‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 257 sur 352 · Uesener, op. c., p · texte numérisé non relu

Uesener, op. c., p

3. Publié par Baudi di Vesme dans les Memorie della r. Academia di

Torino, sér. I[, tome VIII, p. 169 sq. Turin, 1846, in-4. 4. D'après Uesener, op. c., p. 71, entre 538 et 540.

544 CASSIODORIUS SENATOR [486-7.]

Le fond comme la forme donnent à cet ouvrage un grand intérêt historique : la variété du style répond à la variété du sujet, et c'est précisément à cette variété que l'ouvrage doit son titre de Variae, ainsi que le dit l’auteur lui-même dans la première préface. Le style sera plus ou moins élevé, d'après la culture intellectuelle ou le rang des personnes à qui s’adressent ces rescrits. Partout, en effet, il règne dans ces lettres une grande élégance d'expression ; c’est, il est vrai, une élégance relative à l'idée qu’on s’en faisait dans ce temps-là, c'est-à-dire une élégance plus ou moins recherchée et qui atteint même parfois un degré d'affectation assez élevé. Mais ce style, qui faisait l'admiration des contemporains, devint, vers la fin du moyen âge, le modèle du style des chancelleries. Ce qu'il y a de tout à fait particulier, ce qui caractérise bien Cassiodore, c'est de constater les efforts qu'il fait pour élargir ce domaine et ouvrir une plus large carrière à son style ; pour y arriver, on le voit, si je puis ainsi dire, aspirer à infuser la vie dans cette matière officielle, très sèche en général, et qui comprend toutes les choses possibles, les plus futiles comme les plus importantes (1) : ce n’est que par là, en effet, que ces rescrits ont revêtu un caractère littéraire. Cassiodore fait appel à une double ressource : c’est d'abord une vérité générale, un principe de morale, du droit, de politique, etc., qu'il découvre dans le rescrit et qui lui fournit un thème à développement sentencieux, la plupart du temps dès le début du rescrit; souvent, il est vrai, tout cela roule sur des lieux communs, mais on y rencontre parfois néanmoins une remarque originale et pleine d'esprit; en second lieu, il n'est pas rare de voir l’auteur faire des digressions sur le terrain de la politique, de la science, de l'art, et même des professions diverses ; c’est là qu'il se plaît à faire briller l'éclat de son érudition; aussi, ne voit-on nulle part, mieux que là,

1. C'est ainsi qu'à côté des papiers d'État les plus importants, on trouve des décrets bizarres, comme celui, par exemple, qui ordonne à un évêque de payer l'huile qu'il a achetée pour l'Église à un certain « Johannes » (1. II, ep. 7); ou bien encore celui qui permet à la ville de Catane d'emnployer les pierres de l’amphithéâtre pour réparer ses murailles (1. c., ép. 49), etc.

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