De vir, ill., c
2. Ainsi que le dit saint Jérôme dans la lettre 52 Ad. N'epot. c. 5.
3. Dans le catalogue de ses publications (De vir. ill., 1. c.) il désigne comme éditées à part la leitre à Héliodore et celle à Eustochium. Si cela n'a pas lieu pour les autres, que nous allons mentionner, la raison en est qu'elles ont été écrites après le livre De vér. ll.
&. C'est ce que dit saint Jérôme lui-même, Ep. 52, c. # : « Scio quidem ab avunculo tuo beato Heliodoro te et didicisse, quæ sancta sunt, et quolidie discere. — Sed et nosira qualiacumque sunt suscipe et libellum hune, libello illius copulato, ut quum ille te monachum erudierit, hic clericum doceat esse perfeclum. » Par « libello Heliodori » on ne peut entendre ici que la lettre « ad Heliodorum. »
5. Il dit, il est vrai, dès le début de Ja lettre : « Petis a me Nepoliane ut tibi brevi volumine digeram præcepta vivendi, et qua rationeis qui, sæculi mililia derelicta, vel monachus cœperit esse, vel clericus, rectum Christi
corum et monachorum. Elle exerça sur le moyen âge une auss; grande influence que la leltre à Eustochinm ; comme cette . dernière, elle contient une polémique acerbe, en particulier contre la fausse dévotion. A cetie classe appartient encore la lettre 107, à Læta, intitulée De institutione filiæ. Sur la prière de cette illustre Romaine, belle-fille de Paula, qui avait consacré à Dieu sa petite-fille, mème avant de lui donner le jour, saint Jérôme trace les règles à suivre pour cette éducation religieuse (1). Il en est de même de la lettre 79, à Salvina, dame d’une naissance plus illustre encore, et fille de Gildo, roi de la Mauritanie. Elle avait perdu de bonne heure son époux, neveu de l'empereur Théodose, et saint Jérôme l'exhorte à vivre uniquement pour ses enfants ct à rester dans le veuvage. Il lui fait en même temps le panégyrique de son époux, et par là cette classe de lettres se rattache à la précédente (2).
Ces quatre premières classes appartiennent tout spécialement au domaine de la littérature générale : la glorification de la vie religieuse en est le lien commun. Les trois classes suivantes n’appartiennent pas sans réserve à ce même domaine. Nous pouvons, en effet, distinguer, en cinquième lieu, les lettres polémico-apologétiques. Dans ce nombre est la petite lettre à Marcella (Ép. #0) où l’auteur poursuit Onase de ses sarcasmes mordants ; la longue lettre à Pammachius (Ép. 48), consacrée à la défense des livres de saint Jérôme « contre Jovinien ; » ou bien encore, la lettre 50, pleine d'aigreur et d'ironie contre un jeune moine qui avait également attaqué cet écrit.
La sixième classe se rattache à la précédente, parfois même d'une manière immédiate. Les lettres qui la composent ont un
tramitem teneat. » Mais il faut voir, par contre, la remarque précédente. ]l en est ainsi, en effet, vu que Népotien était clerc. Saint Jérôme a écrit d'autres lettres spéciales pour les moines, comme par ex. celle qui est adressée à Rustique, Ep. 125.
1. Il est bon de remarquer, c. #, que saint Jérôme met à profit les Znstitutions de Quintilien. Comme pendant à cette lettre il faut citer la lettre à Gaudentius, Ep. 128, où se trouve traité le mème sujet.
