement un temple nestorien qui avait été jadis (sans doute sous les T'ang) construit à Tch'eng Tou, dans le Se Tch'ouan par des gens venus de
1. Chinese Recorder, VI, p. 108. — Ct. A. C. Moule and Lionel GiLES, Christians ai Chên chiang fu, T'oimg Pao, déc. 191 5.