Cf, Aetractat., IL, c
Dans la première, saint Augustin traite, entre autres questions, celle de savoir jusqu'à quel point le métier des armes est compatible avec le christianisme ; nous voyons, dans la deuxième, un exemple frappant de la prudence et de l’habileté avec laquelle saint Augustin sait parler de la conscience du comte, l’un des hommes les plus distingués de son temps.
Cette catégorie nous amène à la dernière, qui comprend les lettres d’une nature intime et confidentielle : elles sont fort peu nombreuses, et, dans le nombre, s’en trouvent quelquesunes adressées à saint Paulin (1). Rattachons-y également les lettres qui n'ont en général qu'un intérêt personnel, telles que les lettres de recommandation, etc.
Quant à la forme des lettres, l'on ne saurait dire que saint Augustin ait produit quelque chose de particulier en l’espèce, comme l’a fait saint Jérôme. Il y en a si peu en effet qui soient, au sens strict du mot, des lettres proprement dites! L'on y voit apparaître, surtout dans les plus anciennes, tout le vieil attirail de la rhétorique, et le goût y fait absolument défaut : dans la première lettre à saint Paulin, par exemple, il se rencontre une recherche malheureuse du jeu de mots. La plupart des Lettres ont plutôt le caractère d'une dissertation ou d'un sermon; elles se rattachent par conséquent, même pour le style, aux ouvrages de l’un ou de l’autre genre, aux ouvrages philosophiques, dogmatiques ou moraux, comme les sermons. L’exécution en doit être naturellement 1inégale : elles sont plus ou moins soignées selon l'importance du sujet et du destinataire, comme aussi d’après les loisirs dont l'auteur pouvait disposer; un certain nombre prennent place, quant à l’exposition, parmi les meilleures productions de saint Augustin.
Ce recueil de lettres nous offre des matériaux très importants pour la connaissance de l’état intellectuel et moral de cette époque de transition entre l’anüiquité et le moyen âge; c'est ce qu'on n'a pas manqué de reconnaître, mais aussi ce qu’on n’a pas su encore jusqu'ici mettre complètement à profit. Nulle part mieux qu'ici ne se montre aussi manifeste