V. Schünemann, op. cit., p. 614 sq
4. Vitae Patrum, de vita et verbis seniorum, etc., opera ct stud. Jerib, Rosweydi. Anvers, 1615, fol.
5. L'auteur l’entreprit « non tam ex stylo laudem requirens, quam ex narratione rerum aedificationem futuram legentibus operans : dum gestorum unusquisque inflammatus exemplis, horrescere quidem seculi illecebras, seclari vero quietem, et ad pietatis invitatur exercitia. »
supposer en effet que Rufin n'ait pas eu ici à suivre un modèle grec, c’est bien saint Jérôme qui lui aura montré le chemin (1). Cet opuscule-dut exercer une influence d'autant plus grande sur l'imagination des lecteurs du moyen âge qu'on y trouve un mélange des miracles accomplis par la nature dans ce merveilleux pays, qui sert pour la mise en scène des histoires, et des miracles spirituels racontés sur les moines. Il y a là je ne sais quoi de piquant qui attire comme l'histoire de Robinson Crusoé. Luther lui-même ne fait pas difficulté de reconnaitre, dans ce livre, malgré qu'il s’y rencontre maintes fables et absurdités, des passages vraiment édifiants, où l’auteur prêche, sur un ton populaire et pratique qui ne manque pas de dignité, la plus saine morale : témoin, par exemple, dans la première vie, l'avertissement de Jean sur la vantardise. L'historien trouve, lui aussi, un intérêt tont spécial à examiner la grand variété qui se manifeste ici dans les phénomènes de l'ascétisme, et à voir que toutes les particularités des différents ordres monastiques postérieurs s'yaccusent déjà en germe (2).