Duniel, c. 4, v
2. « Offerat ergo vel moriens ad liberandam de perennibus poenis animam susm, quia aliud jam non potest, saltem substantiam suam : sed offerat tamen cum conpunctlione, cum lacrymis ; offerat cum dolore, cum luctu.
Aliter quippe oblata non prosunt : quia non pretio, sed affectu placent. » * L. 1, c, 10.
Nous possédons encore au moins neuf Lettres d’un ouvrage de Salvien, cité par Gennade, et intitulé Liber Epistolarum- Abstraction faite de la dernière, que nous avons citée plus haut
et dans laquelle l’auteur donne à l’évèque Salonius, son élève, .
des renseignements sur les livres Ad Ecclesiam, la quatrième de ces lettres nous offre un intérêt de prernier ordre. Elle est adressée à son beau-père et à sa belle-mère, tant en son nom qu’en celui de sa femme ct de sa petite fille ; dans cet écrit, l'auteur prête également la parole à sa femme. Nous y lisons que Salvien s'était marié à la fleur de l’âge et qu'il avait épousé la fille d'un païen (4). Il ressort suffisamment du livre De gubernatione, que Salvien connaissait par expérience la vie du monde, mais, plus tard, ils s’étaient engagés, sa femme et lui, à embrasser la vie ascétique, comme autrefois saint Paulin et sa femme Therasia : c'est là précisément ce qui fait le sujet de cette lettre. Les parents de la femme leur en conservaient du ressentiment ; ils ne leur avaient pas donné depuis sept ans le moindre signede vie, quoique, sur ces entrefaites, ils eussent embrassé eux-mêmes la religion chrétienne. Il est bien possible qu'un mariage de ce genre fût au-dessus de la portée de leur intelligence. Salvien et sa femme n'ont rien à se faire pardonner, et néanmoins cette lettre a pour but de demander pardon et d'amener une réconciliation. Composée dans un langage des plus touchants et respirant la plus affectueuse tendresse de l'épouse; écrite, en même temps, dans un style simple et pur, cette lettre est un monument précieux d’éloquence chrétienne: nous y trouvons encore une nouvelle preuve de l'éducation parfaite et du talent de Salvien (2).
1. Il ressort suffisamment du livre De Gubernatione, que Salvien connaissail par expérience la vie du monde.
2. Gennade, £. c. mentionne encore, parmi les ouvrages de Salvien qu'ila us, ceux qui suivent : De virginitatis bono ad Marcellum Presbylerum libré IIT; un commentaire de la dernière partie de l’Ecclésiaste, des Homélies et un Hexaméron, en vers («in morem Graecorum a principio Genesis usque ad conditionem hominis composuit vérsu hexeëmeron librum unum »). En parlant des cinq livres De praesenti judicio, Gennade ajoute « Et pro eorum (sic) merito satisfactionis — d'après une autre leçon : Praemio satisfaciendo — ad Salonium episcopum librum unum. » Au lieu de « pro eorum », il faut lire apparemment « peccatorum » ?