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Tcheou, Wang Chao étant revenu avec 20,000 hommes et ayant rompu toutes communications entre Mou Tcheng et les Hia en écrasant la tribu Kieï Ho Tchouen des Si Fan. Wang Chao se mit à dévaster le pays, et Mou Tcheng pour éviter la ruine de toute la contrée, se rendit avec quatre-vingts chefs à son ennemi qui l'envoya à la Cour (1074).
Une sécheresse de huit mois fut attribuée par l'empereur aux nouveaux règlements de Wang Ngan-che ; la situation lamentable de l'empire fut exposée dans une série de peintures que peignit un certain Tcheng Hia, que le ministre avait cru mettre dans ses intérêts en lui octroyant une position dans le Kouang Toung, puis en le préposant au commandement d'une porte du palais, sinécure qui laissait au titulaire le loisir de se livrer à ses goûts artistiques. Ayant vu ces peintures, l'empereur, frappé, dès le lendemain cassa dix-huit articles des règlements et le jour même où il donnait l'ordre au gouverneur de K'ai Foung d'en afficher la suppression, une pluie bienfaisante étant tombée, on y vit une preuve de la culpabilité du ministre. Mais \\'ang Ngan-che ne tarde pas à reprendre son ascendant sur le faible Chen Tsoung qui se repent de son acte d'énergie, fait rétablir les articles supprimés des règlements et jeter Tcheng Hia en prison. Une intervention de l'impératrice mère et du frère cadet de l'empereur, Tchao Hao, prince de Ki, eut enfin raison de Chen Tsoung qui envoya, avec le titre de ministre, Wang Ngan-che gouverner la ville de Kiang Ning (1075) ; toutefois, sur sa demande, le souverain qui n'avait pu complètement échapper au joug, le remplaça par deux de ses fidèles, Han Kiang et Lui Houei-k'ing qui conservèrent les règlements.
Liu Houei-k'ing, originaire de Ts'iouen Tcheou, au Fou Kien, créature de Wang Ngan-che, ayant atteint le but de son ambition, travailla contre son ancien patron, tandis que Han Kiang, resté fidèle à l'exilé, le prévint de ce qui se traînait contre lui et laissa accumuler les affaires afin de rendre sa présence indispensable; c'est en effet ce qui arriva bientôt : Wang rappelé par Chen Tsoung revint en sept jours de
Kiang Ning et reprit immédiatement la direction de l'administration.
A la sixième lune (de 1075), Wang Xgan-ciie < offrit à Chen Tsoung des commentaires qu'il avait faits sur le Chou King, le Che King et le Tcheou Li ; et, comme la plupart des lettrés étaient d'un sentiment contraire au sien sur l'interprétation de ces livres, il obtint de ce prince un ordre adressé à tous les mandarins de lettres pour qu'ils eussent à s'en tenir à la sienne. Cette édition, dont on leur envoya des exemplaires, était intitulée San King Sin Yi, c'est-à-dire nouvelle explication des trois King. L'ordre de l'empereur fut peu suivi d'abord; mais comme le ministre n'admit aux emplois que ceux qui s'y conformaient et qui ne faisaient aucun usage du Tch'ouen Ts'ieou qu'il avait dégradé de son rang de King, en très peu de temps le Satt King Sin Yi eut le plus grand cours ^ »
Telle était la puissance de Wang Ngan-che que le lettré Tchen Siang, originaire de Fou Tcheou, du Fou Kien, qui lui était peu favorable, fut exilé à Tchen Tcheou pour une faute légère malgré la faveur dont il jouissait près de l'empereur (1075). A la onzième lune de 1075, LiEOU Yi, qui commandait les troupes sur la frontière des Kiao Tche, interdit aux Chinois toute communication avec ces derniers qu'il imagina de faire attaquer par de jeunes soldats mal exercés. Le roi d'Annam était alors Ly-nhôn-tông, quatrième roi de la dynastie de Ly (1072-1128) ; il ordonna à ses généraux Ly thu'o'ng et Tông Dang d'envahir la Chine : trois corps d'armée annamites marchèrent par Kouang Fou, Kin" Tcheou et K'ouen louen kouan, s'emparèrent de Kin Tcheou et de Lien Tcheou, puis entreprirent le siège de Young Tcheou: après un siège de quarante jours, le gouverneur se suicida, la ville fut emportée d'assaut et 58,000 Chinois furent massacrés ; dans cette guerre plus de 100,000 Chinois périrent ou furent faits prisonniers. Les Kiao Tche, après la prise de Lien Tcheou, avaient envoyé à Wang Ngan-che, que les Annamites appellent Vu'o'ng-an-thach, un manifeste « dans lequel ils disaient que les nouveaux