‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 170 sur 382 · DE PROVIDENTIA DIVINA · texte numérisé non relu

DE PROVIDENTIA DIVINA

est ravagé comme si tout l'Océan l'avait inondé: bétail, semences, vignes, oliviers sont détruits ; les villes sont prises d'assaut et brûlées; nobles et roturiers sont mis à mort; le glaive n’a pas épargné les enfants, les religieuses et les anachorètes eux-mêmes. Et le poète a eu, lui aussi, à en souffrir : ses pauvres effels sur le dos, il prit la route et marcha dans la poussière, entre les voitures et les armes des Goths, lorsque « cet évèque vénérable par sa vieillesse » emmenait son peuple chassé de la ville réduite en cendres (1). Mais s’il en était ainsi pendant la guerre, ajoutent ceux qui doutent, il faut dire pourtant que, pendant la paix aussi, le sort des méchants a toujours été, de mémoire d'homme, généralement meilleur que celui des justes.

Dès le début du poème lui-même, l'auteur passe à la réfutation de ce doute; comme point de départ, il dit (ce que du reste la nature nous enseigne et ce qui est une connaissance innée dans l'homme) qu'un Dieu éternel a créé le monde et tout ce qu'il renferme, que ce Dieu est bon et que tout ce qu’il produit est exempt de défaut (2). Il gouverne aussi le mondeo qui, créé par lui, ne peut exister sans lui. On fait deux objections contre la Providence. Voici la première : un seul être ne

mais plutôt, les uns aprés les autres. La mention seule de Vandales nepermel pas de penser à des guerres postérieures. Le poème était donc écrit en 415. Cette date n’est pas en contradiction avec les allusions que contient le poème relativement à la discussion sur les deux natures du Christ : la discussion ne devint brûlante il est vrai et ne passionne le monde chrétien que depuis l'apparition de Nestorius en 428, mais on l'avait traitée auparavant en Occident et précisément en Gaule. En 426 déjà, le moine Léporius avait été chassé de la Gaule, sa patrie, pour avoir rejelé l'expression qui dit que Dieu naquit de la Vierge Marie. La manièredont cette question est prisentée dans notre poème montre déja, à mon avis, qu'il n'exislait pas encore de décret conciliaire, tel qu'il fut promulgué d'abord à Éphèse, en 431. Le poème ne mentionne pas non plus le combat déjà ouvert entre l'augustinisme el le semi-pélagianisme, quoique l'auteur ait un faible pour ces doctrines qui pourtant ne sont pas encore développées dogmatiquement dans les poëtnes. — La date que nous ndoploñs pour la composition de ce poème est enfin confirmée par le Commonitorium d'Orientius qui le mel à profit et dont nous parlerons dans le livre suivant. .

4. V. 59 sq. « Cum sacer ille senex plebem usta pulsus ab urbe Ceu pastor laceras duceret exul oves.

2. Est igitur Deus, et bonus est, et quidquid ab illo Elfeclum est, culpa penitus vacat alque querela. »

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