DISCOURS EN FAVEUR DE VALENTINIEN ET THÉODOSE
ble ces deux grands hommes (1). Dès le début éclate la pompe officielle. L’orateur raconte, sur un ton presque païen, les prodiges qui annoncèrent au monde cette mort : le tremblement de terre, la pluie continuelle, les brouillards épais. Bientôt cependant, saint Ambroise fait usage des précautions oratoires (captatio benevelentiæ) en s'adressant aux soldats. Ce sont eux qui disposent encore du trône de l’Empire du monde : il inchine donc leur bienveillance vers les fils du défunt, en qui Théodose continue de vivre; c'est à eux qu'ils doivent conserver la fidélité qu'ils avaient accordée au père. « La confiance (2) de Théodose (/ides), était votre victoire, que votre fidélité (fides), soit la force de ses enfants. Cette qualité (fides), augmente l'âge: elle représente l'avenir. Car, cette /ides, qu'est-ce autre chose que la substance même de notre espoir, ainsi que nous l'enseigne la Sainte Écriture ». Il rappelle ensuite aux soldats les vertus de Théodose, notamment sa piété et sa douceur, afin de les rattacher davantage à la cause des successeurs, auxquels le secours divin ne saurait d'ailleurs faire défaut. De mème que, dans l’éloge de Valentinien, saint Ambroise a mis à profit le Cantique des Cantiques; ainsi s'appuie-t-il dans cet éloge sur les Psaumes afin de développer son thème. Ici comme là, du reste, l’orateur finit par introduire Théodose dans le ciel et par décrire sa rencontre avec ses parents et ses prédécesseurs chrétiens sur le trône impérial. Ici saint Ambroise fait un éloge magnifique de sainte Hé: : lène, mère du grand Constantin. Par l'invention de Ja sainte Croix, elle a obtenu à Théodose la protection céleste. L'orateur développe longuement cette pensée. Sainte Hélène est élevée si haut qu’elle peut se comparer à Marie (3). Avec l'un