‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 1 sur 352 · AVERTISSEMENT DES TRADUCTEURS · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DES TRADUCTEURS

Parmi les travaux récents de l’érudition allemande, il n'en est point peut-être qui ait obtenu un succès plus sérieux et plus mérité quel’Histoire générale de la Littérature du moyen âge en Occident. Malheureusement, cet'ouvrage magistral n’est pas à la portée de tous : outre que le livre original se vend fort cher, à Leipzig, il est écrit dans une . langue difficile qui permet à bien peu de personnes d'en aborder aisément la lecture.

Offrir au public français, avec l'approbation du D‘ A. Ebert, une Traduction de cet excellent travail, nous a paru être une œuvre utile. En ce point, d'ailleurs, comme en plusieurs autres, des professeurs émériles de l'Université de France nous ont donné l'exemple les premiers. Si, à celte heure, nos compatriotes peuvent lire couramment la Grammaire des langues romanes, de F. Diez, et l'Histoire grecque, de Curtius, c’est que des maîtres éminents, dévoués sans réserve à la grande cause de l’enseignement des Lettres, n’ont pas craint de s'imposer, pour cela, un labeur aussi patient et modeste que louable.

Le premier volume, que nous publions aujourd'hui et dont l’auteur a complété les remarques bibliographiques par des renvois aux publications les plus nouvelles, traite

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spécialement de la Littérature latine-chrétienne, ‘depuis ses origines jusqu'au siècle de Charlemagne. Le deurième volume le suivra de près, et nous avons l'espoir que le D° Ebert, qui n'a pas encore fait paraître le froisiéme, ne tardera point trop à le terminer.

Si des raisons de haute convenance ne nous interdisaient pas ici d'exprimer toute notre pensée, nous n’aurions pas assez d’éloges pour vanter les aperçus vastes et féconds de l’auteur, et pour appeler l'attention sur ses analyses si minutieuses et si complètes; nous reconnaîtrions aussi que nous ne possédons, en France, sur la matière, aucun Essai qui puisse entrer en comparaison avec l'ouvrage du savant professeur de l'Université de Leipzig. Mais le silence nous est imposé, et nous n'’insisterons pas.

La première condition d’une traduction estimable est de reproduire avec fidélité l'original : nous avons donc visé, avant tout, à l'exactitude du sens. Au demeurant, c'est le seul mérite que nous osions franchement revendiquer. Nous laissons en effet à l'auteur certaines appréciations personnelles des hommes et des choses, qu’il nous serait difficile de partager : à l'avance, les Traducteurs déclinent absolument toute solidarité de doctrines.

{9 mars 1883.

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