LIVRE SECOND
sero beretici, e pero cbe bctlmente poteaera esseigli sotlomettL UlUmameote la seferila, mata cootra tutti, promettfiva dovenl effettoare in brève il sno pensiero» colla qaale severita sperava poter rimovere da se ogni bopedlmento, cbe potene essergU opposto» essendo gla U suo terrore penetrato In modo nella Utaanla, e nella Llvonla, cbe per la medesima ragione non dubitava di potere aprire la strada al rimanente^
Eut de l'Europe au seizième siècle, comparé avec celui de la iiussiu.
Voilà ce que, dès le seizième siècle, à l'époque de& derniers Valois en France, d'Éiisabeth en Angleterre, de Philippe II en Espagne, de Guillatime d'Orange dans les Pays-Bas, de l'eidiiiand 1" et de Maximilieu il en Âllcmague, de Frédéric il eu Danemarck, des fils de Gustave Wasa en Suède, un simple duc de Moscovie osait espérer pour son pays. Et ces prétenlions exoi i>ilantes, ces destinées extraordinaires, un homme qui raisouuail eu diplomate autant qu'en religieux, qui avait vu de près les Russes, apprécié leurs ressources, leurs tendances, leurs instincts» connu intimement leur tzar, entendu et jugé toutes leurs illustrations politiques ou militaires dans ce congrès de Kiverova qu*il avait présidé, ou à la cour même de Moscou ; qui connaissait l'Europe aussi bien que la Russie; qui voyait d'un côté non pas seulement des guerres internationales, mais les plus longues, les plus irrémédiables et les plus làcbeuses des guerres civiles, je veux dire des dissensions ou des guerres religieuses en Angleterre, dans les Pays-Bas,
LA RtSblh E^i FACE DE l'EUHOPë. \>7
en Pranœ, en Allemagne, dans le nord Scandinave,
partout; de raiilre coté, an ( ontraire, une unité religieuse puissante, soutenue même avec fanatisme, comme dans l^Ëspagne de Ferdinaod*le-Gatholique et de Philippe II, et, comme dans ce pays, le sentiment religieux s'exaltaiit, s'enflammant des défaites et de la destruction d*autres musulmans, des enfants de Gengîs-Klian ; id, des fcouTemements gênés dans leur action par des assemblées, par des classes puissantes 011 par des novateurs eu révolte, là un gonvernemeut fort, qui avait fait tout plier sous sa main, et TartareSi et boyards, et principautés féodales, et républiques indépendantes, qui avait même, au milieu d'un peuple neuf, ignorant, barbare, et, de plus, imbu des idées orientales, la force d'un pouvoir tbéocratique, comme le prouve cette réponse habituelle faite par Ivan-le-Terrible aux demandes de ses sujets : Je le ferai, si Dieu l'ordonne! et ces paroles mêmes des .siijrL.s, quand ils ignoraient quelque chose: Dieu 4e sait ei ie tzar! Ëh bien l ces prétentions dont nous avons parlé, ces ambitieuses espérances, vu Tétat de 1 Europe comparé avec celui de la Russie, le P. Possevin, avec son coup d'œil de négociateur et de jésuite, pensait qu^elles pouvaient bien un jour se réaliser. Il le donne à entendre, quand il dit que les discordes des chrétiens, les nombreuses et funestes hérésies, jointes au retentissement et à l'efTet des succès du tzar en Livonie, devant ii^axan, devant Astrakan, et enfin à Topinion qu'il avait de son schisme, étaient faites pour nourrir cet espoir.
Dès la Un du quiniiènie ûèclc, princes et simples pHriicuIicrs, tout lo inonde, en Buropei sMoquiétait de rattitude et de la force de la Httssio.
Ne croyons pas que le P. Possevin fût le seul à se
préoccuper des progrès considi râbles, quoique naissants, de la Russie. Paul Jove, son contemporain, ayant su qa*un ambassadeur russe, Dimitn, avait été envoyé à Rome, alla aussitôt le voir. Il le questionna sur la Russie; il eut avec lui sur ce sujet, qui piquait au plus haut degré sa curiosité, des couversations journaiières, et c'est à Taide de ces conversations qu'il put faire, lui aussi, sa Mascùvia, comme il le dit lui-même à Rufus, archevêque de Cozenza, en lui dédiant cet opuscule intéressant (1). Et combien d'autres, à Rome, imitèrent T historiographe de Charles-Quint I
Un autre écrivain du même temps, un voyageur vénitieu, uu esprit plus élevé, le clievalier Contarinî, partageant ces préoccupations, communes déjà à tous les hommes intelligents ou haut placés du seudème siècle, voulut, en revenant delà Perse, passerpar Moscou pour s'assurer par lui-même ûv tout ce qu'on disait de ce pays, de ses souverains, de ses habitudes, et Il consigna toutes ses observations dans son Viaggio Mia Persia.
Pour les princes de TEurope, on ne pense pas sans
(4) Danft les Œuvres de Paul Jove, in-folio, p. S6«