V. Mommsen, Prooemium, p. xv
2. Cette hypothèse de J. Grimm qui, chose remarquable, a été adoptée par les historiens (apparemment, je veux bien le reconnaître, parce qu'elle est très favorable pour appuyer d'autres hypothèses), répugne à la forme comme au fond de cette dédicace. Un évêque aussi illustre que l'était saint Cyprien pouvait bien, à l’époque surtout où il vivait, écrire au pape « Carissime frater ; » mais, que Jordanès, à supposer qu'il fut également évêque, pôt, de Byzance, cette ville à étiquette, lui donner le titre de « nobilissime, magnifice frater, » c'est ce qu’il faudrait avant tout démontrer. Le contenu s’y oppose encore bien davantage. ]1 suffit de faire remarquer la conclusion dans laquelle Jordanès exhorte cette Magnificence à se convertir à la vie ascétique et ecclésiastique, après avoir appris à connaître les misères de la vie du monde dans les deux ouvrages de Jordanès lui-même; par là elle sera à l'abri de ces misères : «... Uno libello confeci, jungens'ei aliud volumen... quatenus diversarum gentium calamitate comperta, ab omni aerumna liberum te fieri cupias et ad Deum convertas, qui est vera libertas. Legens ergo utrosque libellos, scito quod diligenti mundum semper necessitas imminet. » Voici la fin : « Estoque toto corde diligens Deum et proximum, ut adimpleas legem, etc. » Et le Goth Jordanès aurait tenu un pareil langage à un pape de Rome |