‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 2)Chapitre 308 sur 352 · SAINT ILDEFONSE. EUGÈNE. JULIEN · texte numérisé non relu

SAINT ILDEFONSE. EUGÈNE. JULIEN

Le livre de saint Isidore dont nous venons de parler, trouva un continuateur daus un deses élèves, saint ILperoxsEe (1), évèque de Tolède. Cet auteur, Goth d'origine (667), accorde, dans sa courte continuation, une place bien plus privilégiée à la nation espagnole que ne l’a fait saint Isidore lui-même. Il composa également deux ouvrages théologiques qui ne sont d'aucune importance au point de vue de la littérature générale. Parmi les quatorze noms qu'il ajouta à la continuation du travail de son maître, douze appartiennent à des Espagnols, et encore l’un des deux autres, un moine africain, était du moins devenu Espagnol ; saint Grégoire le Grand, dont saint Ildefonse s’occupe encore une fois, forme la seule exception. Avant tout, cet écrit a pour but, ainsi que le dit la préface,

après ; une interpolation ne serait pas ici impossible. L'ordre chronologique est de fait plus manifestement violé que la citation de ces deux auteurs. Il semblerait qu'ils aient été rattachés aux suppléments faits par saint Isidore pour le livre de Gennade.

1. In Isidori opp., ed. Arévalo (v. p. 621, rem. 2), tome VII, p. 165 sq Append. T etin Fabricii Bibliotheca ecclestastica, Hambourg, 1718, in-fol.

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l'illustration de l'évêché de Tolède; l’auteur ne traite pas ici de moins de huit de ses prédécesseurs, et, parmi eux, il s’en trouve même qui paraissent n'avoir rien écrit. En général, il n'est pas fait mention d'écrits, pour la plupart d'entre eux; s'ils en ont laissé, ils doivent avoir été bien insignifiants : il est même dit d’un d’entre eux (Helladius) qu'il refusa d'écrire. Si donc saint Ildefonse en parle ici, c'est apparemment qu'il veut les faire connaître comme des savants de Dieu, qui travaillèrent autour d'eux par l'exemple et par la parole; ils pouvaient être cités comme hommes illustres (viré illustres) de l'Église : c'est là, à n’en pas douter, le point de vue auquel se place saint Ildefonse, ainsi que le montre le début de la préface, et c'est aussi celui qui répond le mieux aux aspirations de ce temps où l’on écrivait de moins en moins. Par là, la continuation de saint Ildefonse reçoit un caractère tout particulier. Elle fut plus tard, nous allons le voir bientôt, augmentée de deux articles. |

Saint Grégoire à part, le seul écrivain dont saint Ildefonse cite le plus grand nombre d'ouvrages, est son prédécesseur immédiat sur le siège épiscopal de Tolède (de 646 à 657) Eugenius IT (1), dont nous avons parlé plus haut, p. 417. comme éditeur de Dracontius. Ainsi que le montre cette édition, où nous trouvons quelques vers d'Eugène lui-mème, cet auteur ne se bornait pas seulement à culliver la théologie : il édita même un livre de poèmes. Ceux qui nous restent encore n’ont d'autre mérite que de pouvoir compter parmi le petit nombre que nous possédions de ce siècle. Ce sont, en partie, des poèmes d'occasion, en mètre élégiaque, qui rappellent ceux de Fortunat : des épigrammes pour des églises, destinées même à servir d'inscription, quelques épitaphes et épîtres. On y remarque également quelques épigrammes satirico-didactiques contre des fautes particulières ; deux poèmes d’un contenu élégiaque, dans lesquels le poète, faible de santé depuis sa jeunesse, se plaint de la maladie, de l’âge

1. Eugenii episc. T'oletani opuscula. Adjecta item aliorum aliquot veterum scriptorum varia. Paris, 1619 (Ed. Sirmond) ; — Migne, Patrologie, tome LXXXVII (malheureusement je n'ai pas pu me le procurer).

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qui s'avance el de la rapidité de la vie; il y a également une prière à Dieu, en vers hexamètres; elle est dans le genre de celles de saint Paulin, part du fond du cœur et montre plus de goût dans l'expression que les autres poèmes de l'évèque. Au point de vue du mètre, nous devons observer que l’auteur, tout en employant le plus généralement l'hexamètre et le distique, s'est cependant essayé dans les autres mesures de vers, le trimètre trochaïque et iambique, la strophe saphique, joignant même ces deux derniers mètres au distique, dans le même poème. À côté de cet intérêt manifeste pour la forme antique, nous voyons Eugène jouer, comme saint Fortunat, avec la forme, d'une manière qui marque bien peu de goût, non seulement en employant l'épanalepse, l'acrostiche et le télestiche, mais en séparant même les mots du vers d'une manière tout à fait puérile (1). Disons enfin que la rime n'est pas rare dans les poèmes d’Eugène (2).

Nous trouvons encore, dans te siècle, un Espagnol qui mérite une mention honorable, au moins par un écrit d'une valeur littéraire générale. C’est un élève d'Eugène et l’auteur de l'article sur saint Ildefonse, qu’il ajouta à l'ouvrage d'Ildefonse lui-même : j'ai nommé Juuex, le successeur d'Ildefonse et d'Eugène sur le siège épiscopal de Tolède, de 680 à 690. Outre plusieurs ouvrages théologiques que nous possédons encore, un ouvrage sur la grammaire et un livre de poèmes qui semble perdu, et qui contenait des hymnes, des épitaphes et bon nombre d'épigrammes (3), Julien composa (4) un écrit historique « sur les événements qui eurent

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