‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 167 sur 352 · Cf. entre autres la page 174, rem · texte numérisé non relu

Cf. entre autres la page 174, rem

C'est encore surtout pour cette classe de lecteurs que Sévère a mis également à profit les historiens profanes afin de compléter son récit et de « déterminer le temps et la suite des événements : » son but était de les « convaincre » de la vérité des faits bibliques et d’instruire en même temps les lecteurs illettrés (4). Reconnaissant dans toute sa valeur le mérite de la chronologie, il s'est spécialement appliqué à la déterminer (2) et il a fait en cela preuve d’un sens historique et scientifique rare à son époque. La matière qu'il traitait était encore étrangère, rebutante même en partie pour les lecteurs qu'il avait en vue, car on sait que l’ancienne version latine de l’Ancien Testament rebutait saint Jérôme alors même qu'il avait embrassé la vie ascétique (3) ; aussi Sulpice Sévère s’appliquat-1l surlout à soigner son style en s’cfforçant, selon la remarque de Bernays (4), de surprendre l'art d'un Salluste, dont les Histoires étaient très aimées à cette époque, d'un Tacite et d'un Velléius. Quoiqu'il ne reculât pas en effet devant des emprunts textuels, il suit ses modèles avec unc telle liberté d'esprit, sans jamais sacrifier à la phrase, que son style apparait partout comme l'expression inséparable de sa propre individualité. Bernays a montré le premier que cette tendance de Sévère éclate surtout dans un ouvrage où l’auteur put mettre à profit son excellente éducation juridique (5). J'ai nommé la traduction de la Loi mosaïque de l'Exode (XXI) dans la langue du droit romain. Sa narration coulante, écrite avec art, et où l'allure rapide du style est encore relevée par maints détails attrayants et par l’intérèt personnel de l’auteur (6),

1. « Ceterum illud non pigebit fateri, me, sieubi ratio exegit, ad distinguenda tempora continuandamque seriem usum esse historicis mundualibus atque ex his, quae ad supplementum cognitionis deerant, usurpasse, ut et imperitos docerem et litteratos convincerem. » I, c. 1.

2. Outre la chronique d'Eusèbe, il a consulté d'autres ouvrages, mème des sources orientales comme un catalogue du règne des rois de Babylone. Voy. IT, c. 5 et cf. Bernays, p. 46 sq.

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