TCHAO K'OUANG-YIN
Profitant de l'absence de l'empereur retourné à Ta Leang laissant Li Tchoung-tsin poursuivre le siège de Cheou Tcheou, le prince de T'ang envoya Li King-ta pour secourir cette ville. Grâce à la mésintelligence régnant entre les chefs T'ang et à la défection de leur général Tche Youen qui, victime d'un affront de son collègue Tchen Kio, passa à l'ennemi avec 12,000 hommes, les Impériaux remportèrent une grande victoire. Sur ces entrefaites, Lieou Jen-chen étant tombé gravement malade, son second, Tcheou Ting-keou, voyant qu'il n'avait aucune chance d'être secouru, rendit Cheou Tcheou. L'empereur se montra magnanime ; oubliant la peine que lui avait causée la prise de cette ville, il accorda une amnistie générale à tous les habitants, et Lieou Jen-chen étant mort, il fit l'éloge de ce vaillant défenseur de Cheou Tcheou et lui accorda l'honneur posthume de prince du deuxième rang (Kinn wang), sous le titre de Poung Tcheng (957).
Au moment où Che Tsoung allait reprendre la guerre contre les T'ang, il reçut un renfort inattendu par la défection, à la dixième lune de 957, de Yang TchounG-hiun, gouverneur de Lin Tcheou (Chan Si) pour les Han septentrionaux, qui, mécontent de son prince, passa aux Impériaux. Le prince de T'ang envoie sa flotte du Houai Ho attaquer les bateaux impériaux qui la poursuivent jusqu'à Se Tcheou; une seconde attaque n'est pas plus heureuse. Les Leao proposent au prince de Han de s'emparer ensemble de Lou Tcheou, mais ils renoncent à leur entreprise.
Attaqué par l'empereur venu de Ta Leang, Kouo Ting- WEi n'ayant pas reçu les secours qu'il avait fait demander à Kin Ling au prince de T'ang, se rendit à la douzième lune (957). Che Tsoung poursuivant sa campagne s'empare de T'ai Tcheou, de Hai Tcheou et de Tchou Tcheou après une brillante défense de cette ville par Tchang Yen-king; il ne restait plus dans le Houai Nan que les quatre départements de Siu Tcheou, Chou Tcheou, Ki Tcheou et de Houang Tcheou dont l'empereur ne fut pas
le maître. Le prince de T'ang, se voyant définitivement battu, abdique en faveur de son fils Li Houng-ki et annonce à l'empereur par son général Tchen Kio qu'il est disposé à se soumettre. Che Tsoung « lui répondit que son dessein, en entreprenant cette guerre, n'avait été que de se rendre maître des pays qui sont au nord du Kiang; que le prince consentant à les lui céder, il ne prétendait rien de plus. Tchen kio le voyant dans ces dispositions, lui présenta un placet de la part de son maître par lequel il lui offrait les quatre départements, et s'engageait en outre à payer chaque année un tribut. Par le traité qui fut conclu, tout le pays au nord du Kiang fut soumis à l'empereur, et ses États se trouvèrent augmentés de quatorze tcheoii et de soixante villes du second ordre. Alors il écrivit de sa propre main une lettre au prince de T'ang, de ne point abandonner le gouvernement de ses États, et de le reprendre s'il l'avait quitté 1 ». (958.)
Quelque temps après, l'empereur chargea Ts'ao Pin de porter au prince de Wou Yue des armes que celui-ci avait demandées pour ses soldats. Ts'ao Pin fut reçu avec de grands honneurs et de riches présents qu'il refusa d'abord mais accepta ensuite dans la crainte de froisser le prince.
L'empereui prépare la guerre contre les Leao : il marche vers les frontières tartares, prend plusieurs villes et songe à attaquer Yen Tcheou (Pe King), mais étant tombé malade, il renonce à ce projet et rentre à Ta Leang (959) ; son état empirant, Che Tsoung désigne comme son successeur, son fils Kouo TsouNG-HiUN, prince de Leang, âgé de sept ans, nomme un certain nombre de grands officiers et meurt, âgé de trente-neuf ans, à la 6^ lune de 959. « Ce prince, d'un courage sans égal, se montrait partout le premier dans les sièges ou dans les batailles, et quoiqu'il vit pleuvoir des grêles de flèches autour de lui, et ses soldats tomber morts à ses côtés, jamais on n'apperçut aucune altération sur son visage. Dans les conseils, son avis était toujours le meilleur et le plus expéditif ; quoique les moyens qu'il proposait fussent les premiers qui dussent