‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 204 sur 352 · V. Le poème saphique à la fin du recueil des lettres · texte numérisé non relu

V. Le poème saphique à la fin du recueil des lettres

5. V.La dissertation de Kaufmann, p. 4 sq., pour la détermination de l'époque.

dédicace du premier livre adressé à Constance. La plupart de ces lettres sont de vraies missives, expédiées à leurs destinataireslongtempsavant d'être publiées, quoique, dans le recueil, elles aient été corrigées et peut-être même amplifiées. Cette remarque s'applique aux premiers livres sans exception. Dans la suite, Sidoine en écrivit plusieurs, en vue du seul recueil, ou, du moins, en vue de la publication (1) : c'étaient des éloges ou des nécrologes de protecteurs et d'amis(2); ou bien, l’auteur voulait, ne fut-ce que par un court billet (comme, Epp. VIII, 5), perpétuer la mémoire des destinataires : son entourage et lui voyaient en effet, dans ce recueil épistolaire, un titre de gloire impérissable : la suite montra bien qu'ils ne s'étaient pas trompés. Il avait enfin en vue, en les écrivant, de raconter à la postérité comme à ses contemporains, des faits intéressants sur sa propre vie, lesquels pouvaient le montrer lui-même sous un jour favorable (3), ou bien il voulait seulement faire connaître quelques-unes de ses œuvres. C'est là, dans ce recueil, le motif de la publication de plusieurs poèmes et d'un discours prononcé par Sidoine, déjà évèque (Epp. VIE, 9). C'est bien là aussi ce qui donne à ce recueil un intérêt important et varié, vu qu'il nous offre un riche tableau de l'histoire de la civilisation à l'époque de Sidoine. Ces lettres ont d'autant plus d'intérêt que l'auteur, malgré toutes les bizarreries de son style et malgré ses défauts personnels, y témoigne d'un grand talent d'écrivain dans les descriptions, dans l'exposition des caractères et dans le récit des anecdotes (4). Ajoutons à cela le grand parler de l’éloquence de notre

1. Ce dernier cas peut avoir eu lieu aussi par rapport à quelques lettres des premiers livres, et cela est même très vraisemblable pour celle qui contient l'éloge de Théodoric II (Epp. I, 2), quoique l'auteur ne songeût pas encore à éditer un recueil de lettres.

2. Comme, par exemple, Claudien Mamert (Epp. IV, 11), Lampride (Epp. VIII, 11).

3, Ainsi, par exemple, ses aventures à la table de l'empereur Majorien (Epp. I, 11), et à la fête anniversaire de saint Juste (V, 17).

4. Cette peinture des détails traitée, avec tant de succès, par les romanciers français de notre époque et par les auteurs français des mémoires, au moyen âge, se rencontre déjà dans Sidoine; on pourrait en citer une foule d'exemples. Je me borne à renvoyer au tableau qu'il nous fait (Epp. II, 2) de sa maison de campagne, et de celle d’un de ses amis (II, 9); aux por-

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