L. 1., c. 4 un peu plus loin
2. « Cujus scientiæ summam breviter circumseribo : ut neque religio ulla sine sapienlia suscipienda sit, nec ulla sine religione probanda sapientia. » I, c. 1. CF IV, c. 3.
traire est vide ct saus valeur (1). Et cette démonstralion, sielle reste impuissante pour les païens, sera du moins utile à beaucoup de chrétiens encore hésitants dans la foi, parmi ceux-là surtout qui sont instruits dans les lettres et sur qui la science et la littérature des païens n'exercent que trop facilement une funeste influence. L'auteur enfin a écrit l’ouvrage aussi pour lui-même, car c'est une jouissance de l'esprit de faire une excursion dans le domaine lumineux de la vérité (V, c. 4). C'est ainsi que cet ouvrage est, pour ainsi parler, écrit con amore (ce qui explique d'autant mieux chez l'auteur l'abandon de lu causerie), mais, en même temps, avec un soin extrème de la forme. Lactance ne veut pas rester en arrière des auteurs païens pour la grâce du discours : ctila, en effet, sous ce rapport, dépassé de beaucoup ceux qui élaient ses contemporains. Cicéron fut toujours et reste encore son modèle; mais Lactance n'est pas un simple imitateur ; entre lui et Cicéron, 11 y avait je ne sais quelle sympathie de nature qui devait rendre plus féconde l'étude du modèle ; et Lactance doit en effet à celte étude les hautes connaissances de la forme que fait ressortir encore l’analogie du style. Lactance est sans contredit le plus élégant écrivain en prose de son temps.
La marche du récit est la suivante. Les deux premiers livres, intitulés De falsa religione et De origine erroris, sont dirigés contre le polythéisme du peuple : l'auteur s'efforce, en mème temps, de prouver le monothéisme. C'est avec cette preuve qu'il commence le premier livre, après avoir adopté comme un faitincontestable l'existence d’une providence divine, vu que le petit nombre de philosophes qui la niaicnt ont été suffisamment réfutés par d'autres, suriout par les stoïciens (2).
La perfection de la divinité exige le monothéisme, et la divinité ne peut admettre la division de la force divine; il n'y a qu'un seul Dieu qui puisse gouverner le monde, de même qu'un seul esprit habite dans un seul corps; mais accepter d'autres « dieux » dépendants d'un Dieu souverain, est une contradiction, car ce qui cst au service d'un autre ne peut