2. Elle se raltache aussi à la 2° classe par la lettre Â4 Julianum, Ep. 118.
caractère didactique et général et traitent des sujets déterminés quoiqu'elles doivent le jour à des circonstances personnelles. Ces lettres peuvent aussi avoir par conséquent une tendance apologétique, mais avec cette réserve que le côté personnel et subjectif de la composition est placé tout à fait au second plan, quand il ne s’efface pas entièrement. Dans cette classe il convient de ranger la lettre à Paulin sur l'étude de l'Écriture sainte (Ép. 53) ; la lettre si intéressante à l’orateur Magnus (Ép. 70), qui est une justification des citations empruntées par saint Jérôme aux auteurs païens de la littérature classique. Il s'étend longuement sur ces emprunts, sur ces imitations et montre, dans un coup d'œil qu'il jette sur l'histoire littéraire, que les plus illustres parmi ses prédécesseurs ont employé aussi ce moyen. Il s’agit ici de l’assimilation, par le christianisme, de la culture philosophique et esthétique de l'antiquité ; saint Jérôme la reconnaît, mais avec les réserves qu'imposent et le christianisme ct l'époque actuelle, réserves qui ont déterminé l'originalité de la culture du moyen âge. Les Juifs, dit-il, pouvaient — d'après le Deutéron., c. 21 — épouser les femmes païennes et captives après leur avoir rasé la tête, coupé les cils, les poils et les ongles du corps. Ainsi doit-il en ètre pour les auteurs chrétiens : ils doivent pouvoir s’appropricr la sagesse profane, à cause de la beauté de l’éloquence et de la proportion des membres, en coupant ou rasant seulement ce qu'il y a de mort en elle, l'idolâtrie, la luxure, l'erreur et la sensualité. On peut également, à cause de son contenu, ranger dans celte mème classe la lettre 57, à Pammachius, sur la meilleure manière de traduire (De optimo gencre interpretandi), quoique saint Jérôme cherche à y justifier sa manière personnelle de traduire. La meilleure, pense-t-il, est de rendre le sens ct non les mots, excepté pour les Livres saints ; et il défend son point de vue, non seulement d’une manière générale, mais encore pour se justifier d'une accusation particulière, en sorte que le côté personnel tient ici la première place. Ce n’est qu’à titre de particularité dans cette classe, que nous en distinguons une septième comprenant les lettres exégétiques : le nombre en est considérable. Pour répondre au désir de ses amis et de ses
correspondants, l’auteur y explique, avec beaucoup de détails, divers passages et diverses expressions de la Bible. C'est ce qui a lieu surtout dans les lettres au pape saint Damase, lesquelles ont un caractère officiel ; dans les Jettres à Marcella et à Pauline, ainsi que dans beaucoup d'autres, par exemple dans la lettre adressée à deux ecclésiastiques du pays des Goths, qui lui sont complètement étrangers (Ép. 106) : cette dernière atteint aux dimensions d’un petit traité (1).
Avec cette variété de fond que nous avons tâché d'indiquer, marche de pair une variété presque aussi grande dans la forme. La nature du style épistolaire, nous l'avons dit au début de ce récit, lui donne encore plus ou moins de nuances, sans perdre de vue qu'il faut tenir compte de l’époque de la composition, c'est-à-dire de l’âge de l’auteur (2). Le genre oratoire, historique, didactique, polémique est tantôt pur, tantôt mélangé ct nous offre la plus agréable variété de couleurs. Dans ce récit, l'âme a une part plus grande ct plus immédiate que dans les ouvrages semblables de l’âge d'or, mème de l’âge d'argent de la littérature romaine. Par là, le style a un cachet chrélien. Cela s'applique surtout aux lettres des quatre premières classes. La tendance ascétique exerçait ici une grande influence, vu surtout que saint Jérôme n'avait pas recu de la nature une âme pleine de sentiment. L’ascétisme qui fortifiait la vie de l’âme et la faisait sc replier sur elle-mème forme l'atmosphère dans laquelle se meut et vit cette correspondance. Mais, d’autre part, le savant qui poursuivait toujours, en tenant compte de quelques courtes inlcrruptions, ses études scientifiques, n’oubliait pas son éducation oratoire. Non seulement il applique les différentes règles de style qu'il a apprises théoriquement et pratiquement même dans sa jeunesse; mais il aime, surtout dans la fleur de l'âge, les artifices et les effets de la rhétorique : c'est ainsi qu'il se plaît à agrémenter son style par des citations empruntées à ses auteurs favoris, particulièrement à Virgile. De celte