‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 31 sur 265 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

XIXe dynastie : les Soung.

LA situation de l'empire à l'avènement de Tchao T'aiTsou K'ouANG-YiN n'était rien moins que brillante ; le Fils du Ciel étouffait dans sa capitale Pien Tcheou (K'ai Foung) ; son pouvoir était menacé par des roitelets tels que ceux de Wou Yue, Tchou, Nan Han, Nan P'ing, Heou Chou, Nan T'ang, Pe Han, Hou Nan, sans compter une nuée de gouverneurs quasi indépendants, sans compter aussi les redoutables Leao qui régnaient à Yen King (Pe King). L'empereur chinois était dans la situation des premiers Capétiens vis-à-vis des grands feudataires; il avait à établir le prestige de sa dignité amomdrie et à reconstituer le domaine impérial. Il ne semblait pas tout d'abord que Tchao K'ouang-yin fut l'homme indiqué pour accomplir cette grande tâche. Bon militaire, sans être grand général, Tchao n'était pas lettré, mais n'avait aucune hostilité ni pour les lettres, ni pour lascience; bel homme, il avait de nombreuses qualités personnelles : la bonté, la simplicité, l'activité, rien toutefois qui annonçât un grand souverain ; cependant il se mit résolument à la tâche : il écrasa successivement les princes indépendants et réunit leurs États à l'empire; quand il mourut le Kiao Kouang (partie du Kouang Toung et du Tong King), le Wou Yue, le Kien Nan Fou Kien), les possessions du prince de Pe Han et des Leao restaient seuls à réduire. T'ai Tsou' avait donc commencé à refaire l'unité de l'empire qui fut achevée, moins les États Leao, par ses successeurs qui, pendant plusieurs siècles, conservèrent une puissance, plus tard affaiblie par les Kin, mais détruite définitivement seulement par les Mongols au xiii*^ siècle. Naturellement la légende se mêle à l'histoire du fonda-

teur d'une grande dynastie et l'on a fait descendre T'ai Tsou du grand Houang Ti par son petit-fils l'empereur Tchouen Hiu (Ivao Yang) et l'on a prétendu que le nom de famille des Soung venait de la principauté de Tchao, dans la région de P'ing Yang, province de Chen Si, qui fut donnée en 980 par Mou Wang, empereur des Tcheou, à son fameux conducteur de chars Tsao Fou.

La vérité est plus simple : Tchao K'ouang-yin, fils de Tchao Houng-yin, était originaire de Tcho Tcheou (district de Pe King) dont son grand-père Tchao King, fils du censeur Tchao Ting, était gouverneur; Tchao Ting avait lui-même pour père Tchao Tiao, gouverneur de Yeou Tou ou Yeou Tcheou (Pe King), sous les T'ang. En 927, sous l'empereur Ming Tsoung, Tchao Houng-yin épousa Tou Che qui fut la mère de Tchao K'ouang-yin, né à Kia ma ying, à l'est de la ville de Lo Yang. « Le moment de sa naissance fut marqué par une lumière extraordinaire qui répandit dans la chambre une odeur agréable pendant toute la nuit. Tchao K'ouang-yin devint d'une taille haute et majestueuse; il avait l'esprit pénétrant et subtil, et une physionomie noble qui annonçaient ce qu'il serait un jour 1. » Tchao, fils reconnaissant, éleva sa mère à la dignité d'impératrice dès que lui-même parvint au trône.

A diverses reprises, Tchao s'était distingué comme militaire, en particulier à Kao P'ing contre Lieou Tch'oung, comme nous l'avons rapporté, et à Lou Ho contre Li Kingta. Proclamé empereur par les soldats, il fut reconnu par les ministres Fan Tche et Wang P'ou ; Koung Ti qui venait d'abdiquer fut fait prince de Tcheng; l'impératrice sa mère reçut le titre d'impératrice de la dynastie des Tcheou, et on lui assigna pour demeure le palais de l'Occident où elle se retira le même jour ^.

T'ai Tsou accorda une amnistie générale et gagna les fonctionnaires que non seulement il maintint dans leurs emplois mais qu'il éleva d'un degré. A l'avenir, la couleur impériale serait le rouge et le nom de la nouvelle dynastie

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