‹ Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie mandchoueChapitre 92 sur 265 · Supra, p · texte numérisé non relu

Supra, p

LKS SOUNG

mou quelques renseignements sur leur histoire ancienne en vue du rôle important qu'ils vont jouer désormais dans les événements : « Au commencement de la dynastie des Souei, les hordes He Chouei, Mo Ho et Sou Mo Mo Ho se retirèrent dans la Corée, à l'insu des autres, qui ne l'apprirent qu'après leur départ; lorsque Li Tsi, roi de la Corée, fut battu, la horde Sou Mo alla se saisir du pays de Toung Meou, dont elle forma le royaume de Pou Haï, et la horde de He Chouei alla s'étabhr dans le pays de Sou Chin, qui s'étendait à l'est jusqu'à la mer, et avait la Corée au midi.

« Au commencement du règne de Hiouen Tsoung, huitième empereur de la grande dynastie des ï'ang, les He Chouei envoyèrent une ambassade à ce prince pour se mettre sous la protection de la Chine. Hiouen Tsoung donna à leur chef le titre de général des troupes, et, pour marquer l'estime qu'il en faisait, il voulut qu'à l'avenir on l'appelât Li Hien-tcheng. Le nom de Li était celui de la famille impériale. Dans la suite, le royaume de Pou Hai devenu beaucoup plus puissant, soumit les He Chouei et rompit avec l'empire; et lorsque les Tartares Leao détruisirent le royaume de Pou Hai, les He Chouei qui étaient au sud, se soumirent à eux et en reçurent le nom de Nu Tchen civilisés, pour les distinguer de ceux du nord qui ne voulurent point suivre leur exemple et auxquels on donna celui de Nu Tchen sauvages. Ces derniers se rétirèrent auprès de la rivière Houng Toung kiang, autrement He Loung kiang et des « grandes montagnes blanches », appelées en tartare Colmin-Chan-tchien-alin, et en chinois Tch'ang Pe chan, qui ont plusieurs centaines de li de long sur près de deux cents de haut. Au sommet de ces montagnes, on voit un lac qui a plus de 80 li de tour, d'où sortent, du côté du midi le fleuve Ya lou kiang, et du côté du nord le Houng Toung kiang, dont l'ancien nom était Soumo près de sa source; c'est dans ce pays que s'étabhrent les Soumo Mo Ho, qui donnèrent à ce fleuve le nom de Soung wa kiang, pour le distinguer du leur; après avoir coulé vers le nord jusqu'à l'ancienne ville deHoueï Ning fondes Kin, ce fleuve tournant au nord-ouest jusqu'au nord de la ville de Ou-koue-teou-

tch'cng, descend ensuite du côté de l'est et va se jetter dans la mer. Le Houng Toung Kiang prend le nom de He Loung Kiang à 1500 li au nord de la ville de K'ai Youen.

« Sous le règne de Jen Tsoung, quatrième empereur des Soung, les Tartares Leao changèrent le nom de Nu Tchen en celui de Nu Tche. Alors un certain Hanpou des Nu Tche, de la horde He Chouei, après avoir demeuré longtemps dans le royaume de Corée, et âgé de plus de 60 ans, se sépara de Akounaï, son frère aîné, et partit avec Pao ho li, son cadet, pour le pays des Nu Tche sauvages; ils s'établirent sur les bords de la rivière Kan Chouei qui dépendait de la horde de Wan Yen. Après qu'ils y eurent fait quelque séjour, un Tartare de la horde de Wan Yen en tua un d'une autre horde; ce malheur mit une si grande inimitié entre ces deux hordes, qu'elles furent longtemps à s'entr'égorger sans qu'il fût possible de les appaiser. Wan yen, ennuyé de cette guerre destructive, proposa à Hanpou de les mettre d'accord, avec promesse, s'il réussissait, de lui donner sa fille et de le faire chef de horde. Hanpou s'entremit avec chaleur pour les réconcilier ; il fit entendre à la horde plaignante qu'il n'était pas de son intérêt de se faire périr pour un seul homme, et qu'ils devaient être satisfaits que la horde du "meurtrier payât une somme convenue. En conséquence, il établit, du consentement des deux partis, qu'on serait tenu de fournir" à la famille de celui qui aurait été tué, un homme, dix paires de chevaux, dix vaches, dix bœufs et six taels d'argent : loi qui subsista depuis cette époque chez les Tartares Nu Tche.

« Les deux hordes ayant fait la paix à ces conditions, Wan Yen, pour reconnaître le service que Hanpou venait de lui rendre, tint parole, et lui donna en mariage sa fille; il en eut deux enfants mâles, Ouon et Oua lou, et une fille qu'il appela Tchoussépan ; alors Hanpou fut reconnu pour être de la horde et de la famille de Wan yen ; c'est lui que les Kin regardent comme le chef de leur famille, et à 'qui ses descendants donnèrent, quand ils prirent le titre d'empereur, le nom de Che Tsou, par la raison qu'ils le reconnaissaient pour le premier de leurs ancêtres. Son fils Ou on.

LI£S SOUNG Ijr

son héritier, eut un fils appelé Pa hai qui lui succéda; à Pa liai succéda Soueï ko, son fils ^. »

Ce futSoucï ko qui, le premierdeschefsHeChouei, renonça à la vie nomade et se fixa à Haï kou choueï où ses sujets se firent construire des maisons et se livrèrent à l'agriculture : « ils appelèrent cette espèce de ville Nacouli, c'està-dire en leur langue, maison oit on demeure ^ ». Le fils de Soueï ko et son successeur Cm lou les soumit à des lois régulières, substituant l'ordre à l'anarchie et au bon vouloir qui avaient régné jusqu'alors parmi ces hordes tartares devenues puissantes. Les Leao essayèrent de les attirer dans leur dépendance en donnant un titre à Chi Lou que celui-ci accepta contre le gré de certains de ses sujets, qu'il mit à la raison; peu de temps après il mourut à Pa se tou, laissant le pouvoir à son fils Ou kou naï, homme habile et brave. « Ces Tartares n'avaient point encore d'écriture, ils ne connaissaient ni les mois, ni les années, et ils ne savaient leur âge que par certains événements dont la réminiscence leur servait d'époque ^. » En l'an 1119 ils inventèrent des caractères sur le modèle de ceux des K'i Tan *.

« Les NuTche n'avaient, dans les commencemens, aucun caractère d'écriture, et jusques là ils ne connaissaient point les livres; ils étaient obligés de se servir d'interprètes soit pour écrire leurs lettres, soit pour avoir le sens de celles qu'ils recevaient, ce qui était sujet à de grands inconvéniens. Akouta consulta les seigneurs de sa Cour, et voulut avoir une écriture qui fut particulière à sa nation. Il chargea Ouyé, Mouhan hou et Couchin de ce soin; et comme les Kin avaient beaucoup de Leao et de Chinois à leur service, ils se procurèrent de leurs livres, et les ayant étudiés, ils formèrent de nouveaux caractères d'après ces modèles.

« Moulian hou et ses collègues firent en peu de mois de grands progrès. Ils se servirent d'abord des caractères chinois appelés Kiaï Tseu ou Kiaï chu, et suivant la forme

Page 1