Cf. Ebert, Op. cit., p. 379 et
LS
de l’Apologétique (à l'exception pourtant des ch. 10 et 11); il mentionne, mais en passant, quelques autres chefs d’accusation et il s'appuie, comme preuves, sur une partie du texte des dix derniers chapitres de l’Apologétique ; quant aux crimes politiques, il les effleure à peine. Le deuxième livre est entièrement consacré à prouver la non-existence des dieux païens qu'il avait esquissée seulement, au point de vue d'Evhémère, dans les chapitres 40 et 141 de l'Apologétique (1). Ici Tertullien examine, dans tous ses détails, la religion des païens et en particulier celle des Romains ; il s'appuie pour cela sur l'ouvrage de Varron, et il procède, comme ce dernier, qui avait pris pour point de départ l'explication physique des philosophes, la narration mythique des poètes et l'appréciation populaire. Il nous est bien difficile de porter un jugement sur cet ouvrage de Tertullien, car il ne nous en est arrivé qu'un manuscrit très incomplet. Il se distingue fortement de l’Apologeticum, malgré les nombreux emprunts faits à ce dernier, en ce que le caractère politico-juridique y a fait place à la rhétorique et à la philosophie. Il avait aussi un but différent; ce n'était point un plaidoyer judiciaire, et d’ailleurs, ainsi qu’on a à bon droit appelé l’altention sur ce point, le caractère défensif reste beaucoup à l'arrière-plan du caractère offensif. Ce n'est point seulement dans le second livre qu'éclate ce dernier caractère ; on le trouve aussi dans le premier, comme on le voit par la phrase finale qui sert en même temps d'épigraphe à tout l'ouvrage : « Arrachez d'abord la poutre de votre œil, pour pouvoir exlraire ensuite la paille de l'œil de votre voisin. » Dans ces derniers temps, on s’est basé sur l'hostilité toujours plus vive de Tertullien contre le paganisme pour lui attribuer cet écrit, lorsqu'il était encore montaniste (2). Toutefois, il a été certainement composé après l’A pologeticum.
4. Ce remaniement du contenu des deux chapitres de l'Apologétique, dans le 2° livre de l'ouvrage Ad nationes (c. 12 et 13) est une preuve de sa composition postérieure; il correspond exactement aux procédés dont usait Tertullien à l'égard de l’imitation qu'il faisait des ouvrages de M. Félix (Octavius) et de St Irénée. V. Ebert. Op.c., p. 353 et 381.
2. C’est l'opinion de Grotemeyer, Op. c. — C'est avec raison que l'auteur remarque que les renvois à l’Apologétique parlent en faveur de l’antériorité de ce dernier ouvrage. Le discours inconvenant aux « Præsides »,