__ ÉTYMOLOGIES
enfin de J’amphithéâtre et du jeu de dé et de paume. Au livre dix-neuvième, saint Isidore traite du vaisseau, de ses parties et de son équipement, ainsi que de tous les matériaux nécessaires à la construction d'une maison. Rien n’y manque, pas même le costume, ni les bijoux ; le chapitre 23 nous fait même connaître quelques costumes nationaux. Le dernier livre est réservé aux mets, boissons, ustensiles de maison et instruments aratoires.
Ce que nous avons dit plus haut des ouvrages scientifiques de saint Isidore en général s’applique entièrement à son livre des Étymologies. Il se compose évidemment, pour la plus grande partie, d'extraits d'un grand nombre d'auteurs ; il n’a pas fait lui-même de première main tous ces extraits ; il s'est contenté de les prendre dans d'autres compilations à sa portée. Or, elles sont empruntées à des ouvrages de la latinité chrétienne et de la latinité classique ; au deuxième livre, 1l a notamment reproduit Cassiodore; c'était son prédécesseur immédiat, dans ce domaine de la littérature (1). Il y a mis également à profit les traductions de Boëce, ainsi que Prantl l'a démontré (2). Dans le livre onzième, il a pris pour base le traité de Lactance : De opificio; d'autre part, le livre quatrième est tiré en grande partie de Caelius Aurelianus ; les données sur la géographie et sur l’histoire naturelle sont puisées dans Pline et dans Solin (3), abstraction faite du livre de Suétone, Prata, ouvrage encyclopédique aujourd'hui perdu, mais mis largement à contribution par l’auteur dans toutes ses parties; c’est peut-être à lui qu’il doit et l'idée et la disposition de son ouvrage (4). L'ouvrage de saint Isidore fut donc, pour le moyen âge, une vraie mine où l’on puisa surtout maintes connaissances sur l’antiquité, dans un temps où le souvenir en était éteint, et où l'on ne lisait plus les