‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 87 sur 265 · I. Mailla, /. c, p · texte numérisé non relu

I. Mailla, /. c, p

Tchang Tun et le ministre Ts'ai Pien, loin d'être calmés par leurs échecs répétés pour déconsidérer leurs devanciers osèrent, à la troisième lune de 1098, demander que la grande impératrice régente, à laquelle la Chine avait dû le rétablissement de l'ordre et Tche ïsoung son trône, fût déchue de tous ses honneurs posthumes et qu'elle fût réduite à l'état de peuple, afin de rendre sa mémoire odieuse à la postérité. Justement indignée, l'impératrice, mère de l'empereur, protesta violemment contre le placet adressé au souverain qui le brûla; nullement découragés par cet accueil, les deux misérables, dès le lendemain, présentaient un nouveau placet qui n'eut pas un meilleur sort que le précédent et qui excita la colère de Tche Tsoung; ils ne recommencèrent plus.

Cepend'ant les Hia, toujours inquiets de la place forte de Ping Hia, avaient formé le projet de l'enlever; on apprit leur dessein à la troisième lune de 1098, mais lorsqu'ils tentèrent le siège de la ville, ils furent surpris par Tchang Tsieï qui leur tua un grand nombre de soldats et captura deux de leurs principaux chefs, Wei Ming-amay et Meï le tou pou. Les Hia demandèrent du secours aux Leao qui le refusèrent, mais promirent d'intervenir en leur faveur, s'ils cessaient leurs incursions en Chine. Ils envoyèrent en effet une ambassade à Tche Tsoung qui déclara qu'il était désireux de vivre en paix avec ses voisins, et que si les Hia restaient tranquilles, ils ne seraient pas attaqués. Renseignés par les Leao sur les intentions de l'empereur, les Hia lui envoyèrent deux officiers pour présenter leurs excuses des fautes passées et demander la paix qui leur fut immédiatement accordée; en conséquence on vit renaître le calme sur cette frontière de la Chine.

D'autre part, les T'ou Fan donnaient aux Chinois des sujets d'inquiétude : une série de chefs avaient, depuis le commencement du xi^ siècle, remplacé les anciens Tsan P'ou; l'un d'eux. Ko Sou Lou, résidait en 1015 à Tsoung ko tcheng, et se signalait par ses incursions en Chine ; son fils Toung Tchen lui succéda en 1065, et il fut lui-même remplacé en 1086 par son fils adoptif Ho li ko ; Hia Tcheng,

fils et successeur de ce dernier (1095), excita la haine de ses sujets par ses cruautés, et l'un de ses officiers, Sin meoukin tchen entreprit de le détrôner en faveur de son oncle Sou nan tang cheng, mais la conspiration ayant été découverte, le tyran fit périr le prétendant et ses partisans : « il n'y eut que Tsien lo ki qui échappa par la fuite, emmenant avec lui Tcho tsa, fils de Ki pa wen, parent éloigné de la famille de Hia Tcheng; il alla se saisir de la ville de Ki kou tch'eng. Le roi des T'ou Fan l'y poursuivit, et l'ayant forcé, il fit mourir Tcho tsa qui était tombé entre ses mains ; Tsien lo ki fut assez heureux pour se sauver; il se retira à Ho Tcheou auprès de Wang Chan, gouverneur pour l'empereur, à qui il proposa des moyens de le rendre maître du pays de Tsing Tang sans beaucoup de peine. Wang Chan en écrivit à la Cour, et dès qu'il en eut reçu la réponse, il s'avança à la tête de ses troupes du côté de la ville de Mou Tchuen, qui se donna à lui, et dans laquelle il se tint lui-même pour voir si le roi des T'ou Fan ne s'aviserait point de venir l'y attaquer; mais ce prince n'était pas en état de le faire; il s'était rendu si odieux à ses sujets qu'ils l'avaient abandonné presque tous; il vint se donner lui-même à Wang Chan, à qui il offrit le pays de Tsing Tang. L'empereur y envoya Hou Tsoung-houei en quafité de gouverneur, et Wang Chan s'en revint 1 » (1099). Deguignes, Huns, I, nous dit que Hia Tcheng fut obhgé de se faire lama, que plusieurs de ses sujets se disputèrent l'empire, et qu'en l'an 1125, les Tibétains se soumirent aux empereurs de la Chine .

En vain Sin meou kin tchen, profitant de l'absence de Wang Chan, essaya-t-il de faire reconnaître Lou Tsa, fils de Mou Tcheng, à la place de Hia Tcheng; à diverses reprises il fut battu et finalement obligé de faire sa soumission à Wang Chan auquel l'empereur donna le gouvernement de Tsing Tang qui fut appelé Chen Tcheou; Wang Heou fut nommé gouverneur de Mou Tchuen dont le nom fut changé en celui Je Houang Tcheou (1099).

A la huitième lune de cette année 1099, Lieou Tsieï-yu eut un fils. Cette femme « était d'une condition ordinaire;

